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Les 14-20 ans, deux fois plus touchés par les troubles mentaux

Une étude canadienne révèle une hausse de 104 % des maladies mentales graves chez les adolescents par rapport aux cohortes des années 70.

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Les 14-20 ans, deux fois plus touchés par les troubles mentaux
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Michael Ungar, chercheur en résilience, observe un phénomène inquiétant : la détresse psychologique gagne du terrain parmi les jeunes. Ses collègues américains et canadiens signalent une recrudescence des signes de maladies mentales sévères, notamment l'anxiété et la dépression. Des pathologies plus lourdes, comme la schizophrénie ou d'autres troubles à début précoce, apparaissent également avec une fréquence accrue dans les structures hospitalières et ambulatoires.

Cette tendance suggère un affaiblissement collectif de la capacité à gérer le stress quotidien, rendant les populations juvéniles plus vulnérables aux affections chroniques. Une nouvelle publication scientifique vient confirmer cette intuition. L'équipe dirigée par Daniel Myran, de l'Université d'Ottawa, a analysé l'évolution des troubles mentaux depuis 1975. Leur approche originale consiste à segmenter les données selon les cohortes de naissance pour vérifier si les tendances globales se maintiennent au sein des différents sous-groupes démographiques.

Un contraste générationnel marqué

En examinant plus de 12 millions de dossiers de santé mentale au Canada, les chercheurs ont établi que moins de 1 % de la population déclarait une maladie mentale majeure. Si les taux globaux restent stables ou diminuent ces dernières années, cette amélioration concerne principalement les adultes âgés de 21 à 50 ans. La situation diverge radicalement pour les adolescents.

Le taux de troubles chez les jeunes de 14 à 20 ans s'avère nettement supérieur à celui des autres tranches d'âge et connaît une progression significative. Les statistiques indiquent qu'un adolescent actuel a 104 % plus de risques de souffrir d'une maladie mentale grave qu'un jeune du même âge entre 1975 et 1979. Bien que l'amélioration des diagnostics précoces puisse expliquer une partie de cette augmentation, elle ne justifie pas l'intégralité du phénomène.

Limites des hypothèses diagnostiques

Il demeure surprenant que les comportements sanitaires des adolescents diffèrent tant de ceux des cohortes légèrement plus âgées. De plus, la baisse observée dans les autres groupes d'âge ne peut être attribuée ni à de meilleures pratiques diagnostiques, ni à une réduction de la stigmatisation liée à la divulgation de problèmes de santé mentale. Ces éléments suggèrent que d'autres facteurs entrent en jeu.

Pour Michael Ungar, dont les travaux portent sur les prédicteurs de résilience, cette hausse pourrait refléter un déficit de protection contre le stress. Il existe une susceptibilité accrue aux conditions déclenchant des épisodes aigus ou chroniques nécessitant une prise en charge professionnelle. La question centrale ne se limite donc pas à identifier ce qui « cloche » chez les jeunes, mais aussi à déterminer ce qui leur manque pour se prémunir contre ces désordres.

Les réponses restent complexes et la liste des candidats-stressors s'allonge. Les environnements toxiques, le temps excessif passé devant les écrans, la pression des réseaux sociaux ou les séquelles des confinements liés à la COVID-19 sont souvent cités. La distraction parentale, accentuée par l'usage intensif des appareils numériques, est également évoquée comme facteur potentiel de fragilité.

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