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L'Iran au bord de l'effondrement ! Se soumettra-t-elle à Washington ou poursuivra-t-elle la confrontation ?

L'Iran fait face à une crise économique et militaire croissante sous la pression américaine, sans pour autant montrer de signes de capitulation. Les divisions au sein de sa direction s'accentuent sur la stratégie à adopter.

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L'Iran au bord de l'effondrement ! Se soumettra-t-elle à Washington ou poursuivra-t-elle la confrontation ?
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La République islamique fait face à un test difficile alors que les pressions économiques et militaires américaines s'intensifient, alors que les signes d'une détérioration importante de l'économie iranienne après la guerre se multiplient, sans que la direction de Téhéran ait encore accepté les exigences américaines.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a déclaré que mettre fin à la guerre pourrait être le meilleur choix actuellement, tant que l'Iran reste dans une position de « force et de dignité », tandis que le président du parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a mis en garde contre le risque que la pression économique continue menace la capacité du pays à tenir, soulignant que la puissance militaire seule ne suffit plus face au recul de la production, de la croissance et à la détérioration des conditions de vie.

Selon des experts, ces déclarations reflètent une prise de conscience croissante au sein de la direction iranienne de la difficulté de maintenir le statu quo actuel, mais cela ne signifie pas nécessairement que Téhéran soit prêt à faire de grands sacrifices lors de négociations avec Washington, selon Iran International.

Pression économique croissante

Les calculs iraniens interviennent alors que les États-Unis préparent une intensification de leur guerre économique contre Téhéran. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent s'est engagé à imposer ce qu'il a qualifié de « sanctions les plus sévères de l'histoire », tout en maintenant le blocus maritime qui entrave le commerce iranien.

L'Iran traverse cette crise dans un contexte économique déjà affecté par l'inflation et la baisse de la valeur de la monnaie. Selon les données officielles, le taux d'inflation annuelle en juillet a atteint environ 66 %, tandis que les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 128 % par rapport à l'année précédente.

Raz Zimt, directeur du programme de recherche sur l'Iran et l'axe chiite à l'Institut pour les études de sécurité nationale israélien, estime que ces pressions ont pu pousser certains responsables iraniens à réévaluer la capacité du pays à supporter la guerre, mais cela ne signifie pas qu'il existe un consensus à Téhéran en faveur d'une résolution.

Il souligne que la direction iranienne pourrait se trouver confrontée à deux options difficiles : soit assumer les risques d'une poursuite de la guerre et de son escalade, soit faire des concessions qu'elle considérerait comme une capitulation totale vis-à-vis des États-Unis.

D'après lui, la probabilité que l'Iran accepte des conditions jugées humiliantes ou menaçant la survie du régime reste faible, notamment en raison de la conviction de certaines factions dirigeantes que Washington et Tel Aviv n'ont pas réussi à forcer Téhéran à faire des concessions fondamentales malgré les pressions militaires et économiques.

La crise de confiance entrave les chances de résolution

Les calculs de Téhéran ne se limitent pas aux pressions actuelles, mais s'étendent à ce qui pourrait arriver après tout accord. La direction iranienne craint, selon l'analyse, de faire des concessions stratégiques, comme assouplir sa mainmise sur le détroit d’Ormuz, en échange d’un cessez-le-feu qui pourrait ne pas être durable.

Ces inquiétudes s’accentuent face à des déclarations américaines qui évoquent explicitement la possibilité d’écrouler le régime iranien par la pression économique. Bessent a affirmé que l’alliance entre sanctions et blocus pourrait mener à « l’effondrement de ce régime », tout en insistant sur le fait que le succès de la pression économique pourrait réduire la nécessité d’une nouvelle campagne militaire vaste.

Téhéran voit dans ces déclarations une preuve que l’objectif de Washington pourrait aller au-delà de forcer l’Iran à faire des concessions spécifiques, pour viser plutôt à affaiblir le système lui-même, ce qui pourrait inciter les courants les plus radicaux à rejeter toute solution perçue comme offrant aux États-Unis une opportunité de continuer la pression après la fin des combats.

Par ailleurs, l’expérience du retrait américain de l’accord nucléaire pendant la première présidence de Donald Trump plane sur les calculs actuels. À l’époque, l’Iran avait adopté une politique de « patience stratégique », avant de passer progressivement à des mesures plus agressives à mesure que les dommages économiques s’aggravaient, y compris l’attaque contre des navires dans le Golfe et le shoot-down d’un drone américain.

Le détroit d’Ormuz, levier de pression iranien

Le détroit d’Ormuz représente l’un des principaux éléments de force dont Téhéran dispose encore pour contrer la pression américaine. Après des décennies de menace d’interdiction du passage, l’Iran a pu, durant la guerre, perturber gravement la navigation maritime.

Selon les données de l’entreprise Kepler, seulement sept navires commerciaux ont traversé le détroit jeudi, contre plus de 130 par jour avant l’explosion du conflit.

Zimt estime que la direction iranienne pourrait voir dans cette situation une opportunité d’utiliser le détroit comme levier de négociation, en causant des dommages économiques aux pays régionaux et à l’économie mondiale avant d’engager des négociations sérieuses.

Ainsi, l’option iranienne pourrait ne pas être une soumission immédiate aux pressions, mais plutôt une montée en intensité de l’escalade afin d’améliorer ses conditions de négociation ultérieurement.

Ce scénario met en garde contre le risque que l’intensification des pressions américaines entraîne une réaction inverse : pousser Téhéran à adopter des mesures encore plus strictes plutôt que de faire des concessions.

En fin de compte, la question centrale demeure : les pressions économiques et militaires pousseront-elles l’Iran à chercher une solution, ou convaincront-elles sa direction que l’escalade est la meilleure voie pour améliorer sa position avant de revenir à la table des négociations ? Pour l’instant, aucun signe clair ne laisse penser que Téhéran a tranché en faveur de l’une ou l’autre option.

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