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Signes buccaux discrets révélateurs de maladies graves

Certains signes inhabituels dans la bouche — saignement des gencives, mauvaise haleine persistante, mobilité dentaire ou aphtes non cicatrisants — peuvent signaler des pathologies systémiques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou certains cancers, selon des spécialistes new-yorkais.

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Signes buccaux discrets révélateurs de maladies graves
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Des manifestations apparemment bénignes dans la cavité buccale peuvent refléter des troubles médicaux dépassant largement les dents et les gencives : infections chroniques, diabète, affections cardiovasculaires, voire certains cancers.

Les professionnels de santé soulignent que la bouche constitue une fenêtre privilégiée sur l’état général de l’organisme. Elle abrite des milliards de bactéries et sert de point d’entrée aux aliments, aux boissons et à l’air inspiré. Dans plusieurs cas, les modifications qui s’y manifestent constituent des indices précoces de pathologies plus étendues.

Le Dr Yev Davidov, chirurgien-dentiste généraliste à New York, précise : « La bouche est la seule région du corps où le praticien peut observer simultanément os, tissus mous, vaisseaux sanguins et flore bactérienne, sans recourir à une incision chirurgicale. »

La douleur dentaire, souvent perçue comme le premier signal d’alerte, survient fréquemment en phase avancée. Selon Davidov, elle apparaît généralement après une longue évolution de la carie, initiée par la fermentation des sucres et amidons par la flore buccale, produisant des acides responsables de la déminéralisation de l’émail. Ce processus suit l’accumulation de la plaque dentaire puis sa minéralisation en tartre.

Dans ses stades initiaux, la carie reste asymptomatique. Puis surviennent une hypersensibilité aux boissons froides ou aux aliments sucrés, avant l’apparition de la douleur, signe d’une atteinte du nerf dentaire. Le Dr Kamy Hoss, spécialiste en orthodontie, met en garde contre l’interprétation erronée de la disparition de la douleur : celle-ci peut traduire une nécrose du nerf, tandis que l’infection progresse activement.

Une carie non traitée peut provoquer un abcès. L’infection risque alors de s’étendre à l’os alvéolaire, aux sinus maxillaires et aux tissus adjacents. Des études associent également les pathologies dentaires et parodontales non prises en charge à diverses affections systémiques, notamment via l’inflammation chronique et la dissémination bactérienne.

Le saignement et le gonflement gingivaux récurrents ne sont pas normaux. Ils peuvent indiquer une gingivite ou une parodontite. Hoss insiste : « Les gencives ne sont pas sensibles, elles sont inflammatoires », ajoutant que tout saignement persistant sur plusieurs semaines exige une évaluation clinique.

Lorsque la maladie évolue, les bactéries pénètrent sous la ligne gingivale, entraînant une inflammation et une résorption osseuse soutenant les dents, pouvant aboutir à leur perte. La parodontite est corrélée à des pathologies telles que les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux et le diabète.

Dans de rares situations, un saignement gingival inhabituel — surtout s’il s’accompagne d’ecchymoses, de fatigue intense ou de fièvre — peut révéler un trouble de la coagulation ou une affection hématologique comme la leucémie, nécessitant une investigation médicale approfondie.

La mobilité d’une dent chez un adulte ne doit jamais être négligée. Davidov explique que chaque dent est ancrée dans l’os alvéolaire par des ligaments parodontaux. Une mobilité dentaire suggère donc un dommage osseux ou une altération des tissus de soutien. La cause la plus fréquente est une parodontite avancée ; le bruxisme nocturne peut aussi y contribuer.

Dans des cas exceptionnels, la mobilité isolée d’une dent, sans cause apparente, peut correspondre à la présence d’une tumeur ou d’un kyste au niveau de la mâchoire, justifiant des examens d’imagerie et un diagnostic spécialisé.

La mauvaise haleine persistante — halitose — et le goût désagréable constant ne sont pas toujours liés à l’hygiène dentaire. Si certains aliments comme l’ail ou le poisson provoquent une haleine temporaire, sa persistance malgré un brossage rigoureux impose une investigation. Certaines bactéries, localisées sous la gencive ou sur la langue, produisent des composés sulfurés volatils responsables de l’odeur. Le xérostomie — sécheresse buccale — est une cause fréquemment sous-estimée.

Hoss rappelle que la salive neutralise les acides et élimine les micro-organismes. Son hyposecrétion, induite par certains médicaments, par une respiration buccale chronique ou par l’usage de bains de bouche alcoolisés, aggrave les déséquilibres buccaux. Un goût persistant amer ou métallique peut aussi s’associer à des syndromes comme celui de Sjögren ou à des dysfonctionnements rénaux.

Les aphtes buccaux disparaissent habituellement spontanément. En revanche, toute lésion — ulcère, masse ou plaque blanche ou rouge — qui ne cicatrise pas dans un délai de quatorze jours requiert un examen clinique. Davidov précise que ces anomalies peuvent, dans certains cas, constituer un signe précoce de cancer buccal, particulièrement lorsqu’elles siègent sur la langue.

Ce type de cancer est associé à des facteurs de risque bien identifiés : tabagisme, consommation excessive d’alcool et infection par certains génotypes du virus du papillome humain (VPH). Des aphtes récidivants peuvent aussi traduire une carence en fer ou en acide folique, ou être liés à des pathologies auto-immunes.

La prévention repose sur des gestes simples : brossage dentaire deux fois par jour avec un dentifrice fluoré, utilisation quotidienne du fil dentaire, abstention totale du tabac, hydratation suffisante et consultations régulières pour des examens cliniques et des nettoyages professionnels. Les personnes ayant déjà présenté une parodontite peuvent nécessiter des visites plus fréquentes, adaptées à leur situation clinique.

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