Liban
Les contractuels de l’Université libanaise manifestent devant le gouvernement pour leurs droits
Des enseignants contractuels de l’Université libanaise ont organisé un sit-in devant le siège du gouvernement pour réclamer leur titularisation et dénoncer les retards accumulés.

Des professeurs contractuels de l’Université libanaise ont tenu un rassemblement devant le bâtiment du gouvernement, coïncidant avec la tenue d’une séance du Conseil des ministres. Des représentants de plusieurs facultés et branches de l’université y ont participé, brandissant des pancartes exigeant leur titularisation et la fin des injustices à leur encontre.
Après l’exécution des hymnes national et universitaire, le docteur Hamid Hamid a lu une déclaration au nom des enseignants, s’adressant au président de la République, le général Joseph Aoun, au Premier ministre, le juge Nawaf Salam, à la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Rima Karamé, ainsi qu’aux ministres. Il a déclaré : « Salutations respectueuses, nous nous tenons aujourd’hui devant votre honorable assemblée, non pour quémander une faveur, mais pour réclamer un droit légitime maintes fois reconnu par les autorités compétentes, qui demeure cependant prisonnier de promesses, de reports et de procrastinations. »
Il a souligné que « le dossier de la titularisation, attendu depuis de nombreuses années, s’est transformé en une succession de promesses non tenues, tandis que nous n’avons récolté que davantage de frustration et de déceptions ». Il a ajouté : « Nous, enseignants contractuels, avons consacré des années de notre vie à l’enseignement et à la recherche scientifique, portant la mission de l’université et accomplissant notre devoir envers nos étudiants avec loyauté et responsabilité, alors que nous manquons toujours des conditions minimales de stabilité professionnelle et d’emploi. Nous avons donné à cette institution notre énergie, notre expertise et notre temps, sans recevoir en retour que l’oppression et l’attente. Si aujourd’hui la justification invoquée est le coût financier ou la difficulté de la conjoncture économique, nous nous interrogeons : comment se font les recrutements dans d’autres postes et institutions, dont le coût financier dépasse largement celui de la titularisation ? Pourquoi l’investissement dans l’éducation est-il considéré comme un fardeau, alors que des dépenses moins importantes sont autorisées dans d’autres secteurs, sans égard à l’importance de l’université nationale ? »
Il a poursuivi en affirmant que « l’enseignant contractuel mérite justice et que son dossier soit soumis au Conseil des ministres sans délai. La pérennité et la stabilité académique de l’Université libanaise ne sont pas des questions secondaires, mais des enjeux nationaux majeurs qui affectent le présent et l’avenir du pays. Le dossier de la titularisation a été approuvé par étapes successives, alors pourquoi le retard persiste-t-il dans l’annonce des noms et la finalisation des procédures ? Pourquoi les enseignants restent-ils otages de l’attente, alors que le processus éducatif en pâtit et que les étudiants en subissent les conséquences ? »
Il a insisté sur le fait que « nous ne demandons pas de privilèges exceptionnels ni de faveurs, mais nous revendiquons un droit acquis reconnu par les autorités compétentes, que nous exigeons d’exécuter selon les principes de justice, d’équité et de respect des institutions. Notre voix restera haute, responsable et civilisée devant les décideurs, jusqu’à ce que les enseignants contractuels soient traités équitablement et que leur dignité professionnelle soit protégée. Les nations ne se construisent qu’avec leurs savants et leurs enseignants, et l’université ne peut prospérer au détriment de ceux qui ont porté sa mission et se sont sacrifiés pour elle. »
Il a conclu en affirmant que « nul honneur ne peut exister pour un pays qui néglige ses enseignants, et aucune prospérité pour une université fondée sur la souffrance de ses membres dévoués. Que cet appel soit entendu par tous ceux qui détiennent le pouvoir et par tous ceux qui croient encore que la justice est la base de la construction de l’État. »
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