Culture & société
Une étude internationale révèle que les générations Alpha et Z génèrent les émissions alimentaires les plus élevées, liées à leur consommation de viande et produits transformés.

Une récente étude menée par une équipe internationale a analysé les régimes alimentaires dans 149 pays, répartis en 22 groupes d’âge, sur la période 2000-2019. Les résultats montrent que les générations Alpha (0 à 16 ans) et Z (16 à 29 ans) sont responsables des plus fortes émissions de gaz à effet de serre liées à leur alimentation.
Cette empreinte carbone élevée s’explique par une consommation accrue de viande, en particulier rouge, ainsi que de produits laitiers, d’aliments transformés et de boissons sucrées. Paradoxalement, cette hausse des émissions coexiste avec une dégradation de la qualité nutritionnelle, créant une double problématique combinant malnutrition et accélération du changement climatique.
Le professeur Yuli Shan de l’université de Birmingham souligne que, contrairement à l’idée reçue selon laquelle les personnes âgées seraient les plus polluantes, ce sont les jeunes qui génèrent, par individu, davantage d’émissions liées à leur alimentation. Cette donnée soulève des défis importants pour les décideurs politiques qui cherchent à réduire ces émissions croissantes.
Cependant, en termes d’émissions totales, la situation diffère. Bien que les jeunes affichent les plus hauts niveaux par personne, les plus de 60 ans représentent collectivement la plus grande source d’émissions alimentaires à l’échelle mondiale. Cette réalité s’explique principalement par l’augmentation rapide du nombre de seniors, notamment dans les pays riches comme le Japon, les États-Unis et l’Europe de l’Ouest, où ils contribuent entre 22 % et 29 % des émissions totales liées à l’alimentation. Ce phénomène est dû à leur nombre croissant, et non à un régime alimentaire plus polluant.
Les chercheurs attribuent l’empreinte carbone individuelle élevée des jeunes à leur appétence pour les produits d’origine animale et la viande. Même si certaines études suggèrent que la génération Alpha tend davantage vers des régimes végétariens ou semi-végétariens, la consommation globale de viande chez ces jeunes reste supérieure à celle des personnes âgées et augmente avec le temps.
Les recherches indiquent que la consommation quotidienne de seulement 100 grammes de viande, soit moins d’un steak haché, génère environ quatre fois plus d’émissions qu’un régime végétal. De plus, l’empreinte carbone des végétariens est inférieure à un quart de celle des gros consommateurs de viande, ce qui fait du régime carnivore des jeunes un facteur clé de leur impact environnemental.
La résolution de ce problème est complexe, car les contextes varient selon les pays. Dans les pays à revenu élevé, l’augmentation des émissions est souvent liée à une mauvaise alimentation due à la surconsommation d’aliments malsains. En revanche, dans les pays à revenu faible ou moyen, cette hausse est souvent associée à une amélioration de la qualité nutritionnelle, les jeunes consommant davantage, ce qui représente un progrès sanitaire.
Le professeur Klaus Hubatschik de l’université de Groningen souligne que réduire les émissions en limitant certains aliments pourrait avoir des conséquences sanitaires négatives dans certaines régions. Ainsi, les gouvernements doivent concilier la réduction de l’impact environnemental avec le maintien des progrès nutritionnels obtenus.
Pour répondre à cette problématique, les chercheurs recommandent de renforcer l’éducation et la sensibilisation dès le plus jeune âge, tout en améliorant l’environnement alimentaire dans les écoles et auprès des jeunes. Ils insistent sur la nécessité d’équilibrer les objectifs écologiques avec les besoins nutritionnels propres à chaque tranche d’âge, en particulier dans les pays en développement où la malnutrition reste un défi. Il ne s’agit pas seulement de diminuer la consommation de viande, mais de réorienter les habitudes alimentaires afin de protéger la planète tout en préservant la santé humaine.
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