Monde
Dans un contexte de crise politique croissante, le commandant suprême du Corps des gardiens de la révolution, Ahmad Hoveida, a exprimé son soutien à l'agence nationale de radio-télévision iranienne, accusée de partialité par le président Masoud Pezeshkian.

En pleine escalade d'une crise politique interne, le commandant suprême du Corps des gardiens de la révolution iranien, Ahmad Hoveida, est entré dans la mêlée entre les factions du pouvoir à Téhéran, adressant un message d'éloge et de solidarité au président de l'agence nationale de radio-télévision, Biman Javadi.
Il a salué ce qu'il a qualifié de « efforts précieux et performance efficace » de l'agence lors de la confrontation avec les États-Unis, soulignant son rôle central dans le renforcement de la « frontière médiatique » du régime, selon un rapport publié par le site Iran International.
Ce soutien direct de la hiérarchie militaire intervient au cœur d'un conflit plus large pour le contrôle entre les hauts dirigeants du Corps des gardiens de la révolution et le président Masoud Pezeshkian.
Entrave aux perspectives de désescalade
Le site opposé avait révélé en avril, citant des sources proches du bureau présidentiel, que Pezeshkian reprochait à Hoveida et aux responsables militaires leurs décisions unilatérales pendant le conflit, ainsi que leur mise en danger des chances de parvenir à une détente, poussant le pays vers une catastrophe économique.
Les critiques de Pezeshkian à l'encontre de l'agence ne se sont pas arrêtées là : en mai dernier, il a jugé que les médias officiels présentaient une image déformée de la réalité et nécessitaient une réforme globale.
Les tensions se sont aggravées en juillet, après que le bureau de Pezeshkian a accusé la télévision d'avoir supprimé une partie d'une interview du président où il évoquait des directives secrètes données par le guide suprême défunt Ali Khamenei pour négocier avec Washington, sans que l'agence fournisse aucune explication publique sur la raison de cette suppression.
Le ciseau de la censure touche Qalibaf
Les divergences de l'agence ne se limitent pas au président : le Parlement iranien l'a accusée de surveillance abusive après avoir coupé une interview enregistrée avec le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et l'avoir diffusée partiellement en juillet dernier.
Les parties supprimées (environ 20 minutes) portaient sur des sujets sensibles tels que les inspections imminentes de l'Agence internationale de l'énergie atomique, les actifs iraniens gelés, le mémorandum d'accord relatif à un crédit de reconstruction de 300 milliards de dollars, ainsi que la réponse de l'Iran à Donald Trump.
Malgré l'explication de l'agence selon laquelle l'interview avait été divisée en deux parties, le Parlement a affirmé n'avoir reçu aucun avertissement préalable. C'est ainsi que Ghalibaf a repris cette semaine ses attaques, accusant l'agence de radio-télévision d'avoir échoué à gérer la « guerre cognitive » et de souffrir de « déficiences structurelles et méthodologiques graves ».



