Liban
Le Premier ministre Nawaf Salam demande au Hezbollah de privilégier l’intérêt du Liban et d’accompagner les négociations américaines pour le retrait israélien.

Le Premier ministre Nawaf Salam a exhorté le Hezbollah à sauver le pays en plaçant l’intérêt national au-dessus de celui de l’Iran, tout en s’alignant avec le gouvernement pour garantir le retrait israélien du sud du Liban.
Dans une déclaration à Reuters, Salam a insisté : « Le Hezbollah doit être plus rapide que nous, ou du moins avancer à la même vitesse, et annoncer son soutien aux négociations que nous menons à Washington ».
Ces discussions entre Israël et le Liban, sous médiation américaine, doivent reprendre le 22 juin.
Salam n’a pas caché l’impact des négociations d’Islamabad sur le Liban, mais a réaffirmé la détermination à négocier en tant qu’État indépendant, « personne ne négocie en son nom ».
Depuis son bureau, il a expliqué : « Nous sommes bien sûr influencés par le processus de négociation à Islamabad… alors comment ne pas l’être par une guerre et ses conséquences sur notre sol ? Nous sommes affectés par la guerre, la paix et la détente dans la région. Islamabad, ou tout autre lieu, aura forcément un effet sur nous ».
Il a ajouté : « Si ce processus aboutit à un cessez-le-feu et à une détente régionale, nous en tirerons forcément profit ».
Salam a estimé que le Liban a choisi la voie la moins coûteuse et a rejeté l’idée que le désarmement du Hezbollah soit une condition israélienne, affirmant : « Il faut qu’on se débarrasse de cette complication ».
« Les Libanais ont convenu dans l’accord de Taëf en 1989 d’étendre l’autorité de l’État sur tout le territoire, ce que nous avons confirmé dans notre déclaration ministérielle, en insistant sur le monopole de la force et la reprise du contrôle des décisions de guerre et de paix par l’État. Israël a-t-il participé à la rédaction de notre déclaration ministérielle ? Bien sûr que non », a-t-il souligné.
Salam a précisé qu’il maintient un contact permanent avec le Hezbollah et que celui-ci doit simplement respecter ses engagements. « Le sud devrait être une zone démilitarisée, et le Hezbollah a donné sa confiance au gouvernement à deux reprises, dont la déclaration ministérielle insiste sur le monopole des armes. Rien de plus n’est exigé de lui ».
Il s’est adressé directement au Hezbollah : « Si tu tiens vraiment à ce qu’on appelle ton environnement et à ses malheurs, il te suffit de respecter tes engagements. On ne te demande rien de plus ».
Washington n’a pas offert de garanties sur l’avenir des négociations libano-israéliennes, mais Salam a déclaré : « Il vaut mieux laisser l’arbitre américain siffler la fin du match et ne pas prêter attention aux bavardages politiques ».
Enfin, Salam a résumé : « Notre problème avec le Hezbollah, c’est son armement. Nous considérons le parti comme une force politique libanaise et voulons qu’il respecte ses engagements. Nous te demandons de tenir tes promesses ».



