Liban
Le président américain Donald Trump a appelé Michel Aoun pour saluer la signature de l'accord cadre entre le Liban et Israël, tandis que des oppositions internes dénoncent l'accord.

Le président libanais Michel Aoun a reçu samedi soir un appel téléphonique du président américain Donald Trump, qui l’a félicité pour la signature de l’accord cadre entre le Liban et Israël sous l’égide des États-Unis. Trump a assuré que son pays déploierait tous les efforts nécessaires pour soutenir la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale du Liban, ainsi que pour renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire libanais par ses forces armées. Il a également réitéré son appui aux positions du président et aux décisions du gouvernement, précisant que les États-Unis contribueront à l’aide économique et au renforcement des forces de sécurité légitimes afin que le Liban retrouve son rôle majeur dans la région et à l’échelle mondiale. Le président américain a conclu l’appel en annonçant une prochaine rencontre avec Michel Aoun à Washington.
De son côté, Michel Aoun a remercié Donald Trump pour son soutien au Liban, à son autorité légitime, à ses institutions constitutionnelles et sécuritaires, notamment l’armée. Il a souligné que l’État libanais assumera ses responsabilités dans la mise en œuvre de l’accord cadre, en espérant que les États-Unis contribueront à empêcher toute violation de cet accord et garantiront le respect de tous les engagements pris, notamment en exerçant une pression sur Israël pour qu’elle se retire des territoires occupés dans le Sud, facilitant ainsi le déploiement de l’armée jusqu’aux frontières internationales.
À l’intérieur du Liban, depuis la signature de l’accord tripartite à Washington, les campagnes de dénigrement, de menaces et d’intimidations n’ont pas cessé. Sur le front dit du « axe de la résistance », les discours convergent vers une accusation de trahison à l’encontre de l’État qui a pris cette initiative historique, accompagnée de positions virulentes qualifiant l’accord des pires qualificatifs.
Alors que des dirigeants et chefs d’État arabes et internationaux adressaient leurs félicitations à Michel Aoun, au Premier ministre Nawaf Salam et au ministre des Affaires étrangères Youssef Raji, le président du Parlement Nabih Berri a qualifié l’accord cadre de porte ouverte à la discorde. Le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, l’a qualifié d’« humiliation et de honte », tandis que le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, député Mohammad Raad, l’a décrit comme « sinistre, rejeté et représentant le cri d’un hibou au Liban et dans la région ».
Cette montée des tensions verbales a été accompagnée de manifestations modestes dans la rue, rapidement contenues par l’armée libanaise qui a empêché leur extension. L’institution militaire a publié un communiqué rappelant que, tout en respectant la liberté d’expression pacifique, elle n’autoriserait aucune atteinte à la sécurité ou au maintien de la paix civile à travers des mouvements aux conséquences imprévisibles.
La gestion de ces manifestations par l’armée a reçu de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux, à l’instar de l’opération de retrait des banderoles « Merci l’Iran » près de l’aéroport, remplacées par des slogans tels que « Le Liban d’abord » et « Le Liban nous unit ». Ces actions témoignent de la volonté de l’État de réaffirmer son autorité sur tout le territoire libanais, malgré les tentatives de certains de marginaliser cette autorité et de maintenir le pays sous l’influence du régime iranien.
Un responsable politique a indiqué à « Nidaa Al-Watan » que l’opposition de l’« axe de la résistance » à l’accord cadre était prévisible, au moins devant leur base ayant payé un lourd tribut lors des deux guerres de soutien, avec pertes humaines et destructions. Toutefois, il a exprimé son étonnement face au refus catégorique de l’accord par toutes les parties, y compris certains ministres au sein du Conseil des ministres, ce qui traduit selon lui une double norme et une contradiction incompréhensible.
Ce même responsable a souligné que ces acteurs, supposés libanais et soucieux de l’intérêt national, s’opposent aux décisions de l’État libanais et refusent de reconnaître la justesse de ses choix souverains. Paradoxalement, ils soutiennent les résultats des négociations américano-iraniennes, allant jusqu’à approuver tout accord qui en découlerait s’il satisfait l’Iran. Leur objectif principal étant de préserver l’influence iranienne au Liban, ce que le gouvernement libanais entend mettre fin, tout en poursuivant la voie de la paix malgré les campagnes d’accusations et de menaces.
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué l’accord cadre avec le Liban, le qualifiant d’« accomplissement historique » portant un coup à l’Iran et au Hezbollah. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a indiqué avoir ordonné, avec l’accord de Netanyahu, à l’armée israélienne de se préparer à une présence prolongée dans la zone de sécurité qui s’étend jusqu’à dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.
Par ailleurs, l’armée israélienne a annoncé avoir mené samedi une frappe aérienne contre des individus soupçonnés d’être armés dans la région de Nabatiyeh, dans le Sud-Liban.
Cette attaque dans la localité de Nabatiyeh Al-Fawqa a causé la mort d’une personne et fait deux blessés, selon le ministère libanais de la Santé.
Sur le plan régional, les États-Unis et l’Iran se sont mutuellement accusés de violer le mémorandum d’entente signé la semaine précédente, après que Washington a mené des frappes contre des sites en Iran en représailles à une attaque contre un navire marchand dans le détroit d’Ormuz vendredi, à laquelle Téhéran a répondu par des assauts contre des pays du Golfe.
Le Bahreïn a déclaré avoir été visé par plusieurs drones iraniens, accusant Téhéran de « saper les efforts de paix ».
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