Économie
Trump menace d'arrêter le commerce avec l'Espagne, tensions sur 74,5 milliards de dollars
Donald Trump a menacé de suspendre les échanges commerciaux avec l'Espagne, mettant en péril un commerce bilatéral annuel de 74,5 milliards de dollars.

Les menaces du président américain Donald Trump visant à interrompre les relations commerciales avec l'Espagne ont ravivé les tensions économiques entre les deux pays. Ces déclarations suscitent des inquiétudes quant à un échange annuel de biens et services estimé à 74,5 milliards de dollars, ainsi qu’à l’impact potentiel sur des secteurs clés si ces menaces se concrétisent.
Lors du sommet de l'OTAN à Ankara, Trump a critiqué l’Espagne pour son niveau de dépenses en défense, affirmant que les États-Unis ne souhaitent plus commercer avec ce pays. Il a également rappelé ses différends avec Madrid, qui refuse d’autoriser l’utilisation de ses bases militaires pour des opérations liées aux conflits au Moyen-Orient.
Ces avertissements interviennent quelques mois après des propos similaires tenus par Trump en mars 2026, lorsqu’il avait évoqué la possibilité d’un embargo commercial total sur l’Espagne. Malgré cela, les échanges commerciaux entre les deux nations ont continué normalement, sans restrictions supplémentaires sur les flux de marchandises et services.
Les marchés espagnols ont réagi rapidement à ces annonces. L’indice boursier Ibex 35 a chuté de 2,6 %, enregistrant la plus forte baisse parmi les indices européens lors de la séance. Parallèlement, les rendements des obligations espagnoles à dix ans ont augmenté de neuf points de base, atteignant 3,565 %, ce qui a fait grimper le coût de l’emprunt et la prime de risque par rapport aux obligations allemandes.
Le secteur bancaire a été particulièrement affecté : l’action du Banco Santander a reculé de 4,3 %, tandis que celle de BBVA a perdu 3 %, reflétant les craintes des investisseurs sur les conséquences des tensions commerciales sur les investissements et le financement.
Le secteur de la distribution a également subi des pressions. L’action d’Inditex, propriétaire de la marque Zara, a baissé de 3,6 % en raison de sa forte exposition au marché américain et aux chaînes d’approvisionnement mondiales. De son côté, Telefónica a vu son cours diminuer de 1,1 % face à l’incertitude ambiante.
Si les menaces de restrictions commerciales se matérialisent, les secteurs exportateurs espagnols pourraient être touchés, notamment l’huile d’olive, les produits alimentaires, ainsi que les industries manufacturières comme les pièces automobiles, la chimie, l’acier et les équipements électriques, tous liés aux échanges avec les États-Unis.
Le différend commercial trouve son origine dans le refus de l’Espagne d’autoriser l’armée américaine à utiliser ses bases pour des opérations contre l’Iran. Ce refus a conduit Trump à menacer d’un embargo complet sur les échanges avec l’Espagne.
Des experts soulignent que toute tentative américaine d’imposer un embargo unilatéral sur l’Espagne pourrait se heurter à des obstacles juridiques, étant donné que l’Espagne est membre de l’Union européenne, qui gère collectivement la politique commerciale extérieure. Cela pourrait élargir le conflit commercial au-delà de la relation bilatérale entre Washington et Madrid.
Le volume des échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Espagne s’élève à environ 74,5 milliards de dollars, en incluant les biens et services, selon les dernières estimations annuelles. La valeur des échanges de biens seuls se situe entre 47 et 48 milliards de dollars, d’après un rapport du Centre de Complexité Économique.
Les données de 2024 indiquent que les États-Unis ont exporté pour 27,8 milliards de dollars de biens vers l’Espagne, tandis que les importations américaines en provenance d’Espagne ont atteint 20,5 milliards de dollars.
Selon le Centre d’Intelligence Artificielle pour le Commerce Mondial (GTAIC), les échanges entre les deux pays ont connu des fluctuations en 2025 et 2026, avec une baisse des exportations américaines vers l’Espagne à certaines périodes, notamment en raison d’une moindre demande pour certains produits énergétiques et biens d’équipement. Toutefois, les flux commerciaux n’ont pas été interrompus.
Les relations économiques bilatérales se concentrent sur des secteurs stratégiques, notamment l’énergie. Les États-Unis exportent du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié vers l’Espagne, ainsi que des produits pharmaceutiques, des vaccins et des biens industriels. Les exportations espagnoles vers les États-Unis comprennent des produits pharmaceutiques conditionnés, de l’huile d’olive, des transformateurs électriques, des produits pétroliers raffinés, ainsi que d’autres produits industriels et alimentaires.
Les approvisionnements énergétiques revêtent une importance particulière pour l’Espagne, qui dépend des importations américaines de pétrole et de gaz dans le cadre de sa stratégie de diversification énergétique et de renforcement de la sécurité d’approvisionnement. Toute perturbation des relations commerciales affecterait donc un secteur crucial pour l’économie espagnole.
Au-delà des échanges commerciaux, les deux pays entretiennent des relations d’investissement étendues, avec la présence de grandes entreprises et institutions financières américaines sur le marché espagnol, conférant à cette relation économique une dimension qui dépasse les simples flux d’import-export.
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