Culture & société
Les psychologues criminels étudient le comportement des délinquants, collaborent avec la justice et doivent suivre une formation approfondie.

Les psychologues criminels analysent les comportements des personnes ayant commis des infractions afin de comprendre leurs motivations et d’évaluer le risque de récidive. Ils travaillent en étroite collaboration avec les forces de l’ordre pour apporter un éclairage sur la psychologie des suspects et interviennent fréquemment comme experts en justice. Contrairement aux représentations télévisées, leur activité repose sur une analyse minutieuse et un travail patient visant à résoudre des affaires et à soutenir le système judiciaire.
Leur mission consiste notamment à répondre à des questions telles que : pourquoi certaines personnes franchissent-elles la ligne de la loi ? Ces actes sont-ils liés à des caractéristiques innées ou à des circonstances particulières ? La psychologie criminelle cherche à explorer les pensées, comportements, émotions et expériences des criminels pour mieux comprendre ces phénomènes.
Les professionnels de ce domaine assistent les autorités dans l’étude des facteurs influençant les comportements délinquants, qu’il s’agisse d’individus respectueux des lois qui basculent dans la criminalité ou de criminels en série. Bien que la psychologie criminelle soit proche de la psychologie médico-légale, elle s’en distingue : les premiers se concentrent sur les comportements criminels, tandis que les seconds étudient les interactions entre psychologie et droit civil ou pénal.
L’intérêt pour cette discipline a fortement augmenté ces dernières années, notamment sous l’impulsion de séries télévisées populaires comme "Criminal Minds" ou "CSI" qui mettent en scène des psychologues criminels fictifs. Ces deux domaines sont parfois confondus, mais ils ne sont pas identiques.
Une part importante du travail consiste à étudier les raisons qui poussent à commettre des crimes. Les psychologues criminels évaluent aussi la probabilité qu’un délinquant récidive ou tentent de prédire les comportements adoptés après un crime. En plus d’aider à élucider des affaires, ils fournissent régulièrement des témoignages d’experts devant les tribunaux.
Le profilage criminel, aussi appelé profilage d’auteur, est l’une des fonctions les plus connues de cette profession. Bien que cette pratique ait été utilisée de manière informelle pendant des décennies, elle s’est professionnalisée dans les années 1940, lorsque l’Office of Strategic Services américain a demandé à un psychiatre d’établir un profil d’Adolf Hitler.
Aujourd’hui, des organismes comme le FBI utilisent le profilage pour faciliter l’arrestation de criminels violents. L’objectif est de fournir aux enquêteurs une évaluation psychologique du suspect ainsi que des recommandations pour les interrogatoires.
Dans la réalité, la psychologie criminelle diffère des représentations populaires. Les psychologues ne participent généralement pas directement aux interrogatoires des suspects. Par ailleurs, les enquêtes peuvent durer des semaines, des mois, voire des années, et ne se résolvent pas aussi rapidement ni aussi clairement que dans les séries télévisées.
Malgré cela, la profession reste riche en défis et loin d’être monotone. Outre le profilage, les psychologues criminels peuvent accompagner des personnes condamnées nécessitant une évaluation psychologique. Certains se spécialisent dans l’étude des prédateurs sur internet ou dans l’investigation des fraudes en ligne.
Les psychologues criminels exercent principalement dans des bureaux ou au sein des tribunaux. Leur travail inclut souvent des entretiens, la recherche sur l’historique des délinquants et la présentation d’expertises en justice.
Ils peuvent intervenir dans divers secteurs, notamment en collaboration avec la police ou des agents fédéraux pour résoudre des affaires complexes, en particulier celles impliquant des meurtriers, des violeurs ou d’autres criminels violents.
Ces spécialistes sont employés par des institutions variées : certains travaillent pour des administrations locales, étatiques ou fédérales, d’autres exercent en tant que consultants indépendants, et certains encore enseignent la psychologie criminelle dans des universités ou des centres de formation spécialisés.
Pour devenir psychologue criminel, il est courant de débuter par une licence en psychologie. Ensuite, certains poursuivent en master, tandis que d’autres choisissent directement un doctorat. Les opportunités professionnelles sont plus nombreuses pour les titulaires d’un PhD ou d’un PsyD en psychologie.
Le doctorat PhD est généralement axé sur la recherche et la théorie, tandis que le PsyD privilégie la pratique. Les candidats souhaitant se spécialiser en psychologie clinique ou du conseil, voire en psychologie médico-légale ou criminelle, doivent envisager l’un de ces diplômes.
Le doctorat nécessite environ cinq à sept ans d’études, incluant cours, stages pratiques, recherche et rédaction d’une thèse. Pour obtenir une licence professionnelle, il faut aussi effectuer un stage et réussir les examens d’État.
Bien que des postes en psychologie médico-légale soient accessibles avec un master, la concurrence est rude. En 2023, environ 207 500 psychologues exerçaient aux États-Unis, dont 56 600 spécialisés, selon le Bureau of Labor Statistics américain. Les données spécifiques aux psychologues médico-légaux ne sont pas disponibles.
Les salaires des psychologues spécialistes sont généralement supérieurs à ceux d’autres domaines, avec un revenu annuel moyen de 118 280 dollars. En 2023, les rémunérations variaient entre 47 450 et 157 420 dollars.
Les spécialistes employés par les gouvernements locaux ou d’État, ainsi que ceux en pratique privée, bénéficient souvent de salaires plus élevés que ceux travaillant pour le gouvernement fédéral ou dans les hôpitaux.
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