Culture & société
Quatre conseils validés par un thérapeute pour surmonter le mal-être existentiel
Face à l'incertitude et au mal-être existentiel, quatre stratégies thérapeutiques permettent de retrouver un sentiment de contrôle et de mieux vivre le présent.

Le sentiment d’incertitude face à la vie est très répandu, mais plusieurs méthodes permettent de mieux le gérer. Julia Childs Heyl, travailleuse sociale clinique spécialisée dans les disparités en santé mentale, la guérison des traumatismes générationnels et la psychothérapie en profondeur, partage quatre conseils pratiques pour faire face à ce mal-être.
Le doute existentiel, qui pousse à remettre en question le sens de la vie et engendre un sentiment d’oppression, touche de nombreuses personnes. Ce phénomène peut être déclenché par des comparaisons sur les réseaux sociaux, des inquiétudes liées au changement climatique ou des difficultés financières. Selon la psychothérapeute, un des facteurs aggravants est la fixation sur le passé et l’avenir, qui donne l’impression qu’aucune amélioration n’est possible. Revenir au moment présent permet souvent d’atténuer ces sensations négatives.
Julia Childs Heyl constate fréquemment ce sentiment chez ses patients, notamment ceux âgés d’une vingtaine à une quarantaine d’années. Si le manque d’enthousiasme pour la vie peut survenir à tout âge, les générations Millennial (nées entre 1980 et 1994) et Gen-Z (nées entre 1995 et 2012) sont confrontées à des circonstances particulières. Ces jeunes adultes, qui fournissent des efforts considérables, portent un lourd fardeau d’angoisse existentielle. L’American Psychological Association définit cette dernière comme « un état psychique ou spirituel profond d’insécurité et de désespoir lié à la condition humaine et au sens de la vie ».
Bien que beaucoup d’éléments échappent à notre contrôle, il est possible d’adopter certaines pratiques pour se libérer de cette détresse. Voici les quatre stratégies recommandées par la psychothérapeute pour mieux affronter une incertitude intense concernant l’avenir.
La première consiste à pratiquer la pleine conscience, un terme souvent entendu, notamment sur les réseaux sociaux, mais qui reste efficace. Même si cela peut sembler difficile face à une avalanche d’émotions négatives, la pleine conscience aide à revenir dans le présent, réduisant ainsi l’angoisse liée au passé et au futur. Ceux qui s’y adonnent rapportent généralement une baisse des symptômes d’anxiété et de dépression, ainsi qu’un sentiment renforcé de but dans la vie, un antidote essentiel au mal-être existentiel.
Il n’est pas nécessaire de méditer une heure d’affilée : consacrer seulement trois minutes chaque matin à une respiration consciente et à un balayage corporel suffit. Cette technique consiste à observer ses sensations physiques pour mieux se reconnecter à soi.
Le deuxième conseil porte sur la gestion des sources d’information, en particulier les réseaux sociaux. Il est crucial d’examiner les comptes que l’on suit régulièrement et d’évaluer leur impact émotionnel. Par exemple, si TikTok est la principale source d’actualités, il faut observer ses réactions en regardant les contenus : où l’esprit vagabonde-t-il ? Y a-t-il une gêne physique ?
Pour guider cette réflexion, plusieurs questions peuvent être posées. Si la majorité des réponses est positive, il est conseillé de réduire le temps passé sur ces contenus et de diversifier ses sources d’information. Il faut alors trier son fil d’actualité en se désabonnant ou en mettant en sourdine les comptes qui génèrent un malaise, qu’il s’agisse de personnes vantant leur réussite ou de comptes colportant des ragots. L’avantage du bouton « mute » est que personne ne saura que vous prenez une pause.
Le troisième point concerne la communication sincère avec son entourage. Même si vous partagez déjà vos inquiétudes avec vos proches, la thérapeute invite à aller plus loin dans l’honnêteté. Elle souligne combien la solitude ressentie dans la souffrance peut être dévastatrice. Exprimer clairement ses angoisses et ses doutes face à l’avenir, ainsi que les émotions suscitées par les vies idéalisées des autres, permet de réaliser que l’on n’est pas isolé, ce qui soulage considérablement.
Enfin, la dernière recommandation est de se concentrer sur ce que l’on peut contrôler pour apaiser son esprit. Agir à son échelle dans sa communauté, même par de petits gestes, peut renforcer le sentiment d’empowerment et d’inspiration. La psychothérapeute rappelle que les défis collectifs ne résultent pas d’une seule personne et ne seront pas résolus par une seule personne. Le changement se construit ensemble, et il est légitime de faire des pauses. En déposant symboliquement son épée, on laisse la place à d’autres pour lutter contre les structures menaçantes. Progressivement, le sentiment d’angoisse s’estompe.
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