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Huit signes discrets d’infarctus à ne pas ignorer

Des symptômes peu spectaculaires — comme une gêne thoracique atypique, un essoufflement soudain ou une douleur irradiant vers la mâchoire — peuvent précéder un infarctus, alerte le Dr Nishant Tiwari du Medanta Hospital de Noida.

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Huit signes discrets d’infarctus à ne pas ignorer
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Une crise cardiaque ne débute pas toujours par le scénario dramatique des séries télévisées : pas nécessairement une douleur brutale au centre de la poitrine suivie d’un effondrement. Elle peut se manifester par des signes trompeusement bénins — brûlures d’estomac, fatigue inhabituelle ou essoufflement après un effort minime — que beaucoup sous-estiment, retardant ainsi la prise en charge médicale.

Le Dr Nishant Tiwari, chef du service de cardiologie interventionnelle à l’hôpital Medanta de Noida, cité par Hindustan Times, souligne que le corps émet souvent des signaux précurseurs avant que la crise ne devienne critique. Le risque majeur réside dans l’interprétation erronée de ces signes comme des troubles bénins sans gravité.

L’infarctus du myocarde survient lorsque le flux sanguin vers une partie du muscle cardiaque chute brutalement ou cesse complètement. Plus la durée de cet occlusion est longue, plus le risque de lésion irréversible du tissu cardiaque augmente.

La douleur thoracique n’est pas le seul indicateur. Bien qu’elle soit l’un des symptômes les plus connus, le Dr Tiwari précise qu’elle ne se manifeste pas systématiquement sous forme d’une douleur intense. Certains ressentent plutôt une pression, une oppression, une sensation de lourdeur, de plénitude ou de serrement au milieu ou à travers la poitrine. Ce désagrément peut durer plusieurs minutes, s’atténuer brièvement, puis revenir avec plus d’intensité.

Le médecin met en garde contre l’erreur courante consistant à attendre que la douleur s’aggrave avant d’appeler les secours. Même une gêne légère ou inhabituelle au niveau thoracique doit être prise au sérieux dès lors qu’elle s’accompagne d’autres signes d’alerte.

Cette gêne peut aussi irradier vers un bras ou les deux, les épaules, le dos, la nuque, la mâchoire ou la partie supérieure de l’abdomen. Une douleur à la mâchoire ou une gêne entre les omoplates peut facilement être attribuée à un problème musculaire. Mais si elle coïncide avec un essoufflement, une transpiration abondante, des nausées ou une douleur thoracique, elle exige une évaluation immédiate — et non une interprétation hâtive comme un simple reflux gastrique ou une tension musculaire.

L’essoufflement soudain ou inhabituel constitue un autre signe clé, pouvant survenir même en l’absence de douleur thoracique. La personne peut éprouver une incapacité à prendre une respiration complète, un essoufflement marqué après un effort minimal, ou encore une gêne respiratoire au repos. Le Dr Tiwari insiste sur le fait que cet essoufflement peut apparaître isolément ou associé à une douleur thoracique : dans les deux cas, son apparition inattendue justifie une vigilance accrue.

Un frein fréquent au diagnostic précoce est la confusion entre crise cardiaque et reflux gastro-œsophagien ou dyspepsie. Si ces derniers sont courants et rarement liés au cœur, certaines crises cardiaques peuvent effectivement imiter leurs symptômes. Ainsi, toute sensation nouvelle ou injustifiée de brûlure, de lourdeur ou de malaise thoracique ne doit pas être automatiquement assimilée à un reflux — surtout si elle s’accompagne de sueurs, d’essoufflement, de nausées, de vertiges ou d’une irradiation vers d’autres zones du corps.

Le Dr Tiwari note que certaines catégories présentent davantage de symptômes atypiques : les femmes, les personnes âgées et les patients diabétiques. Chez les femmes, outre la gêne thoracique, les nausées, les vomissements, une fatigue extrême ou une pression dans la région lombaire peuvent prédominer au détriment de la douleur classique au thorax.

Lorsqu’un ensemble de ces symptômes apparaît, la recommandation première est de ne pas attendre pour voir s’ils disparaissent spontanément. Le Dr Tiwari insiste : tout soupçon d’infarctus doit être traité comme une urgence vitale. Il faut contacter immédiatement les services d’urgence, sans conduire soi-même vers un hôpital si un transport médicalisé est disponible.

L’intérêt de l’ambulance réside dans la capacité des équipes à réaliser des examens initiaux, à stabiliser le patient sur place et à alerter l’hôpital en amont afin de mobiliser une équipe de cathétérisme cardiaque avant l’arrivée du patient.

Pendant l’attente des secours, le patient doit cesser tout effort physique et s’asseoir dans une position confortable et soutenue, afin de limiter la demande en oxygène du cœur.

Concernant l’aspirine, le Dr Tiwari explique qu’elle peut être utile en cas de suspicion d’infarctus, car elle limite la formation de caillots. Toutefois, elle n’est pas indiquée pour tous : les personnes allergiques à l’aspirine ou présentant un risque hémorragique accru doivent s’en abstenir. Les recommandations actuelles autorisent un adulte conscient, présentant une douleur thoracique non traumatique, à prendre une dose orale standard d’aspirine après avoir appelé les secours — à condition qu’il n’y ait ni allergie ni contre-indication médicale connue. En cas de doute, il vaut mieux attendre les instructions des professionnels.

Si la personne perd connaissance et cesse de respirer normalement, les témoins doivent immédiatement débuter un massage cardiaque (RCP) et utiliser un défibrillateur externe automatisé (DEA), si disponible.

Le Dr Tiwari insiste sur un message central : l’infarctus ne se manifeste pas toujours de façon spectaculaire. Agir rapidement dès le premier doute est bien plus sûr que d’attendre une aggravation des symptômes. Une gêne thoracique inhabituelle, un essoufflement soudain ou une douleur irradiant vers le bras, la mâchoire ou le dos — surtout accompagnée de sueurs, de nausées ou de vertiges — mérite une évaluation médicale immédiate, et non l’hypothèse d’un simple reflux ou d’une fatigue passagère.

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