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Le Canada prévoit 10 nouveaux réacteurs nucléaires et double ses exportations d’uranium
Le Canada dévoile une stratégie pour accélérer le nucléaire, construire 10 réacteurs et doubler ses exportations d’uranium d’ici 2040.

Le Canada a présenté lundi une stratégie visant à accélérer le développement de l’énergie nucléaire, avec la construction d’environ dix nouveaux réacteurs, la simplification des procédures d’approbation des projets futurs et la multiplication par deux des exportations d’uranium, profitant de ce qu’il qualifie de « renaissance nucléaire mondiale », selon le journal canadien National Post.
Cette stratégie, annoncée par le ministre des Ressources naturelles Tim Hudgson, prévoit la mise en service de deux réacteurs nucléaires supplémentaires d’ici 2035, cinq autres d’ici 2040, ainsi que la modernisation des conceptions des réacteurs existants.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi en Ontario, Tim Hudgson a qualifié cette stratégie d’« ambitieuse » et a souligné que les opportunités pour le Canada dans ce secteur étaient « énormes ».
Bien que cette feuille de route ne comporte aucun financement supplémentaire, le gouvernement a indiqué qu’une politique fixant les conditions de soutien fédéral et les instruments financiers disponibles pour les nouveaux projets nucléaires sera publiée d’ici avril 2027.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du plan gouvernemental visant à doubler la capacité du réseau électrique canadien à l’horizon 2050, où l’énergie nucléaire est considérée comme un élément clé pour atteindre la neutralité carbone.
Tim Hudgson a déclaré : « Simplement, si notre objectif est de doubler la capacité du réseau et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, aucune stratégie crédible ne peut y parvenir sans l’énergie nucléaire et l’électricité propre et stable qu’elle fournit. »
Actuellement, le Canada exploite 17 réacteurs nucléaires qui produisent environ 15 % de l’électricité totale du pays. Deux nouveaux réacteurs sont en construction et doivent entrer en service d’ici 2035, tandis que cinq autres sont planifiés pour 2040. La majorité de ces installations se situent en Ontario, avec un réacteur opérationnel au Nouveau-Brunswick.
Un des objectifs majeurs de la nouvelle stratégie est la mise à jour du design du réacteur canadien CANDU d’ici 2030, rappelle le National Post. Ce type de réacteur, fonctionnant à l’uranium naturel, est une des principales technologies développées par le Canada.
Un haut responsable gouvernemental a précisé que le dernier réacteur de ce type a été construit dans les années 1990 et que les normes réglementaires ont considérablement évolué depuis l’accident de la centrale japonaise de Fukushima en 2011.
Par ailleurs, la stratégie ambitionne de doubler les exportations canadiennes d’uranium d’ici 2040. Le Canada est le deuxième producteur mondial d’uranium et détient les plus grandes réserves mondiales de haute qualité.
Le président de la société d’ingénierie canadienne Atkins Réalis, principal fabricant de réacteurs utilisant l’uranium naturel, a mis en garde contre une mauvaise gestion occidentale des projets nucléaires.
Des responsables ont révélé que cette stratégie n’a pas été soumise au Premier ministre canadien Mark Carney en raison de règles relatives aux conflits d’intérêts. Mark Carney a auparavant présidé le conseil d’administration de Brookfield Asset Management, qui, en partenariat avec Cameco, a acquis en 2023 Westinghouse Electric, l’une des plus grandes entreprises nucléaires mondiales étroitement liée à la chaîne d’approvisionnement nucléaire canadienne.
Mark Carney détient toujours des actifs liés à Brookfield, actuellement placés dans un fonds fiduciaire indépendant durant son mandat à la tête du gouvernement.
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