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Le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a déclaré publiquement que l’administration Trump s’opposait à ce qu’Apple achète des puces mémoire auprès des sociétés chinoises CXMT et YMTC, classées comme entités militaires par le Pentagone.

Le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a affirmé, lors d’une interview médiatique, que l’administration Trump ne souhaitait pas qu’Apple se procure des puces mémoire en Chine. Cette position intervient alors que la firme californienne explore des alternatives face à la pénurie mondiale persistante de composants électroniques.
Selon le site spécialisé 9TO5mac, Apple avait sollicité une autorisation de l’administration Trump pour acquérir des puces mémoire auprès de deux entreprises chinoises : CXMT et YMTC. Ce projet a suscité une opposition transpartisane au Sénat américain. YMTC figure sur la liste des entités soumises à des restrictions de l’administration commerciale américaine. Le Pentagone a, quant à lui, désigné YMTC et CXMT comme des entreprises militaires chinoises, en raison de liens présumés avec l’armée populaire de libération.
Cette classification soulève deux enjeux majeurs : d’une part, les inquiétudes concernant un avantage concurrentiel déloyal accordé à des entreprises chinoises soutenues par l’État ; d’autre part, la contrainte technique liée à la conception spécifique des composants utilisés par Apple. Si la société personnalise de nombreux éléments de ses iPhone, son directeur des opérations, Sabih Khan, a reconnu que « les options de personnalisation sont limitées » en matière de mémoire, ouvrant la voie à l’usage de puces standard fabriquées en Chine.
Toutefois, toute demande de personnalisation impliquerait pour Apple de partager des données techniques sensibles avec CXMT ou YMTC. Or, cette transmission est actuellement interdite par les réglementations américaines sur le contrôle des exportations et nécessiterait une licence expresse du Département du Commerce.
Apple n’a pas caché sa volonté d’élargir son éventail de fournisseurs de mémoire. Tim Cook a déclaré que les États-Unis devaient « examiner toutes les sources d’approvisionnement », tandis que des rapports indiquent que la société a discuté directement de cette question avec l’administration Trump. Lors de sa dernière conférence financière, Cook a précisé qu’Apple « étudiait toutes les options » disponibles.
Des informations font état de tests effectués par Apple sur des puces mémoire de CXMT, ainsi que d’une évaluation active d’un partenariat potentiel avec YMTC. Ces démarches ont conduit plusieurs sénateurs américains, issus des deux grands partis, à exhorter la firme à renoncer à tout projet d’importation de mémoire depuis ces entreprises chinoises.
Lutnick a réaffirmé la position officielle de l’administration après une visite conjointe avec Tim Cook au nouveau centre de fabrication avancée d’Apple à Houston, au Texas. Il y a déclaré : « L’administration Trump ne soutient pas cette démarche. Il existe d’autres solutions au problème de la mémoire, mais il n’est pas acceptable que des entreprises américaines de premier plan utilisent de la mémoire chinoise. »
Cette déclaration a été formulée vingt-quatre heures après que Lutnick eut accompagné Cook, le sénateur Ted Cruz et d’autres responsables fédéraux et locaux dans l’inauguration du site houstonien. Ce centre s’inscrit dans un investissement global d’Apple de 600 milliards de dollars destiné à renforcer la production locale aux États-Unis — une initiative perçue par de nombreux observateurs comme un levier stratégique pour entretenir des relations constructives avec l’administration Trump et décrocher des contrats avantageux en retour.



