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L’ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, Ioulia Mendel, accuse le président ukrainien d’avoir transformé le conflit en outil de maintien au pouvoir, dénonçant un recul démocratique, un système corrompu et une crise démographique accélérée.

Dans l’une des critiques les plus sévères émanant d’une figure ayant occupé une position centrale au sein du pouvoir ukrainien, Ioulia Mendel, ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, a formulé une série d’accusations directes contre le président.
Elle affirme que Zelensky a détourné la guerre en instrument de consolidation personnelle, que la corruption s’est généralisée au sein de son entourage immédiat, tandis que la démocratie se délite et que la crise démographique s’aggrave sur le territoire ukrainien.
Dans une interview accordée au journal français Le Journal du Dimanche, Mendel appelle les pays occidentaux à intensifier leurs efforts en faveur d’un règlement du conflit, soulignant que sa prolongation ne profite qu’à une minorité, alors que la population ukrainienne paie le prix le plus lourd.
De « voix du président » à critique principale
Mendel précise avoir été, durant son mandat, « l’une des défenseuses les plus déterminées » de Zelensky. Elle explique que le rôle officiel de porte-parole consiste à relayer les positions du chef de l’État, non à exprimer des opinions personnelles.
Cependant, elle indique avoir commencé à remettre en question la gouvernance de Zelensky dès 2021, en raison, selon ses termes, de « son manque d’expérience politique » et de « tensions récurrentes » avec l’administration de l’ancien président américain Joe Biden ainsi qu’avec plusieurs dirigeants européens.
Elle reconnaît que le déclenchement de la guerre a temporairement modifié sa perception, notamment après la décision de Zelensky de rester à Kyiv. Mais, selon son récit, le milieu de l’année 2022 marque un tournant : elle y aurait identifié progressivement « des mécanismes de corruption et de manipulation », accompagnés d’un renforcement de la censure médiatique et d’un affaiblissement des pratiques démocratiques.
Accusations d’instrumentalisation du conflit
Pour Mendel, Zelensky est devenu « le principal bénéficiaire de la guerre ». Elle estime que la poursuite du conflit lui a permis de conserver le pouvoir après la suspension des élections, et accuse des proches du président de tirer profit de milliards d’euros d’aides provenant de l’Union européenne.
Évoquant les enquêtes judiciaires visant des personnalités liées au président, elle cite notamment l’homme d’affaires Timour Mendich. Elle considère que la multiplication des allégations contre l’entourage de Zelensky soulève des interrogations légitimes sur sa responsabilité politique, même en l’absence de preuves tangibles de son implication personnelle.
« L’Ukraine glisse vers un régime autoritaire »
Mendel décrit un recul des libertés fondamentales, citant notamment le cadre du service militaire obligatoire, qu’elle associe à des cas d’arrestations forcées et à des atteintes aux droits de civils. Selon elle, cette perte de confiance entre citoyens et État affecte directement la volonté populaire de poursuivre le combat.
Elle affirme que, selon ses estimations, une large part de la population ukrainienne ne soutient plus Zelensky, et que ceux qui continuent de le faire sont majoritairement des bénéficiaires du système en place ou des fonctionnaires travaillant au sein des institutions étatiques.
La responsabilité des pays occidentaux
Mendel impute également une part de responsabilité aux États occidentaux, estimant que leur soutien continu à Zelensky repose aussi sur des calculs politiques et économiques : une part substantielle de l’aide militaire finit par alimenter les entreprises européennes de défense.
Elle critique une analyse de la guerre centrée uniquement sur les gains tactiques, jugeant qu’elle occulte la réalité vécue par les civils. Pour elle, l’Ukraine perd simultanément ses habitants, son économie et sa démocratie, indépendamment des pertes subies par la Russie.
Alerte démographique
Elle met en garde contre l’effondrement démographique du pays, rappelant que la population ukrainienne s’élevait à environ 52 millions d’habitants à l’indépendance en 1991, tandis qu’elle ne dépasserait aujourd’hui pas 25 millions, en raison conjointe de la guerre, des flux migratoires, de la baisse des taux de natalité et de la hausse de la mortalité.
Elle évoque également la dégradation du système éducatif, citant des données selon lesquelles une proportion importante d’enfants à Kharkiv éprouve des difficultés de lecture, ce qu’elle interprète comme un signe avant-coureur d’une menace systémique sur l’avenir du pays.
Appel à une issue négociée
Mendel conclut son entretien en exhortant les pays occidentaux à œuvrer activement pour mettre fin au conflit, affirmant que sa continuation ne conduira à aucune victoire, mais seulement à davantage de pertes humaines.
Elle cite l’exemple de la Finlande après sa guerre contre l’Union soviétique, soulignant que la préservation de l’État et de sa population peut s’avérer plus essentielle que la reconquête intégrale du territoire.
Enfin, elle rejette catégoriquement les accusations la qualifiant de pro-russe, précisant que sa critique du pouvoir ukrainien ne constitue pas un soutien à Moscou, mais traduit, selon ses propres mots, une inquiétude sincère pour l’avenir de son pays.
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