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Le Conseil militaire de Bamako lance l’enregistrement des véhicules pour renforcer la sécurité face aux attaques des groupes armés dans tout le pays.

Le Conseil militaire au pouvoir à Bamako a commencé à utiliser les plaques d’immatriculation des véhicules comme outil pour combattre les extrémistes, dans le cadre d’un projet visant à renforcer la sécurité et à contrer les attaques des groupes armés au Mali, malgré les difficultés liées à sa mise en œuvre.
Les autorités maliennes ont initié une opération d’enregistrement de tous les véhicules à deux et trois roues afin d’améliorer la surveillance des déplacements sur le territoire. Cette campagne a débuté lundi, ciblant en particulier les engins dépourvus de plaques d’immatriculation.
Face à une dégradation sécuritaire marquée, le gouvernement de transition souhaite ainsi mieux contrôler les moyens de transport pour lutter plus efficacement contre les groupes armés extrémistes.
Le ministère des Transports et des Travaux publics a mis en place environ 30 centres dédiés à cette opération baptisée « enregistrement spécial des véhicules à deux et trois roues », répartis à travers le pays.
Aucun centre n’a été installé à Kidal, une absence notable et compréhensible puisque la ville est sous le contrôle de groupes extrémistes et rebelles, et les représentants de l’administration malienne n’y sont pas présents depuis le 25 avril dernier.
Les propriétaires de ces véhicules non enregistrés doivent se rendre dans ces centres pour régulariser leur situation en présentant leurs pièces d’identité, les documents relatifs à leur véhicule, ainsi qu’en s’acquittant d’une taxe élevée versée une seule fois par voie électronique.
Dans un communiqué, le ministère des Transports a souligné que de nombreux véhicules circulent encore sans licence, en violation des réglementations en vigueur.
Cette campagne s’inscrit dans le cadre d’une réforme continue des plaques d’immatriculation lancée en septembre 2024.
Les nouvelles plaques intègrent notamment une carte du Mali, les couleurs nationales et des indicateurs permettant d’identifier la région ou la commune de résidence du propriétaire.
Selon les chiffres officiels, près de 25 000 véhicules ont été enregistrés ou réenregistrés entre septembre 2024 et février 2025.
Cette démarche intervient parallèlement à des mesures sécuritaires renforcées. Début juin, les autorités ont suspendu pour un an l’importation, la vente et la distribution des motos d’une cylindrée de 125 cm³ et plus.
L’utilisation de ces motos est également interdite hors des principales zones urbaines, car les autorités estiment qu’elles sont largement exploitées par des groupes armés actifs dans les zones rurales et isolées.
Ce secteur est particulièrement important au Mali : d’après les données du commerce international, la Chine a exporté plus de 140 000 motos vers le Mali en 2024, pour une valeur dépassant 64 millions de dollars.
Les motos, largement utilisées pour les déplacements quotidiens, le transport de marchandises et les activités commerciales, constituent un élément clé de l’économie malienne. Le défi actuel pour les autorités est d’améliorer la traçabilité des véhicules sans entraver la mobilité des populations.
Le forum des organisations de la société civile de la région de Bamako a salué cette initiative, estimant que le contexte de « lutte contre l’extrémisme » nécessite « la mise en œuvre de mesures fortes ».
Cependant, ces organisations ont aussi mis en lumière « la hausse du coût de la vie et la précarité croissante des ménages », appelant à une « politique tarifaire juste et accessible à tous » pour les motos.
Les organisations visent à éviter que cette mesure, malgré ses bénéfices, ne devienne une source de souffrance supplémentaire pour une population déjà affectée par la pénurie de carburant, dont les prix ont fortement augmenté sur le marché noir, ainsi que par des coupures d’électricité étendues qui paralysent l’activité économique. Cette demande a été ignorée.



