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La mise en œuvre de drones iraniens suicidaires de type “Hidj 110”, capables de frapper des cibles protégées, a été confirmée par le dispositif anti-terrorisme du Kurdistan irakien. Ces drones, équipés d'un moteur turbojet, sont conçus pour une attaque rapide et discrète.

Le dispositif anti-terrorisme du Kurdistan irakien a déclaré que deux drones iraniens explosifs de type Hidj 110 avaient visé le bureau du chef du gouvernement régional, Masrour Barzani, ainsi que le siège de la agence Barastan à Erbil, sans faire de victimes.
L'Iran a révélé les détails de son nouveau drone suicidaire, l'Hidj 110, également connu sous le nom de Dalaho, fonctionnant avec un moteur turbojet, quelques mois avant le début de la guerre en juin 2025.
Selon les informations publiées alors sur des sites affiliés au Corps des gardiens de la révolution, ce drone a été conçu pour frapper des cibles protégées, en combinant une vitesse élevée et une signature radar réduite afin de limiter le temps disponible aux défenses aériennes avant son arrivée.
Les détails du drone ont été rendus publics pour la première fois le 12 février 2025, lorsque l'agence Daneshju, rattachée au Corps des gardiens de la révolution, a publié des photos de celui-ci, le présentant comme un accomplissement du ministère de la Défense destiné à mener des attaques à sens unique.
Les images montraient un tir d'essai depuis un sous-marin non habité, indiquant sa capacité à être lancé depuis des plateformes maritimes. Le Corps des gardiens de la révolution n'a pas annoncé son déploiement opérationnel ni effectué de lancement similaire lors d'une mission combattante.
L'Hidj 110 a ensuite été exposé au salon Eqtedar 1403, visité en janvier 2025 par l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, sans toutefois révéler ses spécifications techniques.
Par la suite, l'Iran a affirmé que la version la plus récente pouvait voler plus vite et à une altitude plus basse, tout en réduisant encore sa signature radar. Toutefois, elle n'a pas divulgué les caractéristiques du modèle initial, empêchant toute estimation précise des améliorations apportées.
L'Hidj 110 repose sur un petit moteur turbojet, contrairement aux moteurs à pistons et aux hélices qui propulsent la plupart des drones suicidaires iraniens. Cette transition lui confère une vitesse plus élevée, mais entraîne une consommation accrue de carburant et une portée plus courte, selon les informations diffusées par les médias du Corps des gardiens de la révolution.
Le lancement commence par un propulseur à carburant solide qui porte le drone à la vitesse et à l'altitude nécessaires, puis le moteur turbojet prend le relais jusqu'à la cible. Cela élimine la nécessité d'une piste et permet un déploiement depuis des lanceurs mobiles terrestres.
La vitesse de croisière annoncée est de 510 kilomètres par heure, tandis que la vitesse maximale atteint environ 517 kilomètres. La portée opérationnelle s'élève à 350 kilomètres, avec un temps de vol proche d'une heure. L'altitude maximale de vol atteint environ 30 000 pieds, soit 9 000 mètres. Le drone transporte une charge militaire pesant près de 30 kilogrammes, adaptée à l'impact sur une cible ponctuelle plutôt qu'à une destruction massive.
Cette comparaison avec le Shahed 136 illustre la nature du changement. La vitesse du Shahed équipé d'un moteur à piston est d'environ 185 kilomètres par heure, mais il peut parcourir des distances plus longues grâce à sa consommation moindre de carburant.
Un ancien article du journal Hemshahri a indiqué que le moteur était moins bruyant, sans toutefois fournir de mesure ou comparaison avec le moteur du Shahed 136. Cette caractéristique reste difficile à évaluer, faute de données sur le type de turbojet, sa puissance et sa consommation. L'Hidj 110 est donc adapté à des frappes rapides sur des cibles proches, tandis que le Shahed 136 convient mieux aux missions lointaines où le coût et la durée de vol sont plus importants que la vitesse.
Le fuselage adopte une forme de delta intégrée, avec des lignes inclinées et des surfaces multiangulaires. Ce design dévie les ondes radar loin de leur source, réduisant ainsi l'énergie renvoyée et rendant plus difficile la détection d'un objet petit à distance.
Les entrées d'air sont placées en haut du fuselage pour minimiser la visibilité aux radars terrestres. Le conduit interne présente une forme incurvée qui cache les pales du moteur, l'une des parties les plus réfléchissantes en matière radar. Le Corps des gardiens de la révolution affirme que la surface externe du fuselage est recouverte d'un matériau absorbant une partie des ondes. Toutefois, aucune mesure de la section radar ou de résultats d'essais prouvant l'efficacité du fuselage et du revêtement face à un radar opérationnel n'a été publiée.
Ainsi, on ne peut pas considérer l'Hidj 110 comme invisible. Il est conçu pour être moins visible, retardant ainsi sa détection, puis utilisant sa grande vitesse pour réduire le délai entre la détection et l'impact. L'Iran a annoncé la capacité de cette version à voler à basse altitude.
Cet itinéraire vise à réduire sa détection par les radars terrestres, mais l'altitude minimale, sa vitesse à ce niveau et sa capacité à contourner les obstacles n'ont pas été précisées.
Le drone utilise un pilote automatique combinant la navigation inertielle et le positionnement par satellite. Les coordonnées de la cible et le trajet sont saisies via une tablette avant le lancement, puis l'Hidj 110 exécute sa mission de manière autonome.
Le journal Hemshahri a mentionné la possibilité d'équiper le drone d'un guidage optique, mais n'a pas précisé le type de capteur ni la méthode de transmission de l'image. La force opératrice n'a pas communiqué la précision de frappe ni la capacité du système de navigation à résister au brouillage électronique. Il reste également incertain si les coordonnées peuvent être mises à jour après le lancement ou si le drone peut rechercher une cible mobile. L'absence de ces détails suggère que la mission décrite se limite à frapper une cible fixe préconnue.
La liste des cibles annoncées inclut les radars, les centres de commandement, les entrepôts d'armes et les infrastructures sensibles. Le poids de la charge utile et le choix du système de propulsion orientent l'Hidj 110 vers des cibles nécessitant une arrivée rapide et une précision d'impact.
Son rôle devient évident lorsqu'il est lancé dans une attaque synchronisée comprenant des missiles balistiques, des drones roulants et des drones lents. La différence de vitesses et de trajectoires oblige les défenses à suivre plusieurs cibles simultanément, forçant la répartition des radars et des missiles antibalistiques face à des menaces arrivant à des moments différents.
Le drone a été testé lors des exercices Sahand, auxquels ont participé dix pays membres de l'Organisation de coopération de Shanghai. Le Corps des gardiens de la révolution a également annoncé son utilisation pour la première fois en mars 2026 lors de l'opération Al-Wada al-Sadiq 4, en réponse aux attaques du 28 février. Toutefois, l'Iran n'a présenté aucune cible touchée par le drone, aucun enregistrement d'interception, ni aucun résultat mesurable permettant d'évaluer son efficacité au combat.
Les dimensions, le poids total, la quantité de carburant, le coût de production et la taille du stock restent inconnus. La valeur réelle de l'Hidj 110 demeure suspendue à ces questions. Bien que le moteur turbojet et le fuselage angulaire représentent une évolution nette par rapport aux drones iraniens lents, l'efficacité réelle contre une défense aérienne multicouche ne peut être prouvée par le seul design, mais par des résultats documentés au combat.



