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Les macaques changent d'alimentation après une épidémie

Une étude de l'UC San Diego révèle que les macaques ayant survécu à une épidémie évitent davantage la nourriture visuellement contaminée, indépendamment de leur propre infection.

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Les macaques changent d'alimentation après une épidémie
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Des chercheurs de l'Université de Californie à San Diego ont démontré que les macaques rhésus adaptent leurs réflexes d'évitement des pathogènes après avoir vécu une flambée épidémique mortelle. Cette modification du comportement persiste même si les animaux ignorent le mode de transmission exact de la maladie, suggérant que le système immunitaire comportemental se façonne par l'expérience directe ou indirecte.

Une expérience naturelle au Texas

L'étude s'appuie sur un événement survenu en 2020 dans un sanctuaire pour primates du sud du Texas, abritant des groupes de macaques japonais descendants d'animaux importés du Japon en 1972. La détection du rétrovirus simien de type II, responsable d'une immunodéficience comparable au sida et transmis principalement par morsures et griffures, a forcé la séparation stricte des enclos. Cette configuration a offert aux scientifiques trois groupes exposés à l'épidémie et un groupe témoin non affecté.

Federico Rossano, professeur associé au département des sciences cognitives et auteur principal de l'étude publiée dans Royal Society Open Science, explique que l'exposition à la maladie chez les congénères suffit à altérer la propension des singes à adopter des comportements risquant de provoquer une infection. Les tests ont porté sur 55 macaques confrontés à un choix entre de la nourriture posée sur une surface propre et une autre placée sur un support recouvert de fèces réelles scellées sous une couche d'époxy transparente, neutralisant ainsi les odeurs tout en conservant les indices visuels.

Impact de l'exposition sur les décisions alimentaires

Les résultats indiquent une aversion marquée chez les animaux issus des groupes touchés par l'épidémie. Ces derniers n'ont consommé la nourriture sur surface contaminée que dans 47 % des essais, contre 79 % pour le groupe témoin. Fait notable, cette prudence accrue ne dépendait pas du statut infectieux individuel : les singes restés sains mais ayant côtoyé des malades manifestaient la même méfiance que ceux ayant contracté le virus.

Stephan Kaufhold, doctorant en sciences cognitives ayant dirigé l'étude, souligne que l'histoire collective des groupes influence directement les comportements individuels. Le fait que le virus ne se transmettait pas via l'alimentation renforce l'idée que l'évitement repose sur des signaux visuels de contamination plutôt que sur une connaissance biologique précise de la voie de propagation.

Rôle de l'environnement précoce

Une seconde partie de l'étude, portant sur 54 macaques de sept espèces aux origines variées (sanctuaire, laboratoire, zoo, anciens animaux de compagnie), a mis en lumière l'importance de l'apprentissage maternel. Les anciens animaux domestiques, élevés sans contact avec d'autres macaques durant leur petite enfance, étaient significativement plus susceptibles de consommer de la nourriture contaminée comparés aux individus nés au sanctuaire et élevés par leurs mères.

Kaufhold avance que ces animaux n'ont peut-être pas eu l'occasion d'acquérir les réflexes d'évitement typiques auprès de leurs congénères lors de leurs premières années. Même après plusieurs années de vie sociale avec d'autres singes, cette absence d'apprentissage précoce semble déterminer leur réponse face aux sources potentielles de maladie. Ces observations éclairent les racines évolutives du dégoût, montrant que la sensibilité aux indices pathogènes reste malléable par le contexte social et historique.

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