Daily Beirut

Monde

Le Canada aux portes de l'adhésion européenne !

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé mercredi que le Canada devienne le premier « membre associé » de l'Union européenne, lors d'un discours au Parlement européen en présence du Premier ministre canadien, Mark Carney.

··2 min de lecture
Le Canada aux portes de l'adhésion européenne !
Partager

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé aujourd'hui mercredi que le Canada devienne « le premier membre associé » de l'Union européenne, lors d'un discours prononcé devant le Parlement européen en présence du Premier ministre canadien, Mark Carney.

Elle a déclaré que « les partenariats sont une option stratégique et répondent à la fragmentation du système international », affirmant que l'Union européenne passerait d'un accord commercial avec le Canada à un « partenariat pour l'avenir ».

En s'adressant à Carney, invité à Strasbourg pour assister à son discours annuel sur l'état de l'Union, elle a ajouté : « Nous souhaitons porter nos relations avec le Canada au plus haut niveau possible (...) C'est pourquoi je voudrais travailler avec vous pour explorer la possibilité que le Canada devienne le premier membre associé de l'Union européenne. »

Le Canada serait ainsi le premier laboratoire de ce modèle, avant qu'il ne soit proposé ultérieurement sous différentes formes au Royaume-Uni, au Maroc, au Japon, à la Corée du Sud, à l'Australie et à d'autres pays considérés par Bruxelles comme des partenaires fiables.

Carney a déclaré qu'il cherchait à réduire au maximum l'écart opérationnel entre « État membre » et « État associé », en intégrant progressivement le Canada dans certaines parties du tissu économique, sécuritaire et technologique européen, sans emprunter la voie de l'adhésion.

Ce rapprochement n'a pas commencé avec la visite prévue de Carney à Strasbourg, mais s'est accéléré avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, transformant la relation américano-canadienne d'une source de stabilité en une source de pression économique et politique.

Les droits de douane américains, les menaces répétées de Trump de faire du Canada « la cinquante-et-unièmeÉtat », puis la tension liée à la rencontre de responsables américains avec des séparatistes de l'Alberta, riche en pétrole, ont fait passer la question de la dépendance vis-à-vis des États-Unis au cœur du débat canadien sur la souveraineté, selon un rapport de Montecarlo.

Carney a résumé l'ampleur du changement devant le Parlement en disant : « Le monde a changé, Washington a changé, il ne reste presque rien de naturel aux États-Unis aujourd'hui », et à Davos, il a évoqué une « fragmentation » du système mondial, estimant que l'ancien ordre ne reviendrait pas et que les puissances moyennes devaient construire de nouvelles réseaux pour réduire leur exposition à la contrainte économique et politique.

Cependant, la stratégie de Carney ne repose pas sur le transfert de l'économie canadienne des États-Unis vers l'Europe, ce qui est impossible à court terme par décision politique. En juillet, près de 70 % des exportations canadiennes allaient aux États-Unis, contre seulement 5 % vers l'Union européenne, et les économies canadienne et américaine sont profondément interconnectées via des chaînes de production, d'énergie, d'industrie et de transport construites au fil de décennies.

Ajoutez Daily Beirut à votre fil Google News pour recevoir l'info en priorité.
Partager