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La dérive d’un pétrolier lié à Mohammad Hossein Shamkhani met en lumière son rôle dans un réseau clandestin d’exportation pétrolière iranien et russe soumis à sanctions.

Un nouveau développement éclaire les réseaux de commerce pétrolier iraniens, avec la révélation que le navire signalé par les médias iraniens comme ayant dérivé dans le détroit d’Hormuz est rattaché à Mohammad Hossein Shamkhani, un acteur majeur du transport pétrolier iranien sous sanctions occidentales sévères. Washington et l’Europe l’accusent de gérer un réseau secret d’exportation de pétrole iranien et russe générant des milliards de dollars.
Selon le service de suivi des navires "Tanker", le navire est immobilisé au même endroit depuis mars dernier, ce qui a ravivé l’attention sur le rôle attribué à Shamkhani dans la gestion de ce que l’on appelle la "flotte fantôme", utilisée pour contourner les sanctions occidentales.
La surveillance maritime "Tanker" a indiqué que le navire, nommé "Arista" et battant pavillon des Comores, n’a pas bougé depuis mars, malgré les informations iraniennes affirmant qu’il avait dérivé dans le détroit d’Hormuz après avoir emprunté une route suggérée par les États-Unis.
Ce navire est considéré comme faisant partie d’un réseau d’exploitation géré par Mohammad Hossein Shamkhani, qui fait l’objet de sanctions américaines, européennes et britanniques en raison de ses activités dans le commerce pétrolier.
Mohammad Hossein Shamkhani est l’un des hommes d’affaires iraniens les plus influents dans le secteur du transport pétrolier. Il a été sanctionné à plusieurs reprises par l’Occident ces dernières années.
Il est le fils d’Ali Shamkhani, ancien conseiller politique principal du guide suprême iranien Ali Khamenei et ancien secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien pendant dix ans jusqu’en 2023. Ali Shamkhani est considéré comme le deuxième à avoir occupé ce poste le plus longtemps depuis 1979, après l’ancien président Hassan Rouhani.
Selon les rapports, Ali Shamkhani a été tué lors des premières frappes américano-israéliennes ciblant Téhéran le 28 février dernier, attaques qui ont déclenché la guerre avec l’Iran et ont également causé la mort du guide suprême Ali Khamenei. Ses funérailles débutent aujourd’hui.
En mars, le projet OCCRP basé à Sarajevo a révélé qu’une enquête avait montré que Mohammad Hossein Shamkhani et son frère utilisaient des pseudonymes et des "passeports dorés" émis par des pays des Caraïbes pour acquérir des portefeuilles immobiliers.
Le département du Trésor américain affirme que l’empire de transport dirigé par Shamkhani fait partie d’un vaste réseau de contrebande de pétrole iranien et russe. Il confirme que le navire "Arista", battant pavillon des Comores et ayant dérivé dans le détroit d’Hormuz, appartient à ce réseau.
Selon le Trésor américain, le réseau de Shamkhani s’appuie sur des sociétés écrans pour acheter du pétrole iranien et russe, en falsifiant les documents d’expédition afin de masquer l’origine des cargaisons.
Le département précise que ce réseau effectue fréquemment des transferts de pétrole entre navires avant de vendre les cargaisons à des acheteurs qui règlent via des sociétés de façade, dissimulant ainsi le cheminement des fonds. Les profits sont ensuite blanchis via des fonds spéculatifs et d’autres mécanismes.
Le Trésor américain souligne que ce réseau exploite une flotte comprenant des pétroliers de brut, des transporteurs de produits pétroliers et de gaz de pétrole liquéfié, générant des milliards de dollars pour les régimes iranien et russe.
La Commission européenne indique que Shamkhani utilise la société "Milafos Group Limited" pour mélanger le pétrole brut russe avec d’autres produits pétroliers et le reclasser avant exportation, dans le but de dissimuler l’origine des cargaisons.
Mohammad Hossein Shamkhani n’a pas publiquement répondu à ces accusations.
Les États-Unis ont imposé les premières sanctions à Shamkhani en juillet de l’année dernière dans le cadre de mesures liées à l’Iran, avant d’étendre ces sanctions en avril pour inclure son réseau commercial.
Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré que le département "agit vigoureusement dans le cadre du programme de pression économique en ciblant les élites liées au régime iranien, dont la famille Shamkhani, qui cherche à réaliser des profits au détriment du peuple iranien".
Le Trésor américain ajoute que Shamkhani "dirige un empire de vente de pétrole iranien et russe valant des milliards de dollars, enrichissant une famille liée aux plus hauts niveaux du régime iranien au détriment du peuple iranien".
L’Union européenne a également inscrit Shamkhani sur ses listes de sanctions, le qualifiant d’"homme d’affaires actif dans le commerce du pétrole russe et acteur clé de ce que l’on appelle la flotte fantôme russe".
Selon l’UE, la "flotte fantôme" russe comprend des centaines de pétroliers anciens utilisés par Moscou pour exporter du pétrole brut et des carburants, contournant ainsi les sanctions occidentales imposées depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022.
En août dernier, le Royaume-Uni a annoncé des sanctions contre Shamkhani, incluant le gel de ses avoirs, l’interdiction de gérer des entreprises et une interdiction de voyager.
Le ministre britannique chargé du Moyen-Orient, Hamish Falconer, a déclaré que ces sanctions visaient des individus travaillant pour l’Iran et contribuant à déstabiliser la région et la sécurité mondiale.
Il a ajouté que la dépendance de Téhéran aux revenus générés par ses réseaux commerciaux lui permet de financer des activités jugées déstabilisantes par Londres, notamment le soutien à ses alliés et mandataires dans la région ainsi que des actions menaçant la sécurité sur le sol britannique.
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