Culture & société
Sortie de l'impasse émotionnelle après divorce
L'acceptation radicale permet aux enfants adultes d'un divorce conflictuel tardif de mettre fin à la souffrance en accueillant la réalité sans l'approuver.

Carol R. Hughes, Ph.D., LMFT, et Bruce R. Fredenburg, M.S., LMFT, explorent les séquelles durables du « divorce gris » sur les enfants devenus adultes. Souvent, ces derniers restent bloqués dans le chagrin des années après la séparation parentale. L’acceptation des faits douloureux, sans résistance, offre une voie pour mettre fin à cette souffrance inutile.
Ce concept ne signifie pas approuver ce qui s’est produit, mais faire face à la réalité. Dans le cadre de cette série, Hughes relate sa rencontre avec Olivia, 25 ans, accompagnée de son chien thérapeutique Friede. La jeune femme, orientée par son programme de suivi post-réhabilitation et membre des Alcooliques Anonymes (AA), cherche à verbaliser son vécu plutôt que de se limiter aux questionnaires écrits.
Olivia décrit une enfance bouleversée par le divorce de ses parents à leurs cinquante ans, alors qu’elle avait dix ans. Cette séparation, qualifiée de hautement conflictuelle, a duré plus de huit ans. Elle a dû naviguer entre deux camps familiaux opposés, subissant des critiques constantes de part et d’autre. Le sentiment d’appartenance à une famille élargie soudée a disparu, remplacé par un vide identitaire profond.
Malgré des études supérieures achevées et trois années de sobriété, Olivia se sent toujours piégée. Elle évoque la douleur d’avoir été invisible durant les conflits parentaux, comparant l’abandon affectif ressenti à la traversée de la mer Rouge. Les souvenirs traumatiques reviennent en boucle, ravivant la solitude et le manque de reconnaissance de sa souffrance infantile.
Hughes cite l’écrivaine Toni Morrison pour illustrer la nature cyclique du deuil : « C’était un beau cri — fort et long — mais il n’avait ni fond ni sommet, seulement des cercles et des cercles de chagrin ». Face à cette analyse, Olivia reconnaît la persistance de son processus de deuil. Elle exprime ensuite son aversion pour la Prière de la Sérénité d’AA, notamment la partie sur l’acceptation des choses impossibles à changer, qui lui procure tristesse plutôt que paix.
La thérapeute propose une relecture étymologique du mot « accepter », issu du latin signifiant « recevoir » ou « prendre à soi », distinct de l’approbation. Elle invite Olivia à pratiquer une ouverture physique symbolique, tournant les paumes vers le ciel pour « recevoir » la réalité passée au lieu de la rejeter. Ce geste favorise un moment de présence partagée avec le chien Friede, apaisant la tension corporelle.
Hughes introduit ensuite le concept d’acceptation radicale, développé par la docteure Marsha Linehan dans les années 1980 à partir des enseignements bouddhistes Zen. En référence au philosophe Épictète, elle distingue ce qui relève de notre contrôle de ce qui n’en dépend pas. Selon Linehan, « La douleur est la douleur. La souffrance, l’agonie, sont la douleur plus la non-acceptation ».
Pour conclure la session, Hughes remet à Olivia un document pratique contenant des exercices d’acceptation radicale. L’objectif est de l’aider à dépasser la souffrance résiduelle liée à son histoire familiale, en consolidant sa capacité à accueillir les faits sans jugement ni résistance intérieure.
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