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L'œuf de la poule... De nouveaux partis pourraient décider du maintien de Netanyahu au pouvoir
À l'approche des élections de la Knesset, une nouvelle dynamique politique émerge avec le déclin des partis traditionnels et l'ascension de concurrents inédits. La survie de Benjamin Netanyahu dépend désormais de l'issue de ces élections cruciales.

Alors que commence le compte à rebours avant les élections de la Knesset, une carte politique se dessine où le déclin des partis s’oppose à l’essor de concurrents.
Les élections prévues le 27 du mois prochain seront les premières à avoir lieu en Israël depuis l’attaque de Hamas, le 7 octobre 2023.
À cet égard, le journal « Jerusalem Post » affirme que les priorités politiques et sécuritaires des électeurs ont considérablement changé par rapport aux élections de 2022.
Le scrutin imminent met en jeu plusieurs questions centrales, notamment la grave pénurie de main-d’œuvre dans l’armée israélienne après trois ans de guerre, la loi controversée d’incorporation obligatoire des haredim (ultra-orthodoxes), ainsi que les appels à la création d’une commission gouvernementale d’enquête sur les failles du gouvernement liées à l’attaque.
Parmi les autres enjeux majeurs figure le sort du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a dirigé Israël pendant 19 ans.
Or, selon Ofer Kinneg, expert politique et chercheur au programme de réforme politique de l’Institut de la démocratie israélien, dans un entretien avec le « Jerusalem Post », les prochaines élections détermineront l’avenir de la démocratie en Israël.
Kinneg, également professeur à l’Académie de Ashkelon, souligne que l’actuel gouvernement d’union est différent des précédents gouvernements menés par Netanyahu car il est « entièrement de droite », une évolution ressentie par la société israélienne suite aux transformations fondamentales des politiques au cours des quatre dernières années.
Les dernières enquêtes d’opinion indiquent que le Likoud, dirigé par Netanyahu, a reculé de 32 sièges obtenus à la vingt-cinquième Knesset à environ 22 sièges actuellement.
À ce sujet, l’expert politique ajoute : « Il sera intéressant de suivre l’évolution des alliances politiques entre les partis qui approchent du seuil électorale, désormais connu sous le nom de « la troisième coalition », un groupe nouveau de partis proposant une alternative aux partis de droite actuels ».
Il insiste sur l’importance de surveiller les partis arabes, soulignant qu’un nouveau rassemblement commun pourrait affaiblir la coalition de Netanyahu.
Il explique que les appels récents de Netanyahu à former un « gouvernement national large » montrent que le Premier ministre se trouve dans une situation « moins idéale » face au recul de son parti, le Likoud, dans les sondages.
Il pense que Netanyahu « est peut-être passé d’une stratégie visant à remporter une victoire claire à une tentative d’éviter la défaite ».
Dans ce contexte, « le question n’est plus si le Likoud restera le plus grand parti, mais si Netanyahu peut former une coalition gouvernementale sous sa propre direction », selon Kinneg.
Dans cette hypothèse, Kinneg suppose que Netanyahu pourrait chercher un résultat électoral où l’alliance de l’opposition ne parviendrait pas à la majorité, lui permettant ainsi de rester au pouvoir à la tête d’un gouvernement de transition jusqu’à de nouvelles élections.
Le camp de Netanyahu
Le camp de Netanyahu comprend, outre le Likoud, plusieurs partis de droite et religieux, notamment :
Premièrement : le parti « HaKoah HaYehudi », dirigé par le ministre de la Sécurité nationale extrémiste Itamar Ben-Gvir, dont les chances dans les sondages sont passées à environ huit sièges à la Knesset actuelle.
L’un des principaux exigences du parti dans ses accords d’union avec Netanyahu était l’adoption d’une loi imposant la peine de mort aux prisonniers palestiniens ; celle-ci a été adoptée en mars dernier.
Deuxièmement : le parti extrémiste de droite « HaTzionut HaReligiyah », dirigé par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui détient actuellement sept sièges, tandis que les sondages l’annoncent à quatre sièges.
