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Division au sommet du pouvoir iranien secouée par un conflit interne majeur

Un désaccord profond divise les cercles dirigeants iraniens, opposant factions militaires et diplomatiques sur la conduite de la guerre et les relations avec Washington.

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Division au sommet du pouvoir iranien secouée par un conflit interne majeur
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Les messages contradictoires émanant de Téhéran et Washington ces dernières heures révèlent l’intensification des tensions au sein de l’élite dirigeante iranienne chargée de la gestion du conflit.

Le président américain Donald Trump a évoqué des contacts entre négociateurs américains et responsables iraniens, alors que des options pour des frappes plus larges sont à l’étude. Le gouvernement américain maintient ouvertes les voies de communication malgré la septième nuit consécutive d’attaques.

Des sources iraniennes opposées ont indiqué à "Iram News" que le désaccord s’est élargi entre le bureau du guide suprême Mojtaba Khamenei, un pôle diplomatique dirigé par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, et un pôle militaire comprenant le commandement du QG Khatam al-Anbiya, la force Qods et la force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution.

Ces sources précisent que les tensions portent sur des divergences d’évaluation concernant les pertes, le déroulement du conflit et la nature des messages transmis à Washington.

Trois fronts au cœur du pouvoir

Selon ces informations, Abbas Araghchi réclame l’établissement d’un canal politique unique pour transmettre la position iranienne aux intermédiaires, tandis que le commandement du Corps des Gardiens continue de fournir au bureau de Khamenei des évaluations distinctes sur les ripostes militaires et les fronts régionaux.

Le bureau de Mojtaba Khamenei aurait reçu des rapports contradictoires émanant du ministère des Affaires étrangères, du QG Khatam al-Anbiya, de la force Qods et de la force aérospatiale.

Le conflit au sommet du pouvoir se concentre sur trois questions : qui doit transmettre la position iranienne à Washington, qui fixe le plafond des opérations militaires, et qui assume la responsabilité des pertes et des décisions précédant l’élargissement des frappes.

Par ailleurs, des échanges ont eu lieu entre le bureau du président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale Mohammad Baqer Zolghadr afin d’empêcher que les commandants sur le terrain ne contrôlent entièrement les messages de Téhéran.

Le politicien conservateur Saïd Jalili et ses proches au sein du Conseil ont contesté la délégation exclusive à Qalibaf ou au ministère des Affaires étrangères de la communication avec les Américains, exigeant l’implication du commandement du Corps des Gardiens dans la définition du contenu des messages.

Le désaccord au sein du Corps des Gardiens s’est transformé en une lutte d’influence autour du coût du maintien de la pression militaire. Des cercles proches d’Ahmad Vahidi et du vice-commandant de la force Qods Mohammad Reza Fallahzadeh militent pour la poursuite de l’escalade des frappes de missiles et des fronts régionaux.

En revanche, des responsables du QG Khatam al-Anbiya appellent à une gestion des opérations en fonction de la capacité de l’Iran à absorber les frappes et à protéger ses infrastructures militaires.

Une guerre des responsabilités au sommet du régime

Le nom du commandant du QG Khatam al-Anbiya, Ali Abdollahian, est revenu dans les discussions visant à unifier les évaluations militaires adressées à Mojtaba Khamenei.

Le chef de la force aérospatiale, Majid Mousavi, défend la poursuite de la pression par missiles et drones, malgré des critiques politiques sur l’efficacité des opérations répétées pour empêcher Washington d’élargir ses frappes.

Selon les sources, le "combat des aiguilles" dépasse désormais les contacts avec Washington, alors que des personnalités du Parlement, du Corps des Gardiens et du Conseil suprême de sécurité nationale rassemblent des dossiers sur les évaluations des dégâts militaires, la gestion du détroit d’Ormuz, la protection des installations du sud et la fuite d’informations sur les frappes américaines.

Ce conflit de responsabilité pousse chaque faction à consolider sa version des faits avant toute révision interne. Les conservateurs imputent au gouvernement et à l’équipe de négociation la confusion dans la prise de décision, tandis que des proches de Qalibaf et Araghchi accusent les centres militaires d’avoir étendu le conflit sans évaluer la capacité des institutions d’État à supporter les frappes.

Des figures religieuses au sein du Conseil des experts du leadership et du conseil d’administration des séminaires de Qom ont exprimé des réserves quant au transfert du poids décisionnel vers le commandement militaire. Les noms d’Ali Reza Arafi et Ahmad Khatami circulent parmi ceux qui réclament de préserver le rôle de l’institution religieuse et d’empêcher que le bureau de Khamenei devienne un canal pour adopter les évaluations du Corps des Gardiens.

Crise de direction

Les critiques ciblent le cercle qui contrôle l’accès des rapports à Mojtaba Khamenei et la manière dont sont organisées les informations sur les pertes, les contacts extérieurs et les options militaires, ce qui intensifie la rivalité sur l’entité qui formule la décision avant de la soumettre au "guide absent".

Les sources concluent que ce conflit ouvre une confrontation menaçant la cohésion du sommet du régime, avec des factions du pouvoir qui s’échangent la responsabilité des pertes, des infiltrations et des décisions ayant précédé l’élargissement des frappes américaines.

De son côté, Mehdi Aghabayi, membre du Conseil national de la résistance iranienne, a affirmé que l’absence d’Ali Khamenei a supprimé le centre d’arbitrage qui régulait les différends entre les institutions du régime et tranchait les rivalités au sein du sommet du pouvoir, laissant les conflits latents s’exacerber après la guerre et intensifiant les accusations entre factions.

Dans un entretien accordé à "Iram News", Aghabayi a indiqué que le conflit a laissé des séquelles politiques et sécuritaires profondes dans la structure du régime, poussant les institutions rivales à une lutte plus intense pour leurs positions. Il a souligné que les tensions actuelles reflètent une crise au sommet du pouvoir, due à l’incapacité de la nouvelle direction à combler le vide laissé par Khamenei.

Il a estimé que la tentative de Mojtaba Khamenei de combler ce vide n’a pas encore assuré une transition stable du pouvoir, avec un conflit persistant sur sa légitimité et sa capacité à gérer les équilibres entre les séminaires religieux, le Corps des Gardiens et les factions du pouvoir. Il a affirmé que le régime est entré dans une phase d’érosion interne, alors que les mécanismes d’exclusion et d’accusation commencent à se retourner contre les acteurs qui ont participé à sa construction.

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