Coupe du Monde 2026
Le football iranien confronté aux restrictions américaines malgré l'accord-cadre signé
Le football iranien reste soumis aux restrictions de voyage américaines après un accord-cadre signé entre Washington et Téhéran, avec une plainte officielle déposée auprès de la FIFA.

Deux jours après la signature d’un accord-cadre entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à leur conflit, la Fédération iranienne de football a annoncé que les restrictions américaines sur les déplacements de son équipe nationale pour la Coupe du monde demeurent en vigueur. Elle a indiqué qu’elle déposerait une plainte officielle auprès de la FIFA.
Malgré la signature de cet accord composé de 14 articles, conclu séparément par le président américain à Versailles et le président iranien Masoud Pezeshkian à Téhéran mercredi, aucune mesure n’a été prise pour assouplir les conditions d’entrée des citoyens iraniens, y compris les joueurs de football, dans les procédures d’immigration américaines. Le football iranien reste ainsi soumis à des contraintes qui compliquent sa préparation pour le tournoi estival.
Le jeudi suivant la signature, la Fédération iranienne de football (FFIRI) a confirmé son intention de saisir la FIFA, estimant que les restrictions imposées par les États-Unis entravent la préparation adéquate de l’équipe. Cette démarche intervient après les déclarations de responsables américains précisant que les joueurs iraniens ne seraient autorisés à entrer sur le sol américain que la veille de chaque match, devant repartir immédiatement après la rencontre, un dispositif inchangé malgré le progrès diplomatique récent.
Dans un communiqué, la FFIRI a qualifié ces règles d’incompatibles avec le principe d’« égalité des conditions » entre toutes les équipes participantes. Ce message fait suite aux propos de l’entraîneur Amir Ghalenoei, qui avait dénoncé l’injustice subie par son équipe, la qualifiant de « la plus maltraitée de l’histoire des compétitions internationales », après le match nul 2-2 contre la Nouvelle-Zélande lors de la première rencontre.
Le staff technique iranien avait initialement prévu d’arriver deux jours avant chaque match et de repartir le lendemain, afin de permettre aux joueurs de récupérer et de s’adapter. Cependant, l’équipe est arrivée à Los Angeles seulement un jour avant la rencontre contre la Nouvelle-Zélande et a dû quitter le pays immédiatement après le coup de sifflet final. Le buteur Mehdi Taremi a précisé que les joueurs avaient été informés le jour du match qu’ils devaient quitter les États-Unis dès la fin de la partie.
Du côté américain, Andrew Giuliani, chef de l’équipe de travail à la Maison-Blanche en charge de la compétition, a minimisé la plainte iranienne, rappelant que ces règles avaient été clairement établies dès le départ. Il a déclaré : « Nous avons expliqué dès le début que cette procédure serait appliquée. L’équipe pourra entrer aux États-Unis un jour avant le match et devra partir après. Cela s’applique à Los Angeles comme à Seattle. »
La sélection iranienne avait demandé à arriver plus tôt à Los Angeles avant son prochain match contre la Belgique, programmé dimanche à 21 heures, heure d’Europe centrale, mais cette requête a été rejetée.
Les restrictions de voyage s’ajoutent à une relation déjà tendue entre la Fédération iranienne et les autorités américaines. En effet, Washington a refusé de délivrer des visas à environ quinze membres du staff administratif et technique, dont le président de la Fédération, Mehdi Taj, qui n’a pas pu accompagner l’équipe.
Engagée dans une compétition organisée conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada, l’équipe iranienne a dû établir son camp de base à Tijuana, au Mexique, en raison du conflit récent et du fragile cessez-le-feu qui a suivi. Ce choix évite de s’installer du côté américain où se déroulent ses trois matchs de groupe.
Le mercredi de la signature, un accord-cadre a été conclu pour préparer une paix durable, suivi d’une période de négociations de 60 jours. Malgré cela, les tensions entre Washington et Téhéran restent élevées. Au moment de la publication de ce rapport, la FIFA n’avait pas encore répondu à la plainte iranienne, précisant que ses compétences pour intervenir dans ce type de différends sont limitées. L’organisation a déjà souligné que l’application des lois sur l’immigration échappe à son autorité, même si ses accords avec les villes hôtes exigent des gouvernements qu’ils garantissent un « environnement de visas non discriminatoire » pour les joueurs et officiels, condition indispensable à l’accueil des matches.
La FIFA a déjà retiré l’organisation d’un tournoi à un pays hôte en raison de problèmes liés aux visas, comme ce fut le cas pour l’Indonésie qui avait perdu l’organisation de la Coupe du monde des moins de 20 ans 2023 après avoir interdit la participation d’Israël. Cependant, aucune mesure similaire n’a été envisagée à l’encontre des États-Unis. Les interdictions de voyage émises sous l’administration Trump excluaient les sportifs et leurs accompagnateurs participant à la Coupe du monde, mais les conditions et le moment de leur entrée restent soumis à la discrétion des autorités américaines aux frontières.
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