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Le Baloutchistan : un cauchemar sécuritaire qui hante l'Iran et le Pakistan

L'Émirat du Baloutchistan se transforme en faiblesse sécuritaire pour l'Iran et le Pakistan, selon des rapports récents d'instituts israéliens. Les tensions croissantes et la méfiance entre les deux pays aggravent la situation.

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Le Baloutchistan : un cauchemar sécuritaire qui hante l'Iran et le Pakistan
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Les rapports politiques et stratégiques publiés récemment par des centres de recherche israéliens révèlent que la région du Baloutchistan est devenue une zone vulnérable sur le plan sécuritaire pour le Pakistan et l'Iran, alors que les menaces sécuritaires pour les deux pays risquent de s'intensifier en raison des accusations mutuelles et du manque de confiance entre leurs gouvernements.

Une étude récente du centre israélien de recherche sécuritaire et politique Bégin-Sadat affirme que la région du Baloutchistan connaît actuellement une escalade militaire sans précédent, transformant ainsi cette vaste zone frontalière complexe entre le Pakistan et l'Iran en foyer d'épuisement sécuritaire et militaire pour les deux États voisins.

Le rapport signale une série d'attaques coordonnées avec une précision remarquable menées par des groupes armés rebelles, ce qui révèle la fragilité des dispositifs sécuritaires et la faible préparation militaire tant du Corps de la Garde révolutionnaire iranienne que de l'armée pakistanaise.

Il souligne également que les attaques armées perpétrées par les factions balouches témoignent d'un niveau de coordination entre elles, ainsi qu'une convergence idéologique et politique qui a réussi à franchir les « blessures du passé » et à dépasser les divergences idéologiques qui divisaient le mouvement balouche depuis des décennies.

L'Iran au bord du volcan du Baloutchistan

En abordant la situation sécuritaire iranienne, le rapport insiste sur le fait que l'Iran vit désormais un cauchemar militaire le long de sa frontière internationale connue sous le nom de ligne Goldsmid.

L'ensemble du Baloutchistan iranien, l'une des régions les plus pauvres et les plus touchées par le chômage du pays, connaît une augmentation marquée de l'activité des milices balouches, notamment celle du groupe « Armée de la Justice ».

Ces groupes exploitent le vide sécuritaire et la fluidité des frontières s'étendant entre le Pakistan, l'Iran et l'Afghanistan pour transporter des combattants rebelles, des approvisionnements et établir des sanctuaires sûrs sur le territoire pakistanais, utilisant tout ce potentiel pour mener des frappes ciblées et coordonnées à l'intérieur de l'Iran et du Pakistan.

Une lecture politique et opérationnelle révèle un changement dans la doctrine du groupe « Armée de la Justice », qui tend à réduire le discours confessionnel au profit d'une dimension nationale balouche, rapprochant ainsi ses objectifs opérationnels et intellectuels des organisations balouches laïques du Pakistan comme « Armée de libération du Baloutchistan », ouvrant ainsi la voie à un niveau avancé de coordination transfrontalière.

Épuisement de l'armée pakistanaise

Dans le domaine pakistanaise, la situation n'est pas moins dangereuse ni moins violente que son homologue iranienne, selon les estimations du rapport.

Selon les sources militaires et de sécurité consultées, la présence militaire intense de l'armée pakistanaise, représentée par le XIIe corps à Quetta et la marine dans le port stratégique de Gwadar, ainsi que l'expansion des activités de renseignement de la Direction du renseignement, n'ont pas permis à Islamabad de consolider son contrôle et son influence sur les régions rebelle du Baloutchistan.

Face aux attaques répétées visant des points sécuritaires et des infrastructures vitales, les forces pakistaniennes ont lancé des opérations militaires à grande échelle, notamment « Opération Chaban » et « Opération Détermination ».

Insuffisance structurelle

Cependant, les données terrain montrent que ces campagnes militaires souffrent d'insuffisances structurelles empêchant toute victoire concrète, notamment la géographie complexe et vaste du territoire, qui couvre presque la moitié de la superficie du Pakistan, caractérisée par un relief montagneux et désertique extrêmement difficile, offrant un refuge sûr pour les guérillas et les opérations de course et de retraite.

Par ailleurs, l'épuisement de l'appareil militaire est un facteur clé, car l'escalade au Baloutchistan coïncide avec la dispersion de l'armée pakistanaise sur plusieurs fronts : depuis la ligne de contrôle et la frontière avec l'Inde, en passant par les tensions croissantes avec le gouvernement taliban sur la ligne Durand, jusqu'aux affrontements actifs contre le groupe « Taliban Pakistan » dans la province du Khyber Pakhtunkhwa.

À cela s'ajoute le manque de soutien populaire, car le sentiment grandissant d'exclusion et de marginalisation économique nourrit le mouvement rebelle.

Une large partie de la société balouche considère le pouvoir central à Islamabad comme une entité qui exploite les ressources naturelles colossales de la région sans apporter de bénéfices concrets à la développement local, affaiblissant ainsi la capacité des forces de sécurité à recueillir des renseignements précis auprès de la population, et affaiblissant le sentiment national et le lien d'appartenance à l'État pakistanais.

Face à cette analyse globale de la situation sécuritaire dans la région du Baloutchistan, le rapport conclut que malgré une coordination apparente entre Téhéran et Islamabad pour éviter l'aggravation du danger sécuritaire, les efforts conjoints restent entravés par un « manque réel de confiance mutuelle » ; les deux parties s'accusent mutuellement de fournir un soutien indirect ou de tolérer les actions des groupes armés afin de pressionner sur le plan géopolitique.

Avec l'intensification des opérations et le développement par les combattants balouches de nouvelles méthodes de combat reposant sur des engins explosifs improvisés, des tireurs d'élite et des attentats suicides, la région du Baloutchistan continue de se transformer en l'une des zones les plus chaudes du sud et de l'ouest de l'Asie, infligeant un coup dur aux projets de développement régional, à la navigation maritime et aux corridors énergétiques stratégiques.

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