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Le Premier ministre israélien attaque Bruxelles après l'adoption de sanctions contre des colons violents et des dirigeants du Hamas.

L'Union européenne a donné son feu vert, ce lundi, à des sanctions visant des colons israéliens extrémistes impliqués dans des violences contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée. La décision a immédiatement déclenché une vive réaction de Benyamin Netanyahou, qui a accusé le bloc d’afficher une "faillite morale".
Dans un message publié sur le réseau X, le bureau du Premier ministre israélien a estimé que, pendant qu'Israël et les États-Unis "font le sale boulot pour l'Europe" en combattant "les extrémistes en Iran et ailleurs", l'UE établit un "parallèle fallacieux entre des citoyens israéliens et le Hamas".
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a annoncé l'accord des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept. Le paquet de mesures cible trois colons et quatre organisations de peuplement, dont les identités n'ont pas encore été divulguées. Il vise également des figures dirigeantes du mouvement Hamas.
Ces sanctions étaient bloquées depuis plusieurs mois par le précédent gouvernement hongrois, qui a perdu les élections le mois dernier. Plusieurs capitales européennes s'étaient dites préoccupées par la multiplication des signalements de violences de colons contre les Palestiniens.
"Il était temps de passer de l'impasse à l'action", a écrit Kallas sur X, ajoutant que "l'extrémisme et la violence ont des conséquences graves".
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a lui aussi réagi sur le même réseau social, dénonçant des sanctions imposées "de manière arbitraire et politique" contre des citoyens et entités israéliennes, "en raison de leurs opinions politiques et sans aucun fondement".
De son côté, Bassem Naim, un responsable du Hamas, a critiqué la décision des ministres européens visant son mouvement. Il a accusé le bloc de persister dans ce qu'il a qualifié d'"hypocrisie politique et de racisme". "L'UE met sur un pied d'égalité un bourreau fasciste qui se vante de commettre un génocide et un nettoyage ethnique, un État voyou qui viole toutes les lois internationales, et la victime qui se défend conformément à toutes les lois et coutumes", a-t-il déclaré.