Liban
Le ministre libanais de la Culture et l’ambassadeur d’Italie ont inauguré à Beyrouth le 21 octobre 2026 l’exposition « Échos de l’existence », centrée sur la symbolique du pin dans les deux cultures, avec des œuvres d’Enzo Cucchi, Gilbert El-Halabi et d’artistes libanais contemporains.

Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, et l’ambassadeur d’Italie, Fabrizio Marcelli, se sont rendus ensemble au sein de l’exposition « Échos de l’existence », organisée par le ministère libanais de la Culture à l’initiative de l’ambassade d’Italie, au pavillon Nahad Al-Saïd pour la culture, au Musée national de Beyrouth. L’exposition place le pin au centre d’un dialogue entre les imaginaires italien et libanais, à travers des œuvres d’Enzo Cucchi, l’un des artistes italiens les plus reconnus, de Gilbert El-Halabi, artiste libano-italien résidant à Rome depuis vingt-trois ans, ainsi que d’un groupe d’artistes libanais contemporains. Elle s’inscrit dans un cadre plus large, mettant en lumière la scène artistique libanaise tout en constituant un pont entre les cultures, les histoires et les territoires des deux pays.
Marcelli a souligné que « cette exposition constitue un point de convergence entre l’Italie et le Liban — une mémoire culturelle partagée et une plateforme pour renforcer un partenariat historique dédié à la protection de notre patrimoine naturel et culturel méditerranéen. La coopération culturelle entre l’Italie et le Liban fait partie des engagements traditionnels que nous souhaitons poursuivre. Un film documentaire sera bientôt diffusé, incluant notamment un entretien avec le ministre Salamé, qui y expliquera la nature de notre collaboration culturelle récente et passée ».
Il a insisté sur « la multiplicité des projets en cours : le Musée national, le Musée Sursock, la vallée de Qadisha, ainsi que d’autres initiatives. Quatre missions archéologiques italiennes opèrent actuellement au Liban, du nord au sud, de la région de la Koura jusqu’à Tyr. Malheureusement, la mission spécifique est actuellement suspendue, mais nous comptons la relancer dès que les conditions le permettront ».
Salamé
Pour sa part, Salamé a affirmé que « l’exposition incarne l’un des symboles du rapprochement artistique entre l’Italie et le Liban, un rapprochement qui s’étend et se renouvelle dans les domaines officiels de la culture, de la sculpture et de l’archéologie. Nous espérons conclure prochainement, au début de l’année prochaine, une convention globale couvrant l’archéologie, les arts et la formation, bénéficiant comme toujours du soutien total de nos amis italiens ».
L’exposition s’articule sur trois niveaux. Au niveau supérieur du pavillon, une installation murale puissante d’Enzo Cucchi, évoquant une sorte de manuscrit visuel composé de croquis préparatoires et de fragments d’œuvres, est encadrée par deux sculptures. En regard, la toile « Sannine » de Gilbert El-Halabi — une grande composition méditative réalisée à Rome, au palais Nardini — occupe l’espace. À ses pieds, une peinture circulaire, ou « tondo », d’un diamètre de trois mètres, fonctionne comme un miroir reflétant le ciel où apparaissent des pins. Au niveau inférieur du pavillon Nahad Al-Saïd pour la culture, une forêt imaginaire d’El-Halabi se déploie à travers des toiles de formats variés, alignées côte à côte sur un même mur, créant un paysage rythmé où se mêlent geste et mémoire. Ce langage gestuel trouve un écho dans les dessins de Cucchi, où l’arbre apparaît sous forme de lignes rapides, presque archaïques, comme une marque initiale oscillant entre dessin et couleur. Sur ces mêmes murs, un dialogue historique s’établit grâce aux œuvres d’artistes libanais contemporains tels qu’Omar Al-Ansi, Mustafa Farroukh, César Gemayel et Arif Rayess, qui ont tous représenté le pin dans leurs paysages. Leur présence révèle des racines profondes des motifs décoratifs dans l’histoire de l’art libanais, tissant un lien entre les interprétations modernes et contemporaines du paysage, de l’identité et de la mémoire. Cette section, développée à partir d’une recherche menée par Saleh Barakat, vise à élargir le dialogue intergénérationnel, en montrant comment le pin demeure un symbole poétique et national dans la culture visuelle libanaise.
Au niveau inférieur (-2), l’exposition se prolonge avec une présentation de la Direction des unités carabinières forestières, environnementales et agro-alimentaires, apportant une dimension écologique à l’ensemble. Dix sculptures en bois, chacune taillée dans une essence différente présente en Italie, prennent position comme des gardiens d’un patrimoine vivant. À proximité, des panneaux explicatifs mettent en lumière la mission essentielle des carabiniers dans la préservation des forêts, la protection de la biodiversité et des écosystèmes naturels, tout en insistant sur l’urgence de sauvegarder notre héritage environnemental commun.
L’exposition « Échos de l’existence » se tient au pavillon Nahad Al-Saïd pour la culture — Musée national de Beyrouth jusqu’au mercredi 21 octobre 2026. Elle est ouverte au public du mardi au dimanche, de 10 heures à 17 heures.
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