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Bolivie : heurts violents lors de manifestations massives à La Paz

Des affrontements ont éclaté samedi à La Paz entre forces de l'ordre et manifestants exigeant hausses de salaires et stabilité économique. Au moins 57 arrestations ont été recensées.

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Bolivie : heurts violents lors de manifestations massives à La Paz
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La capitale bolivienne a été le théâtre de violents heurts, samedi, alors que des milliers de manifestants bloquent les accès à la ville depuis deux semaines. Enseignants, travailleurs du transport et populations autochtones, parmi d'autres, réclament une augmentation des salaires et dénoncent la politique économique du président Rodrigo Paz.

Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de disperser la foule, qui empêche l'acheminement de nourriture, de médicaments et d'autres biens vers le siège du gouvernement. Selon l'agence France-Presse, environ 3 500 policiers et militaires étaient déployés dès l'aube.

Le bureau du médiateur, chargé de la défense des droits des citoyens, a fait état d'au moins 57 personnes arrêtées lors de ces opérations.

Une crise économique et politique profonde

Rodrigo Paz, président de centre-droit élu l'an dernier, a mis fin à deux décennies de gouvernance socialiste. Il avait promis de résoudre la pire crise économique que la Bolivie ait connue depuis quarante ans, marquée par une pénurie aiguë de devises étrangères et de carburant.

Pour tenter d'assainir les finances publiques, Paz a supprimé une subvention aux carburants en vigueur depuis vingt ans, mais qui épuisait les réserves en dollars du Trésor. Cette mesure a exacerbé les tensions sociales.

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Le président subit des pressions de toutes parts : les routes menant à la capitale sont bloquées depuis quinze jours, et les prix de certains produits alimentaires ont atteint des niveaux records.

Revendications et opération humanitaire

Outre la hausse des salaires, les manifestants exigent une stabilisation économique, l'arrêt de la privatisation des entreprises publiques et la démission du chef de l'État.

Le porte-parole de la présidence, José Luis Gálvez, a expliqué que l'opération de samedi visait à ouvrir un couloir humanitaire pour permettre l'acheminement de nourriture, de médicaments et d'oxygène vers les hôpitaux de La Paz. Il a signalé que trois personnes étaient décédées ces derniers jours, faute d'avoir pu être soignées à l'hôpital.

L'administration des routes nationales a recensé au moins vingt-deux points de blocage sur le réseau.

Vendredi, le gouvernement a conclu un accord avec les mineurs, qui étaient en grève pour obtenir davantage de carburant et d'explosifs nécessaires à leur travail, ainsi qu'une extension de leurs zones d'activité. Aucun détail supplémentaire n'a été communiqué par le cabinet de Paz.

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