Liban
Le ministre de la Défense nationale, Michel Moallem, a présenté ses excuses aux familles des martyrs, reconnaissant son incapacité à défendre le droit des soldats tombés et à faire entendre la voix de l'armée.

Le communiqué suivant a été publié par le ministre de la Défense nationale, Michel Moallem :
« Je m’excuse, ô familles des martyrs, ô ceux qui avez offert pour le pays les trésors de vos cœurs, je m’excuse parce que j’ai été face à votre douleur, et que je n’ai pas eu ce qui égalait la grandeur des sacrifices.
Je m’excuse parce que le sang de vos enfants est une responsabilité sur nos épaules, et parce que je n’ai pas pu protéger leur droit comme il le méritait, ni lever la voix de l’armée quand elle devait être entendue, alors que le silence s’est installé au sein de l’Assemblée nationale, et que seule la voix des martyrs résonnait en moi.
Je m’excuse même si l’excuse ne ramène pas un martyr, ne fait pas disparaître une larme de mère, ni ne remplit le vide d’un père, d’un frère ou d’un fils parti tout en accomplissant son devoir.
Et je m’excuse parce que, quel que soit mon poste, je ressens aujourd’hui que je vous ai trahis, mais je vous le promets :
que le sang des martyrs restera dans ma conscience, que l’armée restera dans ma voix et dans mon engagement, et que je défendrai son droit à parler, comme vos enfants ont défendu le Liban avec leurs vies.
Je m’excuse devant vous… non par crainte de votre reproche, mais par respect pour le sang de vos enfants. Je m’excuse, car j’ai vu comment des voix se sont unies autour de la voix de l’armée, comment les positions se sont concrétisées quand il fallait préserver, et non enfermer.
J’ai vu ceux qui critiquent l’institution qui portait les fardeaux du pays, et ceux qui s’associent à elle quand on cherche à l’étouffer, comme si la voix de l’armée était devenue une charge, comme si le sang des martyrs était devenu un détail dans les calculs de certains.
Je m’excuse parce que je n’ai pas pu dire devant vous ce qui devait être dit, ni soulever la voix de l’institution qui n’a jamais baissé la sienne face au danger.
Hier, l’armée a été empêchée de parler, mais le sang de ses martyrs n’a pas été empêché de parler dans ma conscience.
Que celui qui a ignoré l’armée sache que l’armée n’est pas une partie dans une querelle, ni une carte à utiliser et à rejeter ; l’armée est ce qu’il reste de confiance à ce pays, et ses enfants tombés en martyrs ne se sont jamais demandés à qui ils appartenaient ce jour-là ?
Mais ils se sont demandés : comment le protéger ?
Et je m’excuse devant les martyrs avant même leurs familles, parce que je n’ai pas pu rendre leur voix audible comme le mérite leur sang.
Mais je vous le promets : le silence ne sera pas notre destin, et la trahison d’hier ne sera pas la fin de l’histoire.»



