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Le déficit de concentration, symptôme central du TDAH

Le déficit de concentration est un symptôme majeur du TDAH, lié à des différences cérébrales et à une possible carence en dopamine.

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Le déficit de concentration, symptôme central du TDAH
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Le déficit de concentration et l’incapacité à maintenir l’attention figurent parmi les symptômes courants du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Le cerveau des personnes atteintes de TDAH présente des particularités neurobiologiques qui peuvent engendrer une recherche accrue de dopamine, rendant la concentration souvent binaire : soit totale, soit absente.

Cette analyse fait partie d’une série consacrée aux symptômes caractéristiques ou peu reconnus du TDAH, rédigée par des spécialistes qui partagent également des conseils pratiques fondés sur l’expérience et des données scientifiques.

Le manque de concentration est un symptôme emblématique du TDAH, qui complique particulièrement la réalisation de tâches peu stimulantes. Cette difficulté découle de différences structurelles dans le cerveau des personnes concernées, notamment dans les zones impliquées dans l’attention et la concentration. Comprendre ces mécanismes neurologiques est essentiel pour mieux gérer les manifestations du TDAH.

Des recherches récentes mettent en lumière des différences anatomiques dans certaines régions cérébrales chez les personnes avec TDAH. Le cortex frontal, les ganglions de la base et certaines parties du cervelet sont généralement plus petits, ce qui affecte directement les capacités d’attention.

Par ailleurs, un faible taux de dopamine et des anomalies dans son transport pourraient également contribuer au TDAH, bien que les résultats scientifiques restent mitigés. La dopamine, neurotransmetteur associé au système de récompense cérébral, influence la motivation, l’engagement et la concentration.

Lorsque la motivation est déjà faible et que les régions cérébrales responsables de la persévérance dans les tâches pénibles sont réduites, accomplir des activités ennuyeuses devient souvent impossible pour une personne atteinte de TDAH.

Les types de tâches les plus difficiles à suivre pour une personne avec TDAH sont généralement :

- Les activités lentes, comme la lecture prolongée ou les devoirs longs.

- Les tâches dont la récompense est différée, par exemple apprendre une nouvelle compétence ou se préparer à un événement futur.

- Les travaux répétitifs ou prévisibles, tels que les exercices de mathématiques ou les corvées ménagères.

Le TDAH peut s’accompagner d’un trouble des fonctions exécutives, caractérisé par un manque de contrôle sur l’attention. Le cerveau concerné est constamment en activité, avec une pensée incessante. Le défi réside dans la capacité à orienter cette activité vers les tâches prioritaires plutôt que vers des sujets plus attrayants.

Ce déficit de contrôle de l’attention se manifeste principalement de trois façons :

- La difficulté à commencer une tâche et à s’y engager suffisamment pour la terminer.

- Le démarrage d’une tâche suivi d’une lutte contre une pensée errante et des distractions mentales.

- Une hyperconcentration sur une tâche inappropriée, parfois sans en avoir conscience pendant plusieurs heures.

Le manque de concentration peut perturber la vie quotidienne de multiples manières, notamment :

- L’oubli de détails ou d’instructions.

- L’abandon de projets en cours.

- La multiplication d’erreurs par négligence.

- Des difficultés liées à une sensation de brouillard mental ou à un manque de clarté dans la pensée.

- Des problèmes pour écouter activement lors d’une conversation.

- La nécessité de relire plusieurs fois des phrases ou des paragraphes pour en saisir le sens.

Du point de vue personnel, ces difficultés peuvent engendrer des conflits et des incompréhensions. Par exemple, durant ma jeunesse, j’étais souvent en difficulté avec mes professeurs car je ne rendais pas mes devoirs, alors que j’obtenais de bonnes notes aux tests et aux dissertations.

Le problème, selon moi, venait du fait que les devoirs étaient généralement répétitifs et fastidieux : refaire trente fois le même type d’exercice de mathématiques ou identifier les mêmes catégories grammaticales dans une trentaine de phrases. En revanche, les dissertations me permettaient plus de créativité et de liberté, ce que j’appréciais. Les examens comportaient suffisamment de variété dans les questions pour capter mon intérêt, et la pression du temps m’aidait à rester concentré.