Le parti met l’accent sur l’identité juive, l’expansion des colonies, et l’application de la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie.
En outre, les haredim constituent aussi une composante essentielle du camp de Netanyahu via les partis « Shas » et « Yehudat HaTorah ».
« Shas », qui dispose de 11 sièges, obtient environ sept sièges selon les sondages. Quant à « Yehudat HaTorah », son nombre de sièges passe de sept à environ neuf.
Le recrutement des haredim reste le principal point de désaccord politique en Israël, particulièrement en raison de la pénurie criarde de personnel au sein de l’armée.
Le camp de l’opposition… Des concurrents nouveaux pour Netanyahu
L’objectif principal de l’opposition est de constituer une commission officielle d’enquête sur les « échecs du gouvernement liés à l’attaque du 7 octobre », tout en poussant à la mobilisation des haredim dans l’armée.
En tête de ce bloc figure Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, qui dirige le parti « Yesh Atid ».
Selon les sondages, Yesh Atid est devenu le plus grand parti du camp de l’opposition, avec environ 26 sièges, surpassant même le Likoud.
Le premier ministre précédent Naftali Bennett participe aux élections à la tête de « Yamina », dans une alliance avec l’ancien Premier ministre Yair Lapid, classé deuxième sur la liste du parti, dont les sondages l’attribuent environ 14 sièges.
Bennett adopte une position ferme contre la participation des partis arabes à toute future coalition gouvernementale, rejette la formation d’un gouvernement avec les haredim, et appelle à interrompre le financement public pour ceux qui évitent la conscription militaire.
Quant à Yariv Gilan, il dirige le parti « Les Démocrates », ancien parti « Le travail », qui avait quatre sièges, mais dont les sondages prévoient maintenant environ dix sièges.
Cependant, Gilan diffère de nombreux partis de l’opposition par son ouverture à former une coalition avec les partis arabes, ce qui a provoqué des tensions au sein du camp de l’opposition, selon le journal.
Par ailleurs, Avigdor Lieberman se présente aux élections à la tête du parti « Israel Beiteinu », dont les résultats progressent selon les sondages de six à environ dix sièges.
Le parti adopte une ligne sécuritaire ferme, appelle à éliminer de manière décisive Hamás, le Hezbollah et le régime iranien, et soutient l’expansion des colonies en Cisjordanie ainsi que la séparation de la religion et de l’État.
En revanche, le parti « Bleu Blanc », dirigé par l’ancien chef d’état-major Benny Gantz, court le risque de ne pas franchir le seuil électoral, les sondages le plaçant en dessous de cette barrière.
Contrairement à la plupart des partis de l’opposition, Gantz n’exclut pas la coopération avec Netanyahu, et appelle à former un gouvernement large, tout en refusant toutefois de participer à une coalition incluant les partis haredim ou arabes.
Les partis arabes
Plusieurs partis arabes participent à la course à la Knesset, notamment « Raam », dirigé par Mansour Abbas, « Hadash Taal » et « Balad ».
Ces partis cherchent à renforcer l’égalité des citoyens arabes, à écarter Netanyahu et des figures de droite extrême comme Ben-Gvir du gouvernement, tout en soutenant la création d’un État palestinien.
La troisième coalition… L’œuf de la poule
La montée en puissance de ce que les médias israéliens appellent désormais « la troisième coalition » est considérée comme l’une des principales évolutions des élections.
Il s’agit d’un groupe de nouveaux partis de droite exprimant leur mécontentement face à la performance des partis de droite traditionnels au sein de l’alliance de Netanyahu, notamment sur la question du recrutement des haredim.
Cette coalition regroupe des partis nouveaux tels que « HaBayit HaZiony – HaHavaya », « Parti de l’Unité », « Am HaEretz ».
Les sondages indiquent que ces partis approchent du seuil électoral et se présentent comme « une option pour les électeurs de droite qui ne trouvent pas de représentation adéquate de leurs convictions dans les partis existants ».
Selon le « Jerusalem Post », ces partis pourraient devenir « l’œuf de la poule » dans la formation du prochain gouvernement, s’ils parviennent à dépasser le seuil électoral.
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