Liban
Le ministre Ghassan Salame inspecte les sites archéologiques de Tyr et annonce leur inscription parmi les sites menacés
Le ministre de la Culture Ghassan Salame a visité la ville de Tyr pour évaluer les dégâts causés par l'agression israélienne et a annoncé des démarches pour inscrire ses sites archéologiques parmi les lieux en danger.

Ghassan Salame, ministre de la Culture et Premier ministre du gouvernement, s’est rendu à Tyr, dans le sud, pour constater sur place les dommages subis par les sites archéologiques suite à l’agression israélienne. Il était accompagné par l’ingénieur Sarkis Khoury, directeur général des Antiquités, ainsi que plusieurs employés de la direction générale des Antiquités.
Le ministre Salame et sa délégation ont été accueillis par les députés Ali Kharis, Anaya Ezzeddine, Hassan Jishi, le président de l’Union des municipalités du district de Tyr, l’ingénieur Hassan Dabouk, ainsi que le vice-président de la municipalité de Tyr, Alwan Sharafeddine.
La visite a débuté sur le site archéologique d’Al-Bass, où le ministre a examiné l’étendue des dégâts causés par l’agression israélienne.
Sur le site archéologique de Tyr, Ghassan Salame a déclaré que sa visite répondait à un « devoir national et moral » visant à évaluer les dommages infligés au patrimoine en raison de cette agression, qu’il a qualifiée d’atteinte à une valeur humaine et historique universelle, violant toutes les lois, chartes et protocoles internationaux relatifs à la protection du patrimoine culturel.
Il a indiqué avoir pris contact avec des ministres de la Culture de plusieurs pays pour les sensibiliser à leurs responsabilités face à ce qui s’est produit dans le sud libanais. Il a souligné que la protection des antiquités est une responsabilité internationale partagée, notamment pour les sites historiques de Tyr, Chebaa, Chqif, Shaqra et Tabbaneh.
Salame a ajouté : « Il est vrai que l’UNESCO ne dispose pas d’une armée pour protéger les antiquités, mais nous pouvons, par des moyens diplomatiques, juridiques et médiatiques, faire face à ces agressions et les condamner devant l’opinion publique mondiale. »
Il a annoncé un contact permanent avec le directeur général de l’UNESCO, ce qui a permis la tenue d’une réunion extraordinaire du Comité du patrimoine mondial. Ce comité a approuvé à l’unanimité l’élargissement de la liste des sites protégés, témoignant de l’intérêt de la communauté internationale pour le patrimoine libanais menacé.
Le ministre a révélé deux décisions majeures prises par le ministère de la Culture : la première vise à inscrire les vestiges de Tyr sur la liste des sites exposés à un danger permanent, en raison du risque de nouvelles agressions, ce qui engage la responsabilité internationale pour leur protection ; la seconde concerne la reconnaissance des forteresses historiques du Mont Liban à Shaqra, Chebaa, Tabbaneh et Chqif comme sites archéologiques protégés au niveau mondial.
Il a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour préserver les vestiges de Tyr, la ville elle-même ainsi que tous les villages du Mont Liban, « humains et matériels », face aux agressions répétées israéliennes qui ciblent à la fois les populations et le patrimoine.
Par la suite, le ministre et sa délégation ont visité plusieurs bâtiments et infrastructures endommagés par l’agression israélienne à Tyr, constatant l’ampleur des destructions.
La députée Anaya Ezzeddine a exprimé son accueil au ministre et à sa délégation, soulignant les dégâts importants subis par les sites archéologiques et les infrastructures de la ville, qu’elle a qualifiée de « perle de la Méditerranée » en raison de son riche héritage culturel, civilisationnel et humain.
Le député Ali Kharis a affirmé que toutes les institutions de l’État libanais sont appelées à décréter un état d’alerte nationale générale pour soutenir le sud, renforcer sa résistance et reconstruire ce que l’agression a détruit. Il a insisté sur l’importance de la présence officielle dans ces régions pour prendre connaissance des souffrances et des besoins de leurs habitants.
Le député Hussein Jishi a salué la visite, estimant qu’elle contribue à dénoncer les pratiques israéliennes barbares à l’encontre des sites culturels, archéologiques et humains dans le sud du Liban.
Le président de l’Union des municipalités du district de Tyr, l’ingénieur Hassan Dabouk, a qualifié cette visite de démarche positive et d’un message clair à la communauté internationale pour condamner les agressions israéliennes visant les centres culturels ainsi que les sites archéologiques et patrimoniaux. Il a réaffirmé l’engagement à protéger l’identité civilisationnelle du sud libanais et à préserver son héritage historique pour les générations futures.
Le ministre a également parcouru les quartiers anciens et les rues de Tyr qui ont été touchés par l’agression israélienne.
En complément, Ghassan Salame a visité la cathédrale maronite de Tyr où il a été reçu par l’évêque Charbel Abdallah, ainsi que la municipalité de Tyr, accueillie par le maire, l’ingénieur Hassan Dabouk.
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