Santé
Prostate : la radiothérapie liée à une hausse de mortalité
Une étude américaine compare les effets secondaires et le risque de décès entre chirurgie et radiothérapie pour le cancer précoce de la prostate.

Le choix thérapeutique pour les hommes atteints d'un cancer de la prostate influence directement la nature des complications post-traitement ainsi que le risque de décès dans les années suivantes. Des chercheurs ont observé que la radiothérapie expose davantage aux troubles urinaires spécifiques et à la mortalité toutes causes confondues, tandis que l'ablation chirurgicale de la glande engendre plus fréquemment l'incontinence et la dysfonction érectile.
Ces deux approches constituent les options majeures pour les patients diagnostiqués à un stade précoce, avant toute extension tumorale hors de la prostate. La procédure chirurgicale implique l'exérèse complète de l'organe, alors que la radiothérapie utilise des rayonnements à haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses sans intervention invasive.
Analyse de 20 000 dossiers médicaux
L'équipe de l'université d'État de New York a examiné les données cliniques de plus de 20 000 hommes ayant subi l'une ou l'autre de ces interventions, avec un suivi moyen de cinq ans. Les résultats indiquent que 29 % des opérés souffrent d'incontinence urinaire, contre seulement 6 % dans le groupe traité par irradiation. Environ un tiers des patients chirurgicaux rapportent également des problèmes d'érection.
Inversement, les hommes soumis à la radiothérapie présentent une susceptibilité accrue à la rétention urinaire, à la cystite et à la présence de sang dans les urines. L'étude note aussi une mortalité globale supérieure chez ces patients : environ 8 % sont décédés durant la période d'observation, comparativement à 6,5 % pour ceux ayant opté pour la chirurgie. Ce chiffre traduit une augmentation de 45 % du taux de décès toutes causes liées au traitement radiologique.
Limites de l'observation clinique
Le Dr Jeffrey Weiss, professeur en urologie, précise toutefois que cette corrélation ne prouve pas une causalité directe entre la radiothérapie et la hausse de la mortalité. La méthodologie repose sur l'observation et n'a pas permis d'identifier les causes précises des décès enregistrés.





