Santé
Le tabagisme diminue l'efficacité de plusieurs catégories de médicaments, notamment pour le diabète, le cœur, la psychiatrie et les maladies respiratoires.

Valentina Milofanova, experte en pharmacie, souligne que l'efficacité de nombreux médicaments peut être affaiblie, voire annulée, chez les patients fumeurs.
Elle précise que ces traitements concernent notamment les médicaments contre le diabète, les affections cardiovasculaires, les antipsychotiques, les antidépresseurs, les traitements de l'asthme et de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), ainsi que les médicaments anticoagulants et ceux agissant sur le système nerveux central.
Selon elle, l’absorption de la fumée de tabac par les voies respiratoires entraîne une interaction des composants du tabac avec les médicaments, modifiant leur absorption, leur distribution, leur métabolisme et leur élimination. Cela provoque une variation de la concentration du médicament dans l’organe ciblé et dans le sang, ce qui altère son efficacité. De plus, la nicotine stimule, via les récepteurs sensibles à la nicotine (n-AChR), la sécrétion d’adrénaline dans le sang, ce qui accroît la tension des vaisseaux sanguins, la pression artérielle, la fréquence cardiaque et le taux de glucose sanguin, impactant ainsi l’action des médicaments. L’effet ne se limite pas à une modification de l’efficacité thérapeutique, il peut aussi augmenter les effets secondaires ou la toxicité.
Elle indique que le tabac diminue l’efficacité des traitements du diabète, comme l’insuline et la metformine. L’élévation du taux de glucose liée à la sécrétion accrue d’adrénaline peut affaiblir l’effet de ces médicaments, aggravant potentiellement l’état du patient.
La deuxième catégorie concerne les médicaments cardiovasculaires, tels que les bêtabloquants, dont l’efficacité est réduite par le tabac, ce qui augmente le risque d’hypertension artérielle. La troisième catégorie englobe les antipsychotiques et antidépresseurs, dont la concentration sanguine chez les fumeurs diminue de 30 à 50 %, ce qui peut entraîner une rechute de la schizophrénie ou l’apparition de symptômes dépressifs sévères.
La quatrième catégorie regroupe les médicaments contre l’asthme et la BPCO, comme la théophylline. Chez les non-fumeurs, l’effet dure de 6 à 12 heures, tandis qu’il est réduit à environ 4-5 heures chez les fumeurs.
La cinquième catégorie comprend les anticoagulants, dont l’efficacité est également altérée en raison de l’impact des composants du tabac sur le métabolisme des médicaments et le système de coagulation sanguine.
Enfin, certains médicaments agissant sur le système nerveux central voient leur métabolisme accéléré chez les fumeurs, ce qui entraîne une élimination plus rapide et peut provoquer le retour des symptômes d’anxiété et d’insomnie. Les médecins doivent alors ajuster les doses pour les patients fumeurs. Cependant, l’arrêt du tabac demeure la solution la plus simple et la plus sûre.
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