Pour les enseignants, j’étais un mystère frustrant : assez intelligent pour réussir les tests et les dissertations, mais inexplicablement réticent à faire mes devoirs. En réalité, je tentais désespérément de me forcer à les faire, sans y parvenir la plupart du temps.

Pour améliorer la concentration avec un TDAH, plusieurs stratégies peuvent être efficaces, même si personne ne travaille dans des conditions idéales.

Limiter les distractions extérieures

Les distractions ne proviennent pas uniquement de l’environnement, mais celles-ci offrent souvent des échappatoires à un cerveau en quête de dopamine pour fuir une tâche ennuyeuse ou difficile. Éliminer ces sources de distraction oblige le cerveau à se focaliser sur l’activité en cours. Parmi les méthodes recommandées :

- Mettre le téléphone en mode silencieux et face contre table, sauf pour les appels importants ou urgents.

- Ranger les objets non liés à la tâche. Fermer les onglets de navigation inutiles et éloigner tout ce qui pourrait détourner l’attention.

- Utiliser des casques à réduction de bruit pour bloquer les sons environnants.

- Écouter de la musique instrumentale à faible volume, qui selon une méta-analyse récente, améliore la capacité de concentration chez les personnes avec TDAH.

Noter ses pensées

Pour calmer les pensées hors sujet, il est conseillé de les écrire plutôt que de craindre de les oublier. Cela aide à gérer les tâches, les rendez-vous et les détails importants.

Cette méthode fonctionne aussi pour les pensées distrayantes telles que « Je me demande quel est cet arbre » ou « Je devrais mémoriser toutes les espèces d’arbres ». Au lieu de s’y attarder, prendre une photo de l’arbre et noter un rappel permet au cerveau de lâcher prise plus facilement.

Que l’on suive ou non ces notes ultérieurement, les écrire libère l’esprit et facilite le retour à la tâche principale.

Utiliser les moments de distraction à bon escient

Lorsque la concentration est impossible, faire une pause courte pour calmer l’agitation mentale peut être bénéfique. On peut programmer un minuteur et s’adonner à un projet créatif ou à une corvée qui occupe l’esprit.

En cas d’agitation physique, une promenade, une danse ou quelques sauts peuvent aider. L’exercice libère de la dopamine, dont le cerveau TDAH manque cruellement, et améliore le contrôle des impulsions ainsi que les fonctions exécutives.

Établir un plan

Si commencer une tâche semble insurmontable, il est conseillé de la diviser en étapes plus courtes et moins intimidantes pour retrouver un sentiment de maîtrise du temps.

Décomposer les étapes à réaliser, puis les organiser selon leur ordre logique, leur facilité ou leur intérêt personnel permet d’aborder le travail progressivement plutôt que de le considérer dans son ensemble.

Connaître ses propres rythmes

Le cerveau alterne entre hyperconcentration et brouillard mental. Plutôt que de forcer une concentration difficile, il est utile d’observer ces fluctuations, notamment les moments de la journée où la concentration est meilleure ou moins bonne, ainsi que les facteurs déclencheurs.

Il est possible de classer les tâches en « tâches hyperfocalisées » (nécessitant une attention soutenue) et « tâches en brouillard » (pouvant être accomplies malgré une attention fluctuante). En fonction de l’état mental, il convient d’adapter les activités.

Il n’est cependant pas toujours possible d’avoir un équilibre parfait entre ces types de tâches chaque jour. Il faut donc suivre son rythme autant que possible et recourir à d’autres méthodes de gestion quand il faut s’y opposer.

Le déficit de concentration, si fréquent chez les personnes avec TDAH, complique la vie quotidienne aussi bien au travail qu’à la maison. Des recherches récentes évoquent des différences physiques dans le cerveau ainsi que des facteurs comme un taux de dopamine bas. En cas de difficultés importantes, une aide professionnelle peut s’avérer bénéfique.

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