Liban
La loi d'amnistie générale ravive le débat politique et judiciaire au Liban, suscitant des tensions autour de l'équilibre entre justice et stabilité. Certains détenus pourraient être libérés plus tôt, tandis que d'autres restent exclus, notamment les condamnés pour espionnage ou collaboration avec Israël.

Le dossier de la « loi d'amnistie générale » est revenu en tête de l'actualité politique et judiciaire au Liban, provoquant des douleurs à des centaines de familles tout en alimentant des débats vifs sur les limites de la justice et les exigences de stabilité.
Entre dimensions humaines et luttes politiques, la société libanaise attend la carte finale des bénéficiaires de cette loi, notamment en ce qui concerne la réduction des peines à perpétuité et à mort, ainsi que la résolution du problème des maintiens en détention préventive prolongés sans jugement.
Qui sont les noms les plus marquants désormais proches de retrouver la liberté, et quelles personnalités seront strictement exclues par les dispositions de la loi ?
Noms qui bénéficieront de la loi et seront libérés :
* Le cheikh Ahmad Al-Aseer : Le dossier du cheikh Ahmad Al-Aseer est l'un des plus sensibles sur la scène nationale. Selon les orientations relatives à la réduction des peines infligées aux condamnés à mort ou à perpétuité dans le cadre de la future loi d'amnistie, les données judiciaires et les calculs liés à la durée de détention suggèrent que sa sortie de prison devrait avoir lieu vers le milieu du mois de mai 2028.
* Naim Abbas : Détenu depuis 2014, condamné à perpétuité en 2021. En se basant sur les règles d'application de la peine à perpétuité associée à la loi d'amnistie et la réduction des années de prison, son exécution effective de peine prendra fin, le rendant éligible à la libération entre la fin de l'année 2026 et le début de 2027.
* Le cheikh Louay Al-Turk : Son nom est lié au dossier des camions de mazout que le Hezbollah faisait passer vers le régime de Bachar Al-Assad à travers la frontière libano-syrienne pendant l'application des sanctions américaines « Caesar ». Al-Turk, condamné à 15 ans, a déjà purgé deux tiers de sa peine effective et remplit désormais les conditions légales lui permettant d'être parmi les premiers éligibles à une réduction de peine, avec une probable libération immédiate ou très proche.
* Hassan Abu El-Fal : Accusé de participation à l'attentat contre l'ambassade iranienne, détenu sans jugement par le tribunal spécial depuis février 2014. Avec l'adoption de l'article juridique fixant un plafond à la détention préventive et libérant ceux qui ont purgé la durée légale pour les crimes dont ils sont accusés sans jugement, Abu El-Fal est considéré comme éligible à une libération immédiate, ayant dépassé depuis longtemps la durée requise.
Noms qui ne bénéficieront pas de la loi d'amnistie générale :
Face aux noms susceptibles d'être libérés, la loi trace des lignes rouges infranchissables, excluant certaines catégories et figures emblématiques de toute mesure d'indulgence :
* Noa Zoueiter : Bien qu'il ait été arrêté après une opération sécuritaire menée par l'armée libanaise, il ne bénéficiera en aucun cas des effets de la loi d'amnistie. Sa période de détention n'a pas dépassé le seuil requis pour la libération (12 ans de prison sans jugement), sans parler du fait que la majorité des affaires ne comportent pas de verdicts définitifs pouvant être réduits, ni de ses nombreuses poursuites et infractions graves devant les tribunaux civils et militaires, ce qui le rend entièrement exclu de toute transaction. De plus, les affaires liées à la vente et au trafic de drogues ne sont pas couvertes par l'amnistie générale.
* Les condamnés pour collaboration et espionnage en faveur d'Israël : Ce dossier constitue un engagement fondamental et intransigeant dans la législation libanaise. La loi exclut de manière absolue et décisive tous les condamnés pour des faits de collaboration avec Israël, sans aucune réduction de peine ou amnistie générale, quelle que soit la durée de leur incarcération ou les circonstances de leur arrestation.
Ainsi, la loi d'amnistie générale reste un outil à double tranchant. Alors que les familles des détenus la voient comme une porte d'accès pour clore des dossiers qui ont pesé sur la justice et la sécurité pendant des années, d'autres la regardent avec méfiance, craignant une compromission des droits des victimes et de l'autorité du droit. Entre ces deux positions, les noms dominants dans ce dossier semblent indiquer les limites des compromis auxquels la loi aboutira finalement.
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