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Le Mossad israélien et la CIA américaine collaborent secrètement pour localiser Majtaba Khamenei, successeur du guide suprême iranien Ali Khamenei tué le 28 février dans une frappe aérienne israélienne, tandis que son fils aurait disparu depuis 150 jours sans utiliser aucun appareil électronique.

Un rapport du quotidien britannique The Times révèle que le Mossad israélien et la Central Intelligence Agency (CIA) mènent conjointement une opération clandestine visant à retrouver Majtaba Khamenei, nouveau guide suprême iranien après la mort de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors d’une frappe aérienne israélienne le 28 février.
Cette recherche n’est ni officiellement reconnue ni discutée publiquement. Selon le journal, elle constitue toutefois une priorité absolue pour les deux services de renseignement. Le défi principal réside dans la totale disparition de Majtaba Khamenei : il n’a utilisé ni téléphone ni ordinateur portable depuis environ 150 jours, et ses communications sont totalement coupées.
Le rapport indique qu’il se trouverait vraisemblablement dans un abri souterrain profond, son visage défiguré par les blessures subies lors de la frappe qui a coûté la vie à son père. Il éviterait toute exposition diurne, craignant d’être détecté par des satellites espions américains.
Pour localiser son père, Israël et les États-Unis avaient mobilisé l’ensemble des outils cybernétiques disponibles : piratage des caméras de surveillance routière à Téhéran afin de suivre les véhicules utilisés par les gardes et collaborateurs d’Ali Khamenei. Cette opération, menée conjointement par la National Security Agency (NSA) américaine et l’Unité 8200 israélienne, avait permis d’identifier avec précision l’emplacement où se trouvaient alors Ali Khamenei et ses principaux responsables militaires et de renseignement — tous tués dans l’attaque.
Mais cette fois, la situation est différente. Même si la question de la légitimité ou de la faisabilité d’une éventuelle élimination physique du nouveau guide suprême se pose dans un contexte où l’armée exerce de facto le pouvoir en Iran, Majtaba Khamenei conserve un rôle central dans le système politique et dans les décisions militaires — tout en restant introuvable.
Son retrait total des technologies de communication oblige les services israélien et américain à recourir à des méthodes qualifiées de « médiévales ». Le Times souligne que la clé désormais réside dans le renseignement humain (HUMINT), non plus dans la surveillance électronique ou les capacités cybernétiques.
L’objectif immédiat consiste à confirmer son existence et à identifier précisément son lieu de repli : soit dans l’un des nombreux tunnels souterrains de Téhéran, soit dans un abri militaire situé près de la ville sainte de Qom, à environ 145 kilomètres au sud de la capitale.
Avec l’efficacité du renseignement cybernétique en berne, le Mossad concentre ses efforts sur deux questions essentielles — sa localisation exacte et son statut opérationnel — grâce à son réseau d’agents infiltrés en Iran, dont plusieurs sont des citoyens iraniens.
Rami Eghra, ancien chef d’un département au sein du Mossad, compare cette quête à celle des otages détenus à Gaza : « Nous contrôlions entièrement Gaza, chaque cabinet était équipé de dispositifs d’écoute, mais nous ne les avons pas trouvés. L’erreur fut un recours excessif à la technologie électronique et une sous-estimation du renseignement humain. »
Il précise que, même privé de téléphone, Majtaba Khamenei pourrait recourir à d’autres canaux discrets : petits messages écrits sur papier, transmis via des relais multiples. Ces messagers ignorent généralement la nature réelle de leur mission, limitée au transfert d’un document d’une personne à une autre. « Si on le trouve, ce sera grâce à un élément humain », affirme-t-il, ajoutant que les autorités iraniennes sont parfaitement conscientes de ce risque.
Le Mossad cible donc spécifiquement les individus chargés de ces transmissions. « Le seul moyen réel d’accéder à lui est de recruter un intermédiaire en contact direct », explique Eghra. Or, cela s’avère extrêmement difficile : tous les proches de Majtaba Khamenei font l’objet de contrôles de sécurité rigoureux, et très peu de personnes — peut-être seulement deux ou trois membres du Corps des gardiens de la révolution islamique — connaissent son mode de communication.
Le rapport mentionne aussi d’autres pistes : suivre des tiers via leurs téléphones, écouter les conversations portant sur Majtaba Khamenei ou sur les lieux où il pourrait se trouver. « L’Iran est un pays où la population souffre d’une pénurie de ressources financières. Nous disposons de moyens pour verser des récompenses en ligne contre des informations fiables », note Eghra.
Avner Aferah, ancien officier du Mossad, évoque une complication supplémentaire : l’usage systématique de doubles ou de substituts, à l’instar de Saddam Hussein. « Majtaba Khamenei séjourne dans plusieurs sites distincts, et des personnes sont engagées pour le nourrir. Mais elles ignorent si elles s’occupent du véritable guide suprême ou d’un sosie. Elles rentrent chez elles le soir en pensant avoir servi le leader, alors qu’elles ont probablement pris soin d’un simple remplaçant », précise-t-il.
Aferah ajoute que même sans apparaître publiquement, Majtaba Khamenei pourrait émettre un message vocal destiné à la population iranienne. Toutefois, une telle diffusion comporterait un risque élevé : l’analyse du fichier audio pourrait révéler des indices techniques — type d’appareil d’enregistrement, conditions acoustiques, voire localisation géographique du lieu d’enregistrement.
Un haut responsable américain de la défense, ancien cadre du renseignement, affirme : « À la lumière de la frappe du 28 février, je suis certain que Majtaba Khamenei applique désormais une discipline opérationnelle bien plus stricte. Par conséquent, le renseignement humain devient encore plus déterminant dans sa traque. »
Il exprime toutefois des réserves sur les capacités américaines dans ce domaine, rappelant qu’après quarante ans d’interdiction d’opérations humaines en Iran, celles-ci restent limitées. « Le renseignement humain israélien est nettement plus avancé, mais il connaît aussi ses propres limites », conclut-il.
Enfin, le rapport précise que, si le Mossad et la CIA venaient à identifier avec certitude la localisation de Majtaba Khamenei, les dirigeants politiques aux États-Unis et en Israël devraient prendre une décision stratégique sur la suite à donner à cette information.
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