Culture & société
Jeux vidéo et modifications corticales chez les adolescents
Une étude de l’université de Californie à San Francisco révèle que les adolescents jouant en moyenne 3,1 heures par jour présentent une diminution statistique du volume cortical dans certaines régions cérébrales.

Des chercheurs de l’université de Californie à San Francisco ont observé que les adolescents consacrant plus de temps aux jeux vidéo affichent, en moyenne, une épaisseur réduite de la substance grise corticale ainsi qu’une surface corticale moindre dans plusieurs zones cérébrales. La corticale, couche externe du cerveau, participe activement aux fonctions cognitives supérieures telles que le raisonnement, le langage ou la régulation de l’attention, et connaît des transformations structurelles normales durant l’adolescence.
Cette observation provient d’une analyse publiée dans la revue NeuroImage, fondée sur les données du projet américain ABCD impliquant 5 686 participants âgés d’environ 14 ans. Chaque adolescent a subi une imagerie par résonance magnétique et a répondu à un questionnaire portant sur ses habitudes de jeu. Le temps moyen quotidien passé devant les écrans pour jouer s’est établi à 3,1 heures.
Les corrélations variaient selon le type de jeu pratiqué. Les jeux individuels se sont associés de façon récurrente à une surface corticale réduite dans des régions liées au langage, à la communication et à la régulation émotionnelle. En revanche, aucune différence statistiquement significative n’a été détectée chez les joueurs de jeux en ligne après ajustement pour d’autres variables. Les jeux classés selon leur restriction d’âge ont, quant à eux, montré une corrélation fréquente avec une minceur corticale accrue dans les réseaux impliqués dans l’attention, le traitement des signaux sociaux et les réponses émotionnelles.
Les auteurs insistent sur le caractère purement statistique de ces associations, excluant toute démonstration de lien causal. Ils soulignent également que les différences mesurées restent faibles et s’inscrivent dans les variations naturelles du développement cérébral. Il est possible que les caractéristiques neurobiologiques préexistantes influencent le choix des jeux, et non l’inverse. Une surveillance longitudinale des participants est prévue afin de préciser l’ordre chronologique d’apparition de ces facteurs.
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