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L'Iran impose un formulaire de 40 questions aux navires traversant le détroit d'Ormuz, une nouvelle forme de chantage maritime qui aggrave les tensions.

Un formulaire de plus de quarante questions portant sur l'identité, la propriété, l'équipage, la cargaison et l'itinéraire des navires commerciaux : voici le nouveau dispositif que Téhéran impose aux traversées du détroit d'Ormuz. Cette initiative, décrite par des sources diplomatiques comme une tentative de contrôle politique et sécuritaire sur une voie maritime internationale, s'apparente à un chantage direct, selon des informations recueillies par "Erem News".
Les nouvelles exigences iraniennes, qui incluent la création d'une autorité dédiée à la régulation du trafic dans le détroit, visent à institutionnaliser la mainmise de Téhéran sur ce passage stratégique. Les navires qui ne s'y conformeraient pas s'exposeraient à des risques de confiscation ou de ciblage, transformant des règles de navigation en un levier de pression armée.
Cette escalade coïncide avec l'annonce, ce vendredi par la télévision iranienne, de la saisie du pétrolier "Ocean Koi" en mer d'Oman par la marine iranienne, sous prétexte qu'il tentait de perturber les exportations de pétrole de la République islamique. Cet incident s'inscrit dans une série d'événements récents : échanges de tirs entre forces américaines et iraniennes autour du détroit, avertissements américains aux compagnies maritimes de ne pas verser de droits de passage à l'Iran, et un navire de fret endommagé par un projectile dans la zone il y a quelques jours.
Selon des sources diplomatiques suivant de près la situation, ces nouvelles règles interviennent alors que la pression militaire et politique s'accumule sur Téhéran. Elles estiment que soumettre les navires à un long questionnaire ne peut être dissocié d'une tentative iranienne de provoquer des tensions supplémentaires, en présentant le détroit comme un espace soumis aux conditions de la République islamique.
Ces mêmes sources soulignent que ce comportement augmente le coût de la manœuvre iranienne elle-même, en offrant à Washington et à ses alliés une justification politique et juridique plus large pour durcir la pression. La menace de sanctions américaines contre les compagnies qui paieraient des "droits de passage" à l'Iran, déjà formulée par le Trésor américain, illustre ce risque. La compagnie japonaise "Mitsui OSK Lines" a d'ailleurs indiqué que trois de ses navires ont traversé le détroit en avril sans verser de frais, en se conformant aux règles internationales de navigation.
Les experts estiment que lier le transit à une autorisation préalable accroît les probabilités de représailles graduées contre l'Iran, les États concernés pouvant considérer cette mesure comme une entrave délibérée à la navigation, indissociable de l'escalade militaire en cours.
Sur le plan juridique, cette initiative iranienne se heurte au régime international de navigation dans les détroits. Le détroit d'Ormuz est classé comme un détroit utilisé pour la navigation internationale. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer stipule, dans sa section consacrée aux détroits, le droit de "passage en transit", défini comme une navigation continue et rapide reliant des parties de haute mer ou des zones économiques exclusives.
La convention précise que les États riverains des détroits ne peuvent ni entraver ni suspendre ce droit de passage en transit. Transformer le transit en une autorisation politique préalable constitue donc une violation du principe de liberté de navigation, même si l'Iran, qui n'est pas partie à la convention, tente d'étendre sa souveraineté sur les eaux adjacentes. Les États-Unis, bien que non signataires non plus, considèrent le droit de passage en transit comme une règle coutumière du droit international.
En définitive, ces nouvelles règles iraniennes poussent le dossier d'Ormuz vers une escalade supplémentaire. Elles placent la navigation internationale face à une contrainte qui aggrave la confusion déjà existante dans le mouvement des navires, tout en offrant à Washington et à ses alliés des justifications élargies pour renforcer leurs ripostes contre Téhéran.
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