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Liban

Ministre de la Justice : Pas d'oubli, pas de compromis sur la responsabilisation

Le ministre de la Justice libanais a souligné l'importance cruciale de la mémoire et de la justice face aux assassinats politiques lors d'un débat organisé par la Fondation Louqman Slim.

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Ministre de la Justice : Pas d'oubli, pas de compromis sur la responsabilisation
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Le ministre de la Justice, l'avocat Adel Nassar, a parrainé un débat public intitulé « Vers une responsabilité judiciaire : les assassinats politiques au Liban » (Accountability at Work: Political Assassinations in Lebanon), à l'invitation de la « Fondation Louqman Slim » en collaboration avec la « Fondation Friedrich Ebert », au siège du ministère de la Justice. L'événement s'est tenu en présence des députés Georges Okais et Najat Saliba, des familles des martyrs et des victimes, ainsi que d'un grand nombre de personnalités politiques, juridiques, médiatiques et de représentants de la société civile.

Le ministre Nassar a commencé son discours par accueillir les participants, affirmant que « l'accueil de cette rencontre par le ministère de la Justice découle d'une conviction profonde selon laquelle le dossier des assassinats politiques est au cœur de la conscience de tous les Libanais ». Il a déclaré : « La justice libanaise porte des fardeaux lourds et très lourds ; elle est appelée à intervenir dans toutes les questions et affaires libanaises, qu'elles soient mineures ou majeures. On lui demande d'intervenir dans des affaires quotidiennes comme le contrôle des prix des supermarchés et la surveillance des générateurs, jusqu'aux dossiers des assassinats, de la drogue et des crimes majeurs. »

Il a ajouté : « Nous avons environ 520 juges qui sont appelés à trancher les litiges civils et commerciaux, à intervenir dans les affaires quotidiennes, tout en traitant les crimes fondamentaux qui ébranlent la conscience de tout le Liban, en raison des accumulations et des violations importantes laissées par les guerres successives. »

Insistant sur le « refus de l'impunité », il a dit : « Le temps ne doit pas nous faire oublier les crimes, même si les enquêtes n'ont pas atteint ce que nous en attendons. La mémoire, le rejet du crime et, surtout, le non-acoutumance à celui-ci sont essentiels pour la société. Lorsque nous nous habituons à cibler les journalistes, les hommes politiques ou les penseurs et considérons cela comme partie intégrante des risques naturels, nous tombons au niveau de la complicité avec le crime. »

Il a poursuivi : « Le peuple libanais, comme tout autre peuple dans le monde, doit regarder son histoire avec conscience et sérieux pour consolider ses pas vers la construction d'un avenir solide. Nous espérons atteindre le stade où les armes seront exclusivement entre les mains de l'État libanais, afin de lancer ensuite un processus de vérité et de réconciliation communautaire globale sans jamais renoncer à la responsabilisation et à la reddition de comptes. »

Il a conclu : « Il est du devoir de l'État de reconnaître officiellement la douleur des familles et leurs sacrifices. Après le bruit qui accompagne tout événement sécuritaire et la solidarité immédiate, vient une étape où les familles des victimes se retrouvent seules face à la tragédie de la solitude et de l'isolement. Notre devoir aujourd'hui se résume en quatre points : pas d'oubli, reconnaissance de la douleur, refus de l'absence de responsabilisation, et construction d'une société qui tire les leçons du passé. »

De son côté, Mme Monica Borgmann, co-directrice de la « Fondation Nations pour la Documentation et la Recherche » et de la « Fondation Louqman Slim », a prononcé le mot de bienvenue de la fondation. Elle a salué les participants et exprimé sa gratitude au ministre de la Justice Adel Nassar pour son parrainage et son accueil de l'événement au ministère de la Justice, rappelant « le slogan plus large sous lequel s'inscrit ce séminaire : travailler contre la culture du meurtre, concept longtemps adopté par le défunt Louqman Slim dans sa lecture et description de la scène politique et sociale au Liban ».

Elle a déclaré : « Manara est une coalition nationale des victimes d'assassinats politiques qui rassemble les familles des victimes, les experts juridiques, les activistes et tous ceux engagés dans la quête de justice. Nous apprécions la décision du ministre de la Justice nommant 11 juges pour rouvrir les dossiers des grands assassinats et tentatives d'assassinat, et nous espérons l'ouverture de nouveaux dossiers judiciaires dans un proche avenir. »

Elle a ajouté : « Nous lançons aujourd'hui le rapport « Perdu dans la justice » (Lost in Justice), préparé par l'avocat Farouk Al-Maghrabi, qui met en lumière le parcours judiciaire et les circonstances des dossiers du martyr Samir Kassir et du ministre Marwan Hamadeh. »

Après les discours d'ouverture, un panel de discussion animé par Hana Jaber, directrice exécutive de la « Fondation Louqman Slim », a eu lieu. Y ont participé : le ministre Nassar, M. Zahed Eid, fils du député martyr Walid Eid, l'avocat Chokri Haddad, Elsa Moufarrej représentant le Syndicat alternatif de la presse, et l'avocat Farouk Al-Maghrabi, auteur du rapport « Perdu dans la justice ».

Les discussions durant la session se sont concentrées sur 4 axes principaux abordant les expériences des familles des victimes et les souffrances dans les couloirs de la justice, le démantèlement des mécanismes d'impunité, les politiques judiciaires à suivre pour renforcer la responsabilisation, et le rôle des médias et des plateformes alternatives dans la sensibilisation et la revendication de justice pour les crimes politiques.

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