Monde
La médiation pakistanaise pour sauver l'accord entre Téhéran et Washington menacé
Face à la menace de rupture, le Pakistan prépare un addendum pour prolonger l'accord de coopération signé entre l'Iran et les États-Unis.

Des sources diplomatiques proches des négociations entre Washington et Téhéran ont révélé que le Pakistan prépare un addendum exécutif à l'accord signé entre les deux pays à la mi-juin, menacé d'expiration. Cette initiative intervient après la décision du président américain Donald Trump, qui a annoncé il y a quelques jours la fin de l'application de cet accord à la suite des attaques du Corps des Gardiens de la Révolution iranien contre des navires commerciaux dans le détroit d'Hormuz.
Les mêmes sources ont indiqué à "Iram News" que cet addendum vise à clarifier certains points ambigus de l'accord initial, points qui ont été exploités par l'Iran à plusieurs reprises dans le cadre des négociations. Ce travail d'explicitation est jugé nécessaire pour éviter que les intérêts d'une partie ne prennent le pas sur ceux de l'autre.
Parallèlement, les discussions diplomatiques s'intensifient en vue d'une reprise des négociations entre les États-Unis et l'Iran en Suisse dans les prochains jours, avec l'objectif de parvenir à un accord de paix durable d'ici la mi-août.
Le Pakistan et le Qatar relancent leur médiation, notamment à travers une visite de médiateurs qataris à Téhéran. Le Premier ministre pakistanais a confirmé la volonté de son pays de poursuivre cette médiation avec intégrité et sincérité pour assurer une paix durable dans la région. Le prince héritier du Qatar et le Premier ministre pakistanais ont souligné l'importance de recourir à la diplomatie pour réduire les tensions et garantir la sécurité des voies maritimes, conditions jugées indispensables à la stabilité régionale.
Cette médiation a été mise à mal lorsque l'Iran a mené des attaques contre des navires traversant le détroit d'Hormuz, notamment une attaque contre un méthanier qatari. De plus, Téhéran a ignoré le canal de communication établi lors des réunions de Doha il y a deux semaines, suspendant toute interaction avec Islamabad, notamment au sujet des préparatifs des sessions politiques et techniques prévues dans le cadre de l'accord.
Un diplomate impliqué dans la médiation a précisé que le Pakistan, en coordination avec le Qatar et avec l'accord de Washington et Téhéran, travaille à intégrer dans cet addendum les points en suspens de l'accord, ainsi qu'à définir un calendrier pour les prochaines réunions de négociation.
Selon ce diplomate, Islamabad s'appuie sur les échanges tenus lors de la préparation de l'accord initial avec les négociateurs américains et iraniens, ainsi que sur les contacts établis lors de la médiation qatarie à Doha dans ses phases avancées. L'objectif est d'éviter la rupture de l'accord en clarifiant certains articles nécessitant davantage de précisions.
Le Pakistan prévoit de soumettre ce document explicatif à Washington et Téhéran, dans l'attente de leur approbation, afin de permettre la poursuite des discussions dans un cadre rigoureux.
Parmi les objectifs majeurs de cet addendum figure la définition précise de corridors sécurisés dans le détroit d'Hormuz, interdisant toute entrave aux négociations, même sous forme de menaces. Il est également prévu d'exclure toute initiative iranienne visant à créer une autorité pour percevoir des taxes sur le passage maritime, comme évoqué dans les échanges entre Téhéran et Mascate.
Ce document vise aussi à relancer la mise en œuvre des accords sur le déblocage des fonds gelés de l'Iran, un volet sur lequel le Pakistan avait travaillé avant la signature de l'accord, et qui avait été validé par les deux parties. Ces mesures sont liées aux réunions techniques sur le programme nucléaire iranien, qui avaient été associées à la suspension des sanctions.
Le diplomate a ajouté que les bases des négociations techniques reposent sur le maintien du détroit comme voie sûre, sans menace d’instauration d’une autorité militaire iranienne rattachée au Corps des Gardiens de la Révolution, chargée de taxer ou d’interdire le passage par la force.
En parallèle, la relance des négociations entre Washington et Téhéran est confrontée à un nouvel obstacle : des rapports médiatiques affirment que les États-Unis disposent d’informations fournies par Israël, selon lesquelles l’Iran aurait récemment élaboré un plan visant à assassiner Donald Trump.
Donald Trump a menacé l’Iran de destruction totale en cas de tentative d’assassinat, affirmant avoir donné un ordre ouvert à l’armée américaine. Sur sa plateforme "Truth Social", il a écrit : "Il y a 1000 missiles guidés pointés sur l’Iran, suivis immédiatement de milliers d’autres, si le gouvernement iranien exécute sa menace mondiale d’assassinat ou de tentative d’assassinat du président américain actuel, c’est-à-dire moi !".
Ahmed Ali, spécialiste des questions américaines, a déclaré à "Iram News" que les informations récentes fournies à Trump par Israël sur un projet iranien d’assassinat le pousseront à envisager une escalade, estimant que les négociations avec Téhéran ne sont plus efficaces.
Il a ajouté que la connaissance par Trump de ces menaces affectera davantage la validité de l’accord, qui est désormais suspendu et nécessite une revitalisation pour que les négociations puissent reprendre dans un cadre normalisé et structuré.
Selon lui, l’accord est devenu "déchiré" et inadapté à toute négociation, l’Iran l’ayant utilisé pour se repositionner, tandis que Trump avait tenté de miser sur cet accord pour garantir la sécurité du passage dans le détroit jusqu’aux élections de mi-mandat du Congrès, puis préparer une nouvelle phase de négociations.
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