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Journée décisive sur le plan économique : Trump déplace la guerre contre l'Iran vers la Chine et la Russie
La stratégie d'isolement économique de Donald Trump visant l'Iran entre une phase plus dangereuse, avec des menaces étendues aux pays et entreprises qui traitent avec Téhéran. L'efficacité dépend désormais de la capacité des États-Unis à bloquer les voies commerciales chinoises et russes pour l'Iran.

La stratégie du président américain Donald Trump visant à isoler économiquement l'Iran est entrée dans une phase plus dangereuse, après que Washington soit passé de cibler directement l'économie iranienne à menacer de sanctionner les pays, entreprises et institutions financières qui continuent de traiter avec Téhéran.
Un rapport de Le Figaro français indique que le succès de cette stratégie reste tributaire de la capacité des États-Unis à fermer les portes chinoises et russes à l'économie iranienne.
Selon le rapport, après environ six mois de confrontation sans issue avec Téhéran, Trump mise sur ce qu'il qualifie d'opération d'isolement économique la plus sévère jamais menée contre un État, en combinant blocus, sanctions et pression accrue sur les pays qui offrent à l'Iran un «filet de sécurité» économique.
Trump avait annoncé le 19 août des mesures visant à isoler l'Iran, avertissant des «conséquences économiques énormes» pour tout pays permettant à ses institutions financières, entreprises ou autorités publiques de soutenir Téhéran. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, est allé encore plus loin en évoquant une vaste opération d'isolement économique visant, à terme, à renverser le régime iranien.
Pétrole sous blocus
Le Figaro souligne que Washington a imposé, depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, un blocus sur les ports et navires iraniens, suspendu temporairement avant d'être repris le 13 juillet.
Les effets de ce blocus se sont clairement manifestés sur les exportations pétrolières iraniennes : selon la société d'analyse des données Kpler, les exportations de brut iraniennes ont chuté en août à environ 294 000 barils par jour, contre près de 1,7 million par jour en 2025.
Cela s'accompagne de sanctions ciblant les revenus pétroliers, les services logistiques maritimes, les réseaux financiers et les chaînes de financement et d'armement de l'Iran, dans une tentative de dessécher les ressources qui permettent à Téhéran de poursuivre son affrontement.
Cependant, le journal estime que le principal problème pour Washington réside dans le fait que les États-Unis n'ont plus l'ascendant économique qui donnait autrefois à leurs sanctions un effet quasi automatique à l'échelle mondiale.
Chine : le nœud le plus difficile
Le rapport place la Chine au cœur de l'épreuve que doit affronter la stratégie de Trump, car Pékin reste le partenaire pétrolier le plus important de l'Iran et l'une des principales sources de devises étrangères pour Téhéran.
La Chine a acheté plus de 80 % du pétrole iranien exporté l'an dernier, profitant d'un réseau comprenant des entreprises intermédiaires, des banques, des raffineries indépendantes et des navires liés à ce qu'on appelle le «flottille de l'ombre», permettant de dissocier une partie du commerce iranien du système financier occidental.
En retour, Pékin obtient le pétrole iranien à des prix réduits, rendant son abandon un choix économique et politique coûteux.
Bessent a tenté de pousser la Chine à rejoindre la campagne américaine, soulignant que Pékin obtient environ la moitié de ses besoins énergétiques de la région du Golfe, donc que la stabilité du flux énergétique lui convient. Mais la position chinoise s'est avérée opposée : le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Lin Jian, a affirmé que les sanctions et les pressions n'aident pas à résoudre le problème.
Ici, selon le journal, se pose le dilemme de Washington : si l'administration américaine peut augmenter les risques liés au commerce pétrolier iranien, imposer des sanctions aux entreprises chinoises impliquées, voire menacer d'exclure les institutions qui traitent avec l'Iran de l'accès au marché américain, étendre ces sanctions augmente aussi les probabilités d'une confrontation économique directe avec la deuxième économie mondiale.
Moscou et Téhéran : expérience commune face aux sanctions
La Russie ne semble pas moins importante dans les calculs américains d'isolement. L'Iran, qui vit sous diverses formes de sanctions économiques depuis la révolution de 1979, a, au fil des décennies, construit des réseaux et mécanismes lui permettant de contourner les restrictions occidentales.
Cette expertise s'est croisée avec celle de la Russie, elle-même confrontée à des sanctions occidentales étendues depuis la guerre en Ukraine en 2022 ; ce qui, selon Le Figaro, a créé des intérêts communs entre Moscou et Téhéran.
Ce rapprochement est renforcé par la signature d'un accord de partenariat stratégique entre les deux pays en 2025, ainsi que par leur coopération militaire et technologique.
Cela ne signifie pas que la Chine et la Russie sont prêtes à accorder à l'Iran un soutien illimité ou à s'engager militairement directement aux côtés d'Elles, mais cela rend l'objectif américain d'isoler complètement Téhéran bien plus complexe.
Économie iranienne sous pression
Le renforcement du blocus intervient alors que l'économie iranienne souffre déjà des conséquences de la guerre, des sanctions et de la perturbation du commerce extérieur.
Selon les chiffres cités par Le Figaro, l'inflation approche les 70 %, tandis que la pouvoir d'achat des Iraniens diminue et que les pressions sur les exportations et l'infrastructure commerciale s'intensifient.
Washington compte sur le fait que la combinaison de la réduction des recettes pétrolières, de la compression des réseaux de financement et de la fermeture des voies commerciales extérieures placera Téhéran devant un niveau de pression difficile à supporter durablement.
Mais la capacité accumulée par l'Iran à contourner les sanctions, ainsi que la persistance de ses canaux économiques avec la Chine et la Russie, rendent le résultat de ce pari incertain.
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