Culture & société
Le 8 mai 1980, l’OMS annonçait l’éradication totale de la variole, un fléau vieux de 3 000 ans qui a tué 300 millions de personnes au XXe siècle.

Il y a 46 ans, le 8 mai 1980, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait officiellement la variole éradiquée de la surface de la Terre. Ce virus, qui a terrorisé l’humanité pendant trois millénaires, a causé la mort d’environ 300 millions de personnes rien qu’au XXe siècle. Il reste à ce jour la seule maladie infectieuse que les humains ont réussi à éliminer complètement.
La variole est l’une des plus anciennes maladies contagieuses connues. Deux types de virus en sont responsables : le *Variola major*, très virulent, dont le taux de mortalité oscille entre 20 et 40 %, et peut grimper jusqu’à 90 % lors d’épidémies violentes ; et le *Variola minor*, moins dangereux, avec un taux de mortalité de 1 à 3 %. Les symptômes incluent fièvre, maux de tête, douleurs lombaires et dans les membres, vomissements, ainsi qu’une éruption cutanée sur la peau et les muqueuses. Après guérison, des cicatrices caractéristiques, appelées « marques de la variole », subsistent souvent.
Le virus se propage par voie aérienne (toux, éternuements, parole) et par contact direct avec des surfaces contaminées comme la literie ou les vêtements. La période d’incubation dure généralement de 8 à 14 jours, mais peut s’étendre jusqu’à 19 jours. Au XXe siècle, la maladie a tué entre 300 et 500 millions de personnes dans le monde. Parmi les survivants, près de la moitié souffraient de troubles de la vision, allant parfois jusqu’à la cécité totale, et la plupart gardaient de nombreuses cicatrices.
Des traces de variole ont été identifiées sur la peau de certaines momies égyptiennes de la période du Nouvel Empire (XVIe-XIe siècles av. J.-C.), laissant penser que le virus a pu causer la mort de plusieurs souverains de l’Égypte antique. Arrivée en Amérique au XVIe siècle via les colons européens, la variole a décimé des millions d’autochtones et anéanti des tribus entières.
En 1796, le médecin anglais Edward Jenner démontra que l’infection par la vaccine (un virus proche mais moins dangereux) conférait une immunité naturelle contre la variole. Cette découverte ouvrit la voie à la vaccination.
Le programme mondial d’éradication débuta en 1958, lorsque l’Assemblée mondiale de la santé adopta une résolution sur initiative de l’Union soviétique. Dès 1936, l’URSS avait déjà éliminé la variole sur son territoire grâce à la vaccination obligatoire et aux rappels réguliers.
Le dernier cas naturel de variole fut enregistré en octobre 1977 en Somalie. En décembre 1979, les scientifiques conclurent que la maladie était totalement éradiquée. L’annonce officielle fut faite par l’Assemblée mondiale de la santé lors de sa 33e session en mai 1980.
Aujourd’hui, le virus de la variole n’est conservé que dans deux laboratoires dans le monde : le Centre de recherche virologique de Novossibirsk en Russie, et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis.



