Daily Beirut
Édition·Indépendant — Beyrouth, Liban

Santé

Étude alerte sur les effets durables des écrans chez les enfants de moins de deux ans

Une étude mondiale met en garde contre les risques liés à l'exposition des nourrissons aux écrans avant l'âge de deux ans.

··3 min de lecture
Étude alerte sur les effets durables des écrans chez les enfants de moins de deux ans
Partager

Une récente étude met en garde contre les dangers liés à l’usage des écrans chez les nourrissons et les jeunes enfants de moins de deux ans, soulignant la nécessité d’éviter toute exposition à ces dispositifs durant cette période cruciale du développement.

Cette recherche, qualifiée de revue mondiale la plus complète à ce jour sur le sujet, établit un lien entre l’utilisation des écrans durant les premières années de vie et plusieurs effets négatifs à long terme, notamment des retards dans le développement du langage, des troubles du sommeil, des problèmes oculaires ainsi qu’une augmentation des risques d’obésité.

Les auteurs appellent les gouvernements à revoir les recommandations actuelles concernant l’usage des écrans chez les enfants de moins de cinq ans. Ils rappellent que les directives en vigueur, émises par l’Organisation mondiale de la santé et l’Académie américaine de pédiatrie, qui conseillent d’éviter les écrans avant deux ans, sont largement ignorées à l’échelle mondiale durant les 1001 premiers jours de la vie, de la grossesse jusqu’aux deux ans de l’enfant.

Ces nouvelles recommandations insistent sur la nécessité d’éviter les écrans chez les enfants de moins de deux ans, à l’exception des activités partagées favorisant l’interaction et le dialogue entre l’enfant et ses parents.

Les chercheurs mettent en garde contre le fait que toute exposition aux écrans à ce stade pourrait être associée à un ensemble plus large de problèmes, tels qu’une communication réduite avec les parents, un moindre temps de jeu avec les pairs, un risque accru de surstimulation, ainsi qu’une dépendance aux appareils pour la régulation émotionnelle.

Raf Clayton, de l’université de Leeds, souligne que l’usage des écrans chez les enfants de moins de deux ans constitue une préoccupation mondiale insuffisamment prise en compte, avertissant que cela pourrait avoir des conséquences sur toute une génération et la qualité de sa vie future.

Andrea Lidsom, fondatrice de l’initiative « 1001 jours décisifs », qualifie ces résultats de « signal d’alarme », notant que les bénéfices des écrans pour les nourrissons sont limités, tandis que les risques sont manifestes durant cette phase sensible du développement humain.

Elle insiste pour ne pas faire peser la responsabilité uniquement sur les parents, estimant que les écrans font désormais partie intégrante du quotidien et que de nombreuses familles doivent relever ces défis sans soutien suffisant. Elle appelle également les entreprises technologiques à assumer leur responsabilité en cessant de promouvoir des contenus présentés comme adaptés aux nourrissons, alors que les preuves indiquent le contraire.

L’étude recommande par ailleurs que le soutien aux enfants à ce stade ne se limite pas à réduire le temps passé devant les écrans, mais inclue aussi des alternatives efficaces, telles que le temps passé en plein air, éviter l’usage des appareils pendant les repas, encourager les jeux non numériques et favoriser les interactions directes avec autrui, qui ont un impact positif sur le développement social et physique.

Enfin, la revue établit un lien entre l’utilisation des écrans par les parents et celle des enfants, tout en insistant sur le fait qu’il ne faut pas blâmer les familles, compte tenu de la présence omniprésente des écrans dans tous les aspects de la vie quotidienne, du travail aux achats, en passant par l’éducation, la santé et les communications sociales.

Ajoutez Daily Beirut à votre fil Google News pour recevoir l'info en priorité.
Partager