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Misrata met à l’épreuve l’initiative américaine en Libye, compliquant la tâche diplomatique de Masad Paul pour faire avancer un accord politique.

La ville côtière de Misrata, centre militaire et commercial traditionnel de Tripoli, représente un véritable test pour l’initiative américaine en Libye. La réussite de cette proposition dépend désormais de la médiation des notables et des tribus influentes, après que Washington a décidé de prendre les rênes, au terme d’années de démarches laborieuses sous l’égide de l’ONU.
Lors de sa dernière visite à Misrata, située à l’est de Tripoli, Masad Paul, conseiller du président américain Donald Trump, a tenté de sonder l’opinion publique ainsi que les acteurs de la société civile et les notables locaux sur le projet de partage du pouvoir entre les principales factions libyennes, conscient de leur poids politique dans les décisions cruciales.
Cependant, cette proposition a rencontré des réticences de la part de certains groupes, ce qui a conduit Paul à préciser qu’aucune « initiative écrite » n’existait pour l’instant, indiquant ainsi que le plan américain restait susceptible d’évoluer en fonction des positions des différents protagonistes.
Malgré ce message rassurant, le « conseil militaire » de Misrata a décidé de tenir son deuxième rassemblement national lundi soir afin de répondre à ce que ses membres appellent le « deal Paul », justifiant leur démarche par la volonté de « préserver l’unité et la souveraineté de la Libye ».
Avant d’adopter une posture plus ferme, une source libyenne proche a révélé à « Irem News » que les notables et élites de Misrata s’étaient réunis avec Abdessalam Zoubi, sous-secrétaire au ministère de la Défense du gouvernement d’union provisoire, quelques jours après sa rencontre avec Masad Paul et le vice-commandant de l’Africom lors d’une visite à Washington, afin d’obtenir des précisions sur l’accord américain.
Cette source, qui a préféré garder l’anonymat, a indiqué que cette réunion, à laquelle participaient également d’anciens chefs révolutionnaires ainsi que des membres des conseils militaires et municipaux, n’a pas révélé les détails des entretiens tenus à Malte ou aux États-Unis.
Quelques semaines auparavant, Abdessalam Zoubi, vice-ministre de la Défense libyen au sein du gouvernement d’union, et Saddam Haftar, vice-commandant de l’armée nationale libyenne, avaient effectué des visites séparées à Washington.
Les tribus et notables de Misrata ont posé des conditions au gouvernement d’union pour accepter tout accord, privilégiant la préparation d’élections et réclamant la tenue rapide d’un référendum constitutionnel suivi d’élections parlementaires et présidentielles.
Cette ville est considérée comme l’une des forces majeures de l’ouest libyen, un acteur politique incontournable pour assurer la stabilité de tout accord relatif à Tripoli.
Les États-Unis ont joué un rôle de médiateur dans la conclusion d’accords entre les deux gouvernements rivaux, notamment sur des questions telles que les dépenses publiques, tout en encourageant la coopération militaire entre les forces du commandement général et celles du gouvernement d’union.
Masad Paul a indiqué qu’il serait possible d’inviter les dirigeants libyens à Washington pour signer un accord final si un consensus était atteint.
Le commandement général a salué l’initiative américaine dans un communiqué publié le 18 juin, exprimant sa disposition à collaborer avec la proposition.
Le Parlement libyen a également soutenu cette initiative, la qualifiant « d’opportunité pour relancer le processus politique », tandis que le président du parti Al-Watan, Abdel Hakim Belhaj, s’est joint à cet appui.
Le Parlement a appelé à une approche positive et a demandé au gouvernement d’union nationale de clarifier sa position et de définir les garanties nécessaires pour assurer le succès de l’initiative.
Cependant, Abdel Hamid Dbeibah, chef du gouvernement d’union nationale provisoire originaire de Misrata, a annoncé dimanche son intention de s’adresser prochainement au peuple libyen.
Il a déclaré qu’il exposerait en détail les différentes initiatives locales et internationales en cours, ainsi que sa vision pour mettre fin à la division et organiser des élections.
Le Premier ministre a affirmé qu’il « ne prendra ni n’imposera aucune décision concernant l’avenir du pays sans la volonté des Libyens », annonçant parallèlement le lancement d’un large dialogue national rassemblant diverses forces politiques et sociales afin d’élaborer une vision commune pour la prochaine étape.
« N’y pensez pas » : comment Misrata menace-t-elle de faire échouer l’initiative Paul sur la Libye ?
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