Monde
Près de 200 proches d’Ukrainiens disparus se rassemblent à Istanbul
Environ 200 proches d’Ukrainiens portés disparus pendant la guerre contre la Russie se sont réunis samedi à Istanbul pour exiger des éclaircissements sur leur sort ou la restitution de leurs dépouilles.

Près de deux cents personnes, principalement des femmes, originaires d’Ukraine et ayant perdu un proche dans le conflit avec la Russie, se sont rassemblées samedi à Istanbul. Leur objectif : obtenir des informations sur le sort de leurs proches disparus ou la remise de leurs dépouilles.
Ce rassemblement s’est tenu dans le quartier de Beyoğlu, sous les drapeaux ukrainiens, alors que le pays célèbre, le 24 août, l’anniversaire de son indépendance.
Tatiana Tantsiura, venue de Tcherkassy, sur la rive ouest du Dniepr, a demandé un « soutien international » pour faire la lumière sur la disparition de son mari. « Mon mari est porté disparu depuis trois ans. Il servait dans la 105ᵉ brigade », a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse. Elle a précisé n’avoir reçu aucune information à son sujet depuis trois ans et un mois. « Peut-être que je le chercherai toute ma vie », a-t-elle ajouté, soulignant que la Russie ne permet pas à la Croix-Rouge internationale d’accéder aux lieux de détention des prisonniers de guerre ukrainiens.
Selon Tatiana, la plupart des femmes présentes vivent une situation similaire : elles n’ont plus de nouvelles de leurs proches depuis longtemps.
« Nous avons besoin d’un soutien international, d’un soutien de la Turquie… Ce n’est pas seulement la guerre de l’Ukraine, c’est la guerre du monde entier. Nous défendons la liberté », a-t-elle affirmé.
Alona, 22 ans, étudiante à Istanbul, participe à cette mobilisation pour son père, déclaré « porté disparu pendant les combats » dans la région de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, le 6 décembre 2024. « Mon père m’a toujours soutenue… Aujourd’hui, je suis ici pour le soutenir et le retrouver. Je le regrette profondément. J’éprouve vraiment de la jalousie quand je vois des jeunes Turques parler à leur père au téléphone. C’est extrêmement douloureux », a-t-elle confié.
Aliya Ousinova, originaire de Crimée et résidente en Turquie où elle préside une association culturelle, a indiqué que l’objectif était de « porter à l’attention la tragédie humaine vécue par l’Ukraine ». « Une personne ne peut pas rester portée disparue pendant cinq ans : elle est soit prisonnière, soit décédée. Dans les deux cas, sa famille a le droit de savoir ce qu’il lui est arrivé », a-t-elle insisté.
La Turquie, bordée au nord par la mer Noire, apporte un soutien important à l’Ukraine en faveur de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du pays, tout en maintenant ses relations avec Moscou, notamment sur le plan économique.
Elle a déjà accueilli à plusieurs reprises des négociations entre les deux parties afin de faciliter les échanges de prisonniers et de dépouilles.
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