Monde
Irak : arrestations de plusieurs politiques dans la Zone verte pour corruption
Les forces de sécurité irakiennes ont lancé une opération dans la Zone verte pour interpeller des responsables politiques accusés de corruption, selon une source sécuritaire.

Dimanche, une source sécuritaire irakienne a indiqué que les forces de sécurité mènent une opération dans la Zone verte visant à arrêter plusieurs hommes politiques accusés de corruption.
Parmi les personnes interpellées figurent le président de la coalition "Al-Azm", Muthanna Al-Samarrai, ainsi que les députés Mohammed Al-Karbouli et Ziyad Al-Janabi, a précisé cette source à "Al-Sharq".
Ces arrestations font suite à des décisions judiciaires ayant levé l’immunité parlementaire des députés concernés, a ajouté la même source.
Les opérations, conduites par l’Unité de lutte contre le terrorisme, se poursuivent toujours, avec un déploiement sécuritaire important incluant des chars dans la Zone verte.
Jeudi, la police irakienne a rapporté que quatre roquettes ont été tirées depuis l’est de Bagdad, tombant à proximité de la Zone verte, où se trouvent des bâtiments gouvernementaux et des missions étrangères. Aucun blessé n’a été signalé et aucune organisation n’a revendiqué l’attaque.
Un incident similaire survenu mercredi avait fait sept blessés parmi les forces de sécurité dans la Zone verte, lors d’un bombardement à l’aide de roquettes de type "Katyusha". Ce tir coïncidait avec des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants aux abords de la Zone verte, au moment où le Parlement irakien tenait une séance pour renouveler sa confiance au président de l’Assemblée, Mohammed Al-Halbousi, et rejeter sa démission.
Mercredi également, le Premier ministre irakien Mustafa Al-Kazimi a ordonné aux forces de sécurité de poursuivre et d’arrêter les auteurs de l’attaque à la roquette sur la Zone verte, tout en renouvelant son appel au dialogue.
Dans un communiqué, Al-Kazimi a insisté sur "l’obligation des forces de sécurité de protéger les institutions de l’État, les biens publics et privés, ainsi que les manifestants pacifiques". Il a invité ces derniers à respecter la non-violence et les consignes des forces de sécurité concernant les lieux de rassemblement.
Il a également estimé que "la situation sécuritaire actuelle reflète la situation politique" et a réitéré son appel "au dialogue entre toutes les forces impliquées dans la sphère politique afin de sortir de la crise actuelle, soutenir l’État et ses institutions dans leurs missions, et épargner aux citoyens les conséquences des conflits politiques".
La Zone verte a été la cible d’attaques répétées ces dernières années, généralement dirigées contre des cibles occidentales et menées par des factions soutenues par l’Iran.
Ces derniers mois, ce type d’attaques est devenu rare. Le bombardement de mercredi s’est produit en parallèle d’un vote parlementaire rejetant la démission du président de l’Assemblée, Mohammed Al-Halbousi.
Depuis les élections législatives d’octobre 2021, l’Irak traverse une crise politique majeure, les principaux courants politiques étant incapables de s’entendre sur un candidat au poste de Premier ministre et sur la procédure de nomination.
La dernière session parlementaire s’est tenue le 23 juillet. Quelques jours plus tard, des manifestants, majoritairement partisans du religieux chiite Moqtada Al-Sadr, ont pris d’assaut le bâtiment du Parlement.
La tension a culminé fin août avec des affrontements entre les partisans d’Al-Sadr et des membres de l’armée et des forces du Hachd al-Chaabi, une coalition de factions pro-iraniennes intégrées aux institutions étatiques et opposées politiquement au courant sadristes. Plus de 30 partisans du mouvement sadristes ont été tués lors de ces violences.
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