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Maladie de La Peyronie : une piste thérapeutique prometteuse émerge

Une étude britannique suggère qu’un traitement combinant deux classes de médicaments déjà approuvés pourrait freiner la maladie de La Peyronie à un stade précoce.

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Maladie de La Peyronie : une piste thérapeutique prometteuse émerge
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Près d’un homme sur dix pourrait développer la maladie de La Peyronie au cours de sa vie. Cette pathologie se caractérise par une courbure du pénis lors de l’érection, provoquée par un tissu cicatriciel fibreux interne. Elle entraîne douleur, dysfonction sexuelle et un lourd tribut psychologique. Une nouvelle étude ouvre cependant la voie à un traitement potentiel pour les stades précoces, en associant deux catégories de médicaments déjà connus.

Des chercheurs de l’Université Anglia Ruskin et de l’University College London Hospital ont testé une combinaison d’inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5) — comme le sildénafil (Viagra) et le tadalafil (Cialis) — et de modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes (SERM), tel que le tamoxifène. Les résultats indiquent que ce mélange pourrait ralentir ou stopper la progression de la maladie s’il est administré tôt.

Des données cliniques encourageantes

L’essai clinique a inclus 133 hommes atteints de la maladie de La Peyronie en phase aiguë. Ils ont reçu le traitement combiné pendant trois mois. Leurs résultats ont ensuite été comparés à ceux d’un groupe témoin ayant bénéficié de soins standards — vitamine E ou absence de traitement — sans aucune intervention chirurgicale.

Dans le groupe traité, 43 % des patients ont vu leur courbure s’atténuer, soit près de trois fois plus que dans le groupe témoin (15 %). La douleur pendant l’érection a également chuté de manière spectaculaire : de 65 % à 1,5 % dans le groupe combiné, contre une baisse de 50 % à 27 % dans l’autre groupe.

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Fondements en laboratoire

Ces résultats s’appuient sur des travaux antérieurs menés à l’Université Anglia Ruskin. Les chercheurs y avaient passé au crible des milliers de médicaments déjà approuvés pour identifier ceux capables d’empêcher la transformation des fibroblastes en cellules responsables de la fibrose, mécanisme central de la maladie de La Peyronie. Les inhibiteurs de PDE5 et les SERM se sont révélés les plus efficaces, surtout en association, démontrant un effet supérieur à celui de chaque molécule prise isolément.

Les scientifiques soulignent qu’il n’existe actuellement aucun traitement oral approuvé et efficace pour enrayer l’évolution précoce de la maladie. Les patients sont donc souvent contraints d’attendre la stabilisation des symptômes avant d’envisager des options comme les injections ou la chirurgie.

Vers un changement de paradigme

Les chercheurs qualifient ces premiers résultats d’encourageants. La réutilisation de médicaments connus et sûrs pourrait accélérer le développement de nouvelles thérapies contre les maladies fibrotiques. L’équipe estime que l’association de ces deux classes de médicaments pourrait marquer un tournant dans la compréhension de la pathologie : passer d’une simple gestion des symptômes à une action directe sur le mécanisme évolutif de la maladie. Ils insistent toutefois sur la nécessité d’études plus vastes pour confirmer ces données avant une adoption clinique officielle.

L’étude a été publiée dans le Journal of Sexual Medicine.

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