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L’Égypte négocie l’achat de sous-marins français Barracuda avec transfert complet de technologie, suscitant les inquiétudes d’Israël face à un potentiel naval régional renforcé.

Dans une démarche susceptible de modifier l’équilibre des forces sous-marines, l’Égypte cherche à se procurer les sous-marins français les plus modernes, selon des conditions qualifiées de bouleversantes par Tel-Aviv, qui redoute une montée en puissance maritime régionale de la part du Caire.
La plateforme israélienne "Kikar" rapporte que, d’après des renseignements, l’Égypte a formulé une demande qui a surpris les hauts responsables du groupe Naval et du palais de l’Élysée. Le pays ne souhaite pas seulement acquérir un produit fini, mais exige une souveraineté technologique complète.
Cette ambition inclut la création de chaînes de production avancées dans les arsenaux d’Alexandrie, où seront construites des versions classiques du sous-marin d’attaque Barracuda. L’Égypte réclame également le droit d’exporter ces sous-marins fabriqués sur son sol vers des pays tiers, ce qui pourrait transformer le pays en un centre régional d’approvisionnement sécuritaire, rivalisant directement avec les industries européennes de défense.
Selon la même source, le sous-marin Barracuda est une machine technologique redoutable, et l’insistance égyptienne pour ce modèle français tient aux capacités stratégiques qu’il offre.
Le Barracuda figure parmi les sous-marins les plus silencieux et discrets au monde. L’Égypte met particulièrement l’accent sur l’intégration de systèmes de propulsion indépendante, permettant des séjours prolongés sous l’eau sans nécessité de remonter à la surface, ainsi que sur le système de missiles de croisière navals fournis par MBDA.
Le rapport indique que cette capacité offrirait à la marine égyptienne une portée étendue, avec des frappes précises sur des cibles stratégiques situées à plusieurs centaines de kilomètres, modifiant ainsi l’équilibre de la dissuasion face aux menaces croissantes en mer Rouge et en Méditerranée.
Dans le cadre des jeux de puissance et des menaces chinoises et sud-coréennes, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et l’état-major militaire ne mènent pas ces négociations à l’aveugle. Pour pousser les Français à accepter le transfert de technologie, le Caire applique une tactique d’examen public d’alternatives.
Les délégations égyptiennes étudient de près le sous-marin sud-coréen avancé KSS-3, ainsi que les modèles chinois modernes Type 039A.
La flotte navale égyptienne comprend 150 navires de guerre, dont 8 sous-marins, 62 patrouilleurs, 13 frégates et 17 navires spécialisés dans la lutte contre les mines.
Le message adressé par l’Égypte au président français Emmanuel Macron est clair : "Si la France craint de partager ses secrets industriels, l’Égypte n’hésitera pas à signer un contrat historique avec Pékin ou Séoul, ce qui pousserait l’Occident à quitter l’un des marchés sécuritaires les plus lucratifs et importants au monde."
Sur le plan des relations sécuritaires, la plateforme israélienne souligne que les liens entre Paris et Le Caire sont profonds et anciens. Au cours de la dernière décennie, l’Égypte a acquis sept navires de guerre français avancés, dont deux porte-hélicoptères de type Mistral.
En décembre dernier, le groupe Naval a annoncé la prolongation des accords de maintenance de la flotte actuelle pour cinq années supplémentaires. Toutefois, les sous-marins constituent une ligne rouge pour Paris, et le transfert de la technologie de production à un pays non membre de l’OTAN représente une première lourde de conséquences pour les Français.
Si le contrat est conclu selon les conditions égyptiennes, l’Égypte deviendrait la puissance navale la plus dominante en Afrique du Nord et dans le monde arabe, disposant d’une force maritime inégalée, avec une capacité de production autonome garantissant une immunité face aux embargos sur les armes ou aux pressions extérieures en période de crise.
La plateforme indique que 2026 sera une année décisive, l’Égypte espérant voir le premier sous-marin entrer en service opérationnel entre 2032 et 2035, avec une grande partie des travaux de finition réalisés sous pavillon égyptien.
Si les négociations aboutissent à un accord cette année, il ne s’agira pas seulement d’un contrat commercial de six milliards d’euros, mais d’une déclaration politique marquant la création d’un nouveau pôle sécuritaire puissant en Méditerranée.
Ces évolutions traduisent l’ambition claire de l’Égypte de renforcer ses capacités navales et de moderniser sa flotte, dans un contexte de tensions géopolitiques et sécuritaires croissantes en mer Rouge et en Méditerranée orientale.
Le Caire vise à travers cet accord l’autonomie dans les industries militaires lourdes, ce qui représente une avancée majeure dans ses capacités défensives et offensives.
De son côté, Israël suit ces développements avec une inquiétude marquée. La supériorité qualitative de la marine israélienne est considérée comme une ligne rouge, et Tel-Aviv craint que la possession par l’Égypte de sous-marins Barracuda capables de longues immersions et de lancer des missiles de croisière ne confère au Caire une capacité de dissuasion stratégique susceptible de modifier les équilibres sécuritaires régionaux et de restreindre la liberté d’action israélienne dans les eaux environnantes.
Les préoccupations israéliennes concernant le développement des capacités maritimes égyptiennes interviennent alors que des médias israéliens ont révélé que l’Égypte surveille et suit la coopération stratégique entre Israël, l’Éthiopie et un État du Golfe pour le contrôle du port de Berbera en Somaliland.
La plateforme israélienne "Natziv Net" précise que le port et la base navale de Berbera, construits par un État du Golfe et exploités depuis 2017, approchent désormais d’un statut opérationnel. Bien que l’opérateur final reste incertain, les candidats potentiels incluent cet État, le commandement africain américain ou l’Éthiopie, qui a signé un protocole d’accord avec le Somaliland pour accéder à la mer.
Selon la plateforme, l’installation navale visible sur des images satellites est capable d’accueillir les sous-marins Dolphin israéliens, essentiels à la triade nucléaire israélienne, dotés d’une capacité de seconde frappe et armés de missiles de croisière et balistiques d’une portée allant jusqu’à 1 000 kilomètres.
Enfin, la présence maritime israélienne au Somaliland et l’équipement du port de Berbera pour recevoir les sous-marins Dolphin font partie d’un réseau complexe d’intérêts stratégiques impliquant cet État du Golfe, l’Éthiopie et les États-Unis.



