Monde
Les Houthis au Yémen ont déclaré un blocus maritime immédiat sur l’Arabie saoudite, en réponse à une demande iranienne et pour intensifier la pression sur les États-Unis.

La milice houthiste au Yémen a annoncé ce lundi l’instauration d’un blocus maritime à l’encontre de l’Arabie saoudite, une décision perçue par les observateurs comme une réponse à une requête iranienne visant à accroître la pression sur les États-Unis, qui poursuivent depuis neuf jours leurs frappes contre des sites stratégiques et militaires iraniens.
Dans un communiqué vidéo, le porte-parole des Houthis, Yahya Sari’, a indiqué que ce blocus maritime était imposé « avec effet immédiat » contre l’Arabie saoudite.
La milice a précisé que cette mesure s’inscrivait dans une logique de « siège contre siège », avertissant qu’elle réagirait à toute escalade de la part de l’Arabie saoudite par des « mesures d’escalade similaires ».
Le communiqué souligne également la disponibilité des Houthis à recourir à « toutes les options », menaçant de répondre à toute provocation par une « escalade globale et sévère ».
Cette annonce intervient quelques jours après que plusieurs sources ont confirmé que Téhéran avait demandé aux Houthis de fermer le détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite 12 % des besoins énergétiques mondiaux, dans l’éventualité où les États-Unis cibleraient les infrastructures énergétiques iraniennes. Par ailleurs, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a pris le contrôle dans les zones sous domination houthiste, achevant le déploiement de missiles et de drones dans les hauteurs surplombant les ports de la mer Rouge et du golfe d’Aden sous contrôle des Houthis.
Cette initiative constitue la première rupture publique de la trêve parrainée par l’ONU en avril 2022. Elle survient également quelques heures après l’échec d’une médiation conduite par l’envoyé spécial de l’ONU visant à désamorcer la crise entre le gouvernement yéménite et la milice houthiste, provoquée par la volonté de ces derniers d’organiser des vols commerciaux quasi quotidiens entre l’Iran et leurs territoires, en dépit de l’embargo aérien imposé par les résolutions du Conseil de sécurité concernant l’interdiction de l’acheminement d’armes vers les Houthis.
Hans Grundberg, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, avait rencontré les représentants du gouvernement reconnu internationalement ainsi que ceux des Houthis pour promouvoir une désescalade et l’acceptation de l’initiative jordanienne visant à établir des vols commerciaux réguliers entre Sanaa et Amman. Toutefois, les Houthis ont jugé cette proposition insuffisante, exigeant en outre le financement des salaires des fonctionnaires dans leurs zones, une part des revenus issus de l’exportation du pétrole et du gaz, ainsi que la levée de toutes les restrictions sur les points d’entrée sous leur contrôle.
Parallèlement, la milice a appelé ses partisans à poursuivre la mobilisation générale, à accroître leur niveau de préparation et à soutenir les fronts, tout en se tenant prêts à faire face à divers « scénarios possibles ».
Jeudi dernier, l’agence Reuters rapportait, citant trois sources, qu’Iran avait demandé aux Houthis de se tenir prêts à fermer la route pétrolière dans la mer Rouge si les États-Unis frappaient les infrastructures énergétiques iraniennes, ce qui représenterait une nouvelle menace pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Cette idée, impliquant la prise de contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, a été discutée au sein de la direction iranienne et le message a été transmis aux alliés de Téhéran parmi les Houthis, selon deux hauts responsables iraniens et un responsable régional informé, qui ont requis l’anonymat.
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