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Crise de corruption secoue Kiev : Zelensky écarte le procureur général

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a écarté hier le procureur général Ruslan Krawtchenko, dans une nouvelle étape de la crise croissante entre son bureau et les agences anti-corruption du pays.

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Crise de corruption secoue Kiev : Zelensky écarte le procureur général
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a éloigné hier (lundi) le procureur général Ruslan Krawtchenko de son poste, dans la dernière évolution d'une crise de corruption et d'affrontements croissants entre le Bureau du procureur général et les agences anti-corruption du pays.

Le décret présidentiel n° 905/2026 prévoit « l'éloignement de Ruslan Andrievitch Krawtchenko de son poste de procureur général », décision intervenue quelques jours après que Krawtchenko eut présenté sa démission, à la suite d'enquêtes concernant des responsables au sein de son propre bureau.

Krawtchenko avait démissionné le 7 septembre, après qu'une enquête menée par les agences anti-corruption ait porté sur des soupçons impliquant des fonctionnaires de son cabinet, dans le cadre d'un schéma de fraude et de blanchiment d'argent lié à des centres d'appels frauduleux. Il a nié toute implication personnelle dans ces irrégularités, qualifiant sa démission d'acte politique visant à éviter que le conflit ne s'aggrave en affrontement politique.

Cette évolution s'est produite au moment où les tensions entre le Bureau du procureur général et les agences ukrainiennes chargées de la lutte contre la corruption, notamment le Bureau national anti-corruption « NABU » et le Bureau du procureur spécialisé anti-corruption « SAPO », s'intensifiaient.

Dans une mesure notable, Krawtchenko a annoncé hier qu'il avait pris des mesures contre le chef du « NABU », Semen Kryvonos, l'accusant de violations, ce que les agences anti-corruption ont nié, affirmant que le directeur du bureau n'avait jamais reçu officiellement de notification de soupçons à son encontre.

Cet affrontement a poussé Zelensky à exiger l'éloignement de Krawtchenko, insistant sur le fait que son maintien en poste n'était plus possible, et appelant le Parlement à approuver rapidement sa destitution. Le président ukrainien avait déjà soumis au Parlement une demande d'autorisation pour mettre fin au mandat du procureur général, tandis que le Parlement a annoncé que le vote sur cette requête est prévu aujourd'hui (mardi).

Les racines de la crise actuelle remontent à l'opération « Carthage » menée par les agences anti-corruption, qui, selon les autorités ukrainiennes, a révélé des soupçons de complicité d'un responsable du Bureau du procureur général dans une activité liée à des centres d'appels frauduleux et au blanchiment d'argent. Les enquêtes indiquent que le schéma impliquait l'acquisition d'argent illégal et des tentatives de blanchiment de ces revenus via des actifs et comptes liés à d'autres personnes.

L'élimination de Krawtchenko intervient alors que le gouvernement ukrainien fait face à une pression croissante pour démontrer l'efficacité des institutions anti-corruption, dans un contexte de guerre persistante et d'efforts de Kiev pour renforcer son chemin vers l'adhésion à l'Union européenne tout en préservant son soutien international.

Les agences anti-corruption indépendantes, notamment « NABU » et « SAPO », constituent une composante essentielle des réformes promises par l'Ukraine, mais leur montée en puissance au cours des dernières années a entraîné de fréquentes tensions avec les institutions étatiques et des hauts responsables.

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