Sport
Mbappé : « Les Français adore se plaindre » et imiter Zidane « c’est drôle »
Kylian Mbappé évoque la pression sur l'équipe de France, la gestion de la célébrité et son imitation de Zinédine Zidane dans une interview à Vanity Fair.

« Je ne regrette pas la célébrité », assure Kylian Mbappé. Dans un entretien accordé au magazine Vanity Fair pendant la trêve internationale, la star du Real Madrid livre une réflexion sans filtre sur son statut, le football et la société française. Il y aborde les attentes démesurées autour des Bleus, son engagement citoyen et même son fameux clin d’œil à Zinédine Zidane.
Des attentes « miraculeuses » et un devoir citoyen
Pour Mbappé, porter le maillot tricolore place un joueur dans une élite, mais expose aussi à des exigences irréalistes. « Les miracles n’arrivent que sur le terrain », tranche-t-il, expliquant que le public attend l’impossible de cette génération. Il refuse de jouer le match avant l’heure : « Inutile d’entrer sur le terrain avant le coup d’envoi. »
Interrogé sur sa prise de position contre l’extrême droite lors de l’Euro, l’attaquant assume pleinement. « On peut être footballeur et star mondiale, mais avant tout on est citoyen. On n’est pas déconnecté de ce qui se passe dans notre pays. » Il dénonce l’idée que l’argent et la gloire protègent des problèmes sociétaux. « Cela m’affecte, car je sais ce que ce genre de personnes peut provoquer comme conséquences pour mon pays. Nous avons le droit d’avoir un avis, comme tout le monde. » Il confie que cette situation a « paniqué » les joueurs, refusant de rester les bras croisés : « Nous avons vraiment essayé de combattre l’idée qu’un footballeur doit se taire et se contenter de jouer. »
La célébrité, un « piège » assumé
Mbappé reconnaît que gérer la notoriété est un défi quotidien. « C’est difficile parce que tu sens que tu n’appartiens plus à toi-même, mais à tout le monde. » Il relativise cependant : « C’est une vie que nous avons choisie. Quand des millions de personnes expriment leur gratitude et leur affection, il serait ingrat de se plaindre. »
Devenu célèbre très jeune, il admet ne pas avoir toujours su gérer cette pression. « Je n’avais pas la maturité ni l’empathie nécessaires pour comprendre que certaines personnes ne me verraient qu’une fois dans leur vie. » Aujourd’hui, il s’efforce d’être plus compréhensif, même si les limites sont parfois franchies.
Les Français, un peuple de « plaintifs »
Sur la mentalité hexagonale, Mbappé livre une analyse culturelle sans concession. « Les Français aiment se plaindre. Ils aiment être insatisfaits. C’est notre réalité. » Il ajoute, avec auto-dérision : « Je pense que le Français est plus heureux quand il n’est pas heureux, parce qu’on critique tout. Moi aussi, je suis comme ça. » Il perçoit toutefois une évolution chez les nouvelles générations. « Notre devoir, en tant que personnes connues qui représentent la France, est de montrer la meilleure image possible de notre pays. » Il reconnaît un « côté sombre et négatif », mais insiste : « Nous sommes un pays magnifique qui inspire le monde, même s’il est vrai que les Français ont essayé de briser tous leurs joueurs. »
Le Mondial 2026 et l’imitation de Zidane
À propos de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, Mbappé plaisante : « Je ne sais pas combien ça coûte de l’organiser. Si on me le demandait, ça ne marcherait probablement pas. » Il fait confiance à la FIFA : « S’ils ont décidé de l’organiser là-bas, c’est qu’ils estiment que tout est gérable. »
Revenant sur son imitation de Zinédine Zidane, le geste qui a fait le tour du web, il sourit : « J’étais très jeune. C’est drôle, mais ça montre aussi l’innocence d’un enfant qui ne comprend pas qu’un homme célèbre et puissant peut perdre ses cheveux. »
Il conclut sur son enfance, qu’il juge « normale », avec des parents aimants et attentionnés, même s’il n’a pas beaucoup vécu avec eux. « C’était différent, mais c’est ce que je voulais à l’époque. »
Dernières actualités

Sommet «Africa Forward» : la France se repositionne via le Kenya

Frappes ukrainiennes sur des installations gazières russes à Orenbourg

Russie : le plus grand site mondial de drones s’étend sur 790 hectares